International

La dette mondiale gonfle

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5136 Le 27/10/2017 | Partager
Elle représente 324% du PIB de la planète, s’inquiète l’IIF
Les pays émergents, épicentre de la tempête
dette_mondiale_chine_036.jpg

La dette chinoise totale, hors secteur financier, pourrait dépasser 290% du PIB d'ici 2022, contre environ 236% en 2016, selon les prévisions du FMI

Les alertes sur la dette mondiale se multiplient. Après la mise en garde du FMI et de la Banque des règlements internationaux (BRI) (cf. notre édition N° 5109 du 19/09/2017), c’est au tour de l'Institut de la finance internationale (IIF) de remettre une couche sur la question. D’après sa récente étude publiée le 25 octobre, l’ensemble des dettes accumulées dans le monde représente désormais 226.000 milliards de dollars (192.000 milliards d'euros).

C’est un montant record. Et il équivaut à plus de trois fois l'activité économique annuelle de la planète. La dette mondiale représente 324% de la production économique annuelle. Elle s'alourdit sous l’effet de la remontée des taux d'intérêt et de l'appréciation du dollar. Ce qui fragilise Etats comme entreprises privées.

Dans les pays en développement, environ 1.700 milliards de dollars de dettes devront être remboursées ou refinancées d'ici la fin 2018. La dette dans certains pays émergents ne cesse d’inquiéter. Les dettes en devises y dépassent 8.200 milliards de dollars. C’est soit près de 15% de l'endettement total des économies en développement.

Pour le FMI, les emprunts des Etats, des ménages et des entreprises (banques non comprises) dans les pays du G20 dépassent 135.000 milliards de dollars, soit l’équivalent d’environ 235% de leur produit intérieur brut combiné. «Malgré le faible niveau des taux d’intérêt, le poids du service de la dette s’est alourdi dans plusieurs pays.

L’emprunt a certes contribué à la reprise mais il a aussi créé de nouveaux risques financiers», d’après Tobias Adrian, conseiller financier et directeur du département des marchés monétaires et de capitaux du Fonds monétaire international. Aussi, la croissance de la dette des ménages par rapport au PIB est liée à une plus grande probabilité de crise bancaire.

La tendance s’est encore accélérée en Chine. Les dettes des entreprises y ont enregistré une hausse de 660 milliards de dollars en 2016, d’après l’IIF. Le FMI pointe pour sa part une «augmentation plus rapide de l'endettement et l'essoufflement du rééquilibrage économique engagé par le gouvernement en faveur des services et de la consommation intérieure». L'inquiétude est largement partagée. Les agences de notation Moody's et Standard & Poor's ont abaissé récemment la note de la dette souveraine chinoise, pointant les risques liés à l'emballement de l'endettement public et privé dans le pays.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc