Analyse

Monétique: Le paiement par carte grignote des parts

Par Moulay Ahmed BELGHITI | Edition N°:5137 Le 30/10/2017 | Partager
Sa croissance est exponentielle depuis 4 ans
L’activité recèle encore un énorme potentiel
Objectif: 50 millions de transactions et 30 milliards de DH d’ici la fin de l’année
monetique_paiment_carte_037.jpg

Si le retrait de cash domine majoritairement en transaction et en volume de l’activité monétique, le paiement par carte commence petit à petit à s’installer dans les modes de règlement des Marocains

L’activité de la monétique se développe fortement depuis les 4 dernières années. «Tous les indicateurs le montrent, la croissance est fulgurante depuis 2013», se réjouit Ismaïl Bellali, DGA du Centre monétique interbancaire (CMI). Le nombre de cartes émises par les banques s’approche des 14 millions, celui des transactions dépasse les 250 millions  pour un montant global de plus de 212 milliards de DH. Idem pour le nombre de commerçants équipés (23.000) et celui des TPE actifs (6.000).

Même les sites marchands qui acceptent le paiement en ligne sont en constante progression. Sans parler du réseau de guichets automatiques bancaires qui atteint 6.985 unités. Si le cash reste majoritairement dominant avec plus de 90% (transactions et volume), «les opérations de paiements par cartes bancaires, sur les TPE ou sur les sites marchands ont progressé de manière très forte», assure Bellali.

Ainsi, le nombre de cartes actives en paiement dépasse les 2 millions à fin septembre en hausse de 20% par rapport à la même période de 2016, et de 85% sur les 4 dernières années. En valeur, celles-ci drainent un volume de près de 15,5 milliards de DH.

Si l’effet des campagnes de communication, de promotion et de sensibilisation du  CMI, des banques, des systèmes internationaux comme Visa ou Mastercard a contribué à faire progresser le paiement par carte, c’est aussi et surtout l’effet des baisses de commission à la faveur des commerçants. A cela s’ajoute, le passage de plusieurs grands facturiers au paiement par cartes bancaires, en particulier le paiement via Internet sous l’effet des services eGov.

L’avenir est à la digitalisation

Avec la multiplication de l’utilisation de carte pour le paiement, les habitudes de règlement des Marocains évoluent. D’ailleurs, le montant moyen de paiement par opération pour les cartes bancaires marocaines est sensiblement en baisse d’une année à l’autre. Cela signifie que le porteur de la carte commence à l’utiliser pour payer des montants de plus en plus petits et que les commerçants pratiquent des paliers moyens plus bas via leur TPE.

Aujourd’hui, le montant moyen par opération est passé de 564,7 DH en 2013 à 462,3 DH en 2017. Et cette tendance devrait se poursuivre dans les prochaines années. En attendant, il est aujourd’hui possible de payer avec sa carte bancaire à partir de 1 DH chez quelques enseignes notamment BIM et McDonald’s et à partir de 30 DH chez Acima et Carrefour.

D’ailleurs, comme le précise le DGA du CMI,  on peut payer n’importe quel montant sur le TPE du point de vue technique sauf que dans la pratique, certains commerçants exigent encore un montant minimum pour accepter le paiement par carte. «Ce qui est contraire à la réglementation, et le CMI sensibilise sur ce point, d’autant plus qu’ils disposent de solutions télécom de connexion de TPE qui sont forfaitaires et le prix de la communication télécom n’est donc plus un frein».

Dans ces conditions les cartes bancaires marocaines actives en paiement, effectuent davantage d’opérations de paiement avec une moyenne de 15,7 opérations, alors qu’il n’était que de 12,3 en 2013 même si, le montant moyen dépensé par carte demeure stable à 7.271,3 DH à fin septembre. «Cela veut dire que le challenge qui nous attend est de transformer les cartes bancaires inactives en paiement en des cartes actives en paiement», se projette Bellali.

Justement, l’avenir est à la digitalisation du paiement à travers de nombreux canaux et moyens comme le mobile «qui est un axe majeur pour le développement du paiement électronique et le recul du cash», assure-t-il. Il faudra également un coup de pouce de l’Etat pour réduire l’informel et ainsi faire basculer les habitudes des commerçants et de leurs clients, du cash vers la carte bancaire comme ça a été le cas dans certains pays comme la Turquie, la Corée du Sud, et plus récemment la Grèce.

Toujours est-il, les perspectives sont favorables pour une bonne évolution de l’activité de paiement par carte pour cette année. «Nous dépassons actuellement nos objectifs, je crois que nous ferons mieux que les 50 millions de transactions et 30 milliards de DH de paiement présentés à notre conseil d’administration en début d’année», se projette déjà Bellali.

Retrouvez dans la même rubrique

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc