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De l’or dans les poubelles en mode connecté

Par Claude FOUQUET - Les Echos | Edition N°:5136 Le 27/10/2017 | Partager

Le  recyclage des déchets a le vent en poupe depuis plusieurs années, mais connaît assurément un sérieux coup d’accélérateur avec l’irruption des technologies numériques et des réseaux sociaux.
Ceux-ci remettent de fait au goût du jour les vieux principes du secteur du recyclage et notamment celui qui veut qu’il y ait «de l’or dans les poubelles» et que «les déchets des uns sont les trésors des autres». C’est en prenant au pied de la lettre ces idées, et en les assaisonnant à la sauce high-tech qu’est née la première plateforme européenne dédiée à l’économie circulaire entre les entreprises. Baptisée iNex (pour «inex-ploité), elle se donne pour rôle de permettre à ces dernières, via Internet et une application, soit de se débarrasser de leurs déchets, soit de permettre leur valorisation.

En clair, faire en sorte que, comme dans la nature, les déchets des uns deviennent les ressources des autres. En bénéficiant au passage d’économies non négligeables tant en ce qui concerne l’élimination des déchets que le coût des approvisionnements en matières premières.

Quelles ressources, avec qui et comment?

Créée en 2014 mais réellement opérationnelle depuis 2015/2016, iNex permet la coopération directe des «donneurs» de ressources avec leurs «preneurs» et propose à tous les ressources nécessaires pour la recherche de synergies, de logistique de transport ou transformation. Moyennant un abonnement de 350 à 1.000 euros par an pour avoir accès à toutes les fonctionnalités de la plateforme d’échange.

Concrètement, cette initiative se présente sous la forme d’une plateforme Internet qui permet de trouver, grâce à un système de géolocalisation, les partenaires industriels potentiels pour vendre ou acheter les ressources et de définir ces synergies. Le tout en gardant à l’esprit une philosophie simple des synergies potentielles entre entreprises: quelles ressources, avec qui et comment?

Structure légère qui emploie moins de 10 personnes, iNex repose sur une idée qui est loin d’être un gadget ou la remise au goût du jour du vieux concept du recyclage puisqu’à ce jour, iNex est présente en France, en Belgique et en Espagne et a référencé quelque 43.000 entreprises. Elle revendique actuellement une bonne centaine de clients réguliers. Preuve s’il en fallait qu’il existait un besoin.

Parmi les mises en pratique les plus ambitieuses de ce type d’initiative, on trouve notamment le projet actuellement développé dans la plaine du Var. Une trentaine d’entreprises et de collectivités locales y participent afin de créer une dynamique d’économie circulaire entre les différents acteurs locaux.

Trois projets y sont en cours de développement. Le premier concerne le secteur du BTP avec en tête la volonté de mutualiser la collecte, le tri et le traitement des matières «inertes du secteur» C’est-à-dire tous les déchets issus des opérations de construction. Leur réutilisation, mais aussi l’élimination des décharges sauvages Le deuxième concerne l’efficacité thermique de la zone industrielle Carros.

Il s’agit principalement de lutte contre le gâchis énergétique grâce à la mise en place d’un réseau d’eau chaude et de tirer le meilleur parti de la présence dans la zone d’une centrale de cogénération au bois qui est en cours de construction. A terme, quelque 25.000 MWhth devraient ainsi être produits chaque année et proposés à un prix inférieur à celui du marché.

Quant au dernier projet, il concerne les «matières organiques». Et principalement la collecte, l’échange et la valorisation des déchets organiques de la région (agriculture, forêt, industrie agroalimentaire et chimique). Le but est de pouvoir ainsi traiter près de 6.000 tonnes de déchets organiques.

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