Analyse

Monétique Le CMI ne craint pas la concurrence

Par Moulay Ahmed BELGHITI | Edition N°:5137 Le 30/10/2017 | Partager
L’opérateur monétique historique dévoile ses axes de développement
Activation des cartes dormantes, élargissement du réseau… les leviers de croissance
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Ismaïl Bellali, DGA du Centre monétique interbancaire: «Le CMI envisage de continuer cet effort sur la baisse des commissions dans le futur, et même de l’intensifier en fonction de l’évolution des volumes de paiement traités» (Ph. CMI)

- L’Economiste: L’entrée sur le marché d’un nouvel acteur vous effraie-t-elle?
- Ismaïl Bellali:
Absolument pas, le CMI est l’opérateur monétique historique et il restera l’opérateur monétique leader. Le CMI est solide d’une douzaine d’années d’expérience et de relations avec les commerçants. Au niveau des cartes acceptées, les TPE du CMI permettent d’accepter tous types de cartes bancaires: les cartes Visa, Mastercard, JCB (système de cartes japonais), CUP (système de cartes chinois), Discover, Diners, American Express et la carte bancaire marocaine interopérable «cmi» évidemment. Au niveau des services, le CMI a développé des services qui sont aujourd’hui indispensables pour l’efficacité et la compétitivité de l’utilisation du TPE.

- De quels services parlez-vous?
- Il y a d’abord le DCC qui permet au commerçant de récupérer une bonne partie de la commission qu’il a payée pour les cartes étrangères. Il y a ensuite le service de pré-autorisation nécessaire pour les professionnels du tourisme (hôtels, agences de voyages, locations de voitures, organisation de séminaires…), puis le service de transaction sans carte présente indispensable aux hôtels pour se faire rembourser les no-show ou les extras. Ce n’est pas tout puisque le CMI propose aussi le service de gestion de la fidélité permettant aux commerçants de suivre les habitudes de ses clients qui paient par cartes bancaires. Sans oublier, le mPOS qui consiste à utiliser son smartphone comme un TPE grâce à un lecteur de carte à puce connecté en bluetooth et la vente des recharges télécom sur le TPE.
Il faut des années d’efforts et d’expériences pour disposer de toutes ces solutions qui sont mises gratuitement à la disposition de nos clients commerçants.
Pour ce qui est des commissions, le CMI fait évoluer sa tarification depuis plusieurs années vers des taux de commission plus bas en faveur des commerçants de manière générale, et des petits commerces en particulier. Le CMI envisage de continuer cet effort sur la baisse des commissions dans le futur, et même de l’intensifier en fonction de l’évolution des volumes de paiement traités. Le taux de commission maximum est aujourd’hui de 1,50% pour le CMI, auquel s’ajoute le taux de commission de la PSP (le site marchand a le choix de se connecter via 4 PSP aujourd’hui), et qui est compris entre 0,25% et 0,50%.

- Il n’empêche, il dit pratiquer des commissions inférieures aux vôtres
- Dans le modèle du paiement par carte bancaire, et faisant  abstraction des investissements liés à la plateforme (serveurs, solutions logicielles, sécurité, télécom…) et aux terminaux (TPE, mPOS...), il y a des frais qui sont incompressibles. Je veux parler des frais d’interchange qui sont les commissions qui reviennent aux banques émettrices des cartes bancaires. Ces charges qui sont indépendantes de la commission convenue avec le commerçant sont de 1,2% pour les banques marocaines et de 1,4% pour les banques étrangères. Il y a ensuite les frais des organismes internationaux (Visa, Mastercard) de 0,1% pour les cartes marocaines et de 0,8% pour les cartes étrangères.
Au-delà de ces frais, c’est la commission brute du CMI, et c’est elle qui est négociable.
Il faut signaler que l’activité d’acquéreur monétique exige des investissements lourds et la rentabilité y est faible, d’ailleurs il est reconnu mondialement que l’activité des cartes bancaires est florissante seulement pour les émetteurs de cartes bancaires.

- Le CMI imposerait, compte tenu d’une situation de monopole, sa «loi» aux commerçants (tarifs, conditions d’adhésion, prix ...), qu’en est-il?
- C’est archi faux, le CMI ne met aucune barrière à l’entrée aux commerçants, et le CMI accepte d’équiper des commerçants qui ne seront pas rentables et même des secteurs entiers de l’économie qui ne sont pas rentables du point de vue des commissions prélevées contre les charges supportées. Prenons le cas des stations d’essence, la commission prélevée est inférieure aux frais payés par le CMI, sans compter l’équipement, les consommables…
Le CMI en étant opérateur historique a accepté jusqu’à maintenant un certain rôle de pourvoyeur de service public, en équipant des commerces non rentables et en allant dans des régions reculées.

- Quel est le plan de développement du CMI depuis la fin du monopole dans l’activité de la monétique?
- Avec ou sans l’introduction de nouveaux acquéreurs sur le marché, le CMI a toujours adopté des plans de développement triennaux. La concurrence n’est pas vraiment un enjeu pour nous, en tout cas dans sa forme actuelle. En dehors des sentiers battus comme l’élargissement du réseau des acceptants, des programmes d’animation et d’activation des cartes, d’encouragement des commerçants à mieux accepter les cartes via une tarification de plus en plus favorable, le CMI possède d’autres axes stratégiques de développement qui sont dans le mobile Payment, et dans l’internationalisation de la marque d’émission nationale «cmi», afin d’une part de la rendre régionale en vue de son adoption dans les pays de l’Afrique du Nord et de l’Ouest, et d’autre part en rendant les cartes «cmi» valides à l’international via un partenariat avec un système international comme CUP, Visa ou Diners…
Propos recueillis par Moulay Ahmed BELGHITI

 

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