International

Une nouvelle ère en Arabie saoudite?

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5136 Le 27/10/2017 | Partager
Le prince héritier a promis un pays «modéré et tolérant»
Un méga-projet de 500 milliards de dollars

Devant le forum économique baptisé le «Davos dans le désert», le jeune prince héritier Mohammed ben Salmane (32 ans), a promis une Arabie saoudite «modérée et tolérante». Il n'en reste pas moins que sa nomination a représenté une bouffée d'oxygène pour les jeunes Saoudiens. «Nous n'allons pas passer 30 ans de plus de notre vie à nous accommoder d'idées extrémistes et nous allons les détruire maintenant», a assuré le prince héritier dont les propos sont cités par l'AFP.

La vision modérée commence à se concrétiser. Le mois dernier, les femmes ont obtenu le droit de conduire, les cinémas vont bientôt ouvrir et des Saoudiennes ont célébré la fête nationale mêlées aux hommes. Au forum, une vidéo de promotion a montré des villes futuristes avec des femmes habillées à l'occidentale en train de faire du sport ou travailler aux côtés d'hommes. Des images qui contrastent avec le strict code vestimentaire en Arabie saoudite.

Lors de la conférence, des femmes étaient aussi habillées à l'occidentale. Certains «religieux conservateurs», qui se sont longtemps opposés à toute évolution du statut de la femme, ont cautionné la décision de la laisser conduire. Le gouvernement saoudien a annoncé la création d'un centre chargé de «certifier» les paroles du prophète et d'écarter toute interprétation «fausse et extrémiste». Et la police religieuse, chargée de faire respecter la séparation des sexes, a presque disparu des villes saoudiennes.

Auteur d'un vaste plan de transformation de l'économie saoudienne destiné à réduire la dépendance du royaume au pétrole, Mohammed ben Salmane est venu au forum présenter un méga-projet. Il porte sur la création d'une gigantesque zone de développement économique, appelée NEOM et d'une superficie de 26.500 km2, avec des investissements projetés à plus de 500 milliards de dollars.

Cette nouvelle zone économique sera établie au nord-ouest de l'Arabie saoudite, sur les bords de la mer Rouge. Certains secteurs seront frontaliers de la Jordanie et de l'Egypte, selon le Fonds public d'investissement saoudien. Appuyé également par des investisseurs étrangers, NEOM concernera des secteurs aussi divers que l'énergie, l'eau, la biotechnologie, l'alimentation, le numérique, les médias et les divertissements.

Le jeune prince héritier d'Arabie saoudite n'a toutefois pas abordé les difficultés économiques du royaume. Premier exportateur mondial de pétrole, le pays a enregistré d'énormes déficits budgétaires et vu ses réserves financières fondre depuis la chute mi-2014 du prix de l'or noir. Egalement ministre de la Défense et président du Conseil économique et de développement, le prince héritier a présenté en 2016 un plan, Vision 2030, visant à diversifier l'économie. Ce plan prévoit notamment la vente en 2018 de 5% de parts du géant pétrolier Aramco.

Ce que pense le FMI

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Après sa rencontre avec le prince héritier Mohammed ben Salmane lors de la conférence intitulée «Future Investment Initiative», la DG du FMI, Christine Lagarde, a estimé que Riyad avait fait beaucoup de progrès sur les réformes. L'amélioration du cadre des affaires pour les entreprises s'accélère tandis qu'un programme visant à augmenter la transparence et la responsabilité du gouvernement est en place. Aussi, les ajustements budgétaires se poursuivent, le gouvernement contenant les dépenses tout en levant de nouveaux revenus. Lagarde a salué également les réformes visant à lever les obstacles au travail des femmes.

 

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