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Des «pépins de pommes» pour nettoyer les eaux sales de Russie

Par Angelina DAVYDOVAA | Edition N°:5136 Le 27/10/2017 | Partager
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Avec sa technologie à base de micro-gel, la startup russe a développé des détergents respectueux de l’environnement, pour la vaisselle comme le nettoyage des épanchements d’huiles industrielles (Ph. BioMicroGel)

Un groupe de scientifiques russes d’Ekaterinbourg a développé des produits de micro-nettoyage à base d’ingrédients naturels, tels que pommes et tournesols. Lancée en 2012, la startup BioMicroGel fabrique des détergents respectueux de l’environnement qui peuvent aussi bien servir à faire la vaisselle qu’à résorber les épanchements d’huiles industrielles.

Ces produits peuvent contribuer à lutter contre la pollution des eaux –une préoccupation importante en Russie, qui disposerait de la deuxième plus grande réserve d’eau douce au monde après le Brésil. Selon un rapport gouvernemental de 2016, le pays déplore près de 3.000 cas de pollution extrême des eaux chaque année. Grand pays exportateur de pétrole, la Russie n’est pourtant pas un modèle en matière de pratiques responsables dans ce secteur.

Le ministère de l’Environnement estime que 1,5 million de tonnes de produits pétroliers se déverseraient dans l’océan arctique chaque année. «Lorsque l’on voit ce qu’il se passe en Russie et ailleurs, il devient évident qu’il faut trouver des moyens de réduire notre impact environnemental sur les écosystèmes locaux», déclare Andrey Yelagin, jeune ingénieur et co-fondateur de BioMicroGel avec ses amis.

«A la recherche d’idées», explique Maxim Mironov, responsable de la R&D de BioMicroGel, «nous avons regardé du côté du secteur pharmaceutique. Des réactifs spéciaux encapsulent des substances actives dans une couche de moins d’un micron d’épaisseur afin de les diffuser dans un organe, où elles se dissolvent. Ces réactifs passent d’un état liquide à gélatineux». L’équipe a décidé de lancer des expérimentations avec cette substance, qu’elle a nommée micro-gel.

BioMicroGel a conçu des micro-gels spéciaux basés principalement sur des matières naturelles telles que la cellulose et la pectine extraites de la pulpe de pommes et de têtes de tournesols. Ces micro-gels recouvrent les polluants d’un film polymère qui les colle les uns aux autres, de sorte que cet agglutinement puisse facilement être enlevé de l’eau. Une fois passés des égouts aux eaux libres, ces micro-gels bio se dissolvent en quelques jours. Maxim Mironov considère que BioMicroGel est un produit unique, avec plus de 20 brevets déposés dans 19 pays.

La startup a obtenu le soutien du Fonds Skolkovo en Russie et a été en 2016 la première entreprise russe retenue parmi les finalistes de l’accélérateur international de startups Mass Challenge. «Nous nous sommes d’abord efforcés de travailler avec les secteurs B2B, nous concentrant sur les problématiques industrielles de pollution des eaux par les métaux lourds et le pétrole», explique Andrey Yelagin.

«Jusqu’à présent, nous avons conduit un projet avec la Compagnie minière et métallurgique de l'Oural, dont nous avons réussi à nettoyer l’équipement d’échange thermique avec des micro-gels». En 2014, la start-up entreprend d’utiliser la même technologie pour produire des détergents respectueux de l’environnement à usage domestique.

Aujourd’hui, BioMicroGel produit près de 60 tonnes de détergent domestique, commercialisé dans 15 régions russes. Le produit, qui se vendait au début en ligne ou dans des boutiques bio, est désormais présent dans les grandes chaînes de distribution.

 

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