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Rendre au fumier ses lettres de noblesse

Par Elizabeth Meza Rodríguez - El Economista | Edition N°:5136 Le 27/10/2017 | Partager
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Un bio-digesteur est une sorte de grand sac noir, fait d’une matière dense et étanche. Installé dans un long fossé creusé dans le sol, il reçoit chaque jour les déchets organiques de la ferme, puis transforme le fumier en biogaz (Ph. Sistema Biobolsa)

Sistema Biobolsa aide les petits éleveurs à convertir le fumier en énergie renouvelable et engrais bio.

L'élevage, qui emploie 1, 3 milliard de personnes dans le monde, est le segment agricole en plus forte croissance. Cependant, dans son rapport très attendu de 2016, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) estime que l’agriculture, les activités forestières et l’usage des sols sont responsables de 21 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

Ce même rapport de la FAO indique que l’adoption de pratiques durables dans l’élevage pourrait réduire de 41 % les émissions de méthane. Par exemple, en utilisant des bio-digesteurs pour convertir le fumier en biogaz et engrais écologique.
 C’est le concept qui guide Sistema Biobolsa, une startup basée à Mexico et fondée en 2009 par Alex Eaton et Camilo Pagés. «J’ai grandi dans une petite ferme des Etats-Unis. J’ai appris que les petits fermiers, bien qu’ils fournissent 80 % de la nourriture dans le monde, n’ont pas accès à la technologie, à la formation ni à de bonnes conditions de crédit», explique Alex Eaton, PDG.

«J’ai conçu des bio-digesteurs parce que, à la campagne, le surplus de déchets organiques peut être converti en une source fiable d’énergie». Cette invention aide les éleveurs à économiser de l’argent.
 Un bio-digesteur est une sorte de grand sac noir, fait d’une matière dense et étanche. Installé dans un long fossé creusé dans le sol, il reçoit chaque jour les déchets organiques de la ferme. Dans le réacteur, le fumier mélangé à l’eau crée un environnement sans oxygène où prospèrent ces bactéries qui sont actives dans les estomacs des vaches et des cochons.

En se nourrissant des déchets, les bactéries génèrent un biogaz riche en méthane qui peut alimenter directement la cuisinière ou le chauffe-eau du fermier, ou servir de carburant pour des moteurs, pompes et générateurs. Le processus permet également de produire un engrais organique qui accroît le rendement des cultures tout en améliorant la qualité des sols, contrairement à son équivalent chimique.

Les bénéfices économiques sont considérables. «Une petite famille dépense près de 300 pesos (14 euros) par mois en énergie et autant en engrais. Tous ces coûts peuvent être réduits en utilisant un bio-digesteur», explique Alex Eaton. «Pour une grande ferme, les économies se comptent en milliers de pesos par mois».

Le fumier produit par deux vaches répond aux besoins d’une famille seule, tandis que 200 vaches peuvent produire suffisamment d’énergie renouvelable pour alimenter un réseau local d’électricité. Le bio-digesteur coûte de 10.000 à 500.000 pesos (de 450 à 23.000 euros) selon sa taille. Il est disponible auprès de la plateforme de microcrédit Kiva, qui aide à surmonter les obstacles financiers. Le système est rentabilisé en 16 mois et sa durée de vie est d’une trentaine d’années. Depuis ses bureaux du Mexique, de Colombie, du Nicaragua et du Kenya, l’entreprise a déjà installé 3.200 systèmes et traité plus de 4 millions de tonnes de déchets. «Nous exportons dans 16 pays, notamment aux Etats-Unis, en Amérique centrale et en Amérique du Sud», annonce Alex Eaton.

Sistema Biobolsa espère installer ses bio-digesteurs à un rythme annuel d’au moins 10.000 au Mexique et jusqu’à 50.000 dans le monde d’ici cinq ans. 
 

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