International

Droits de l’Homme: Macron refuse de donner des leçons à Sissi

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5135 Le 26/10/2017 | Partager
Il faut axer la collaboration sur la lutte antiterroriste
Des contrats économiques entre la France et l’Egypte
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La rencontre entre le président français Emmanuel Macron et son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi a permis d’évoquer les sujets d’intérêt commun comme les crises régionales et la lutte contre le terrorisme… (Ph. AFP)

Le président français Emmanuel Macron a refusé de «donner des leçons» sur la question des droits de l’Homme à son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi, en visite officielle à Paris. Il a insisté surtout sur la collaboration entre les deux pays en matière de lutte antiterroriste. Macron s’est ainsi placé dans la continuité de la politique française, qui perçoit Le Caire comme le principal rempart contre le terrorisme au Moyen-Orient.

Tout en étant convaincu que le combat contre le terrorisme doit «impérativement être mené dans le respect de l’Etat de droit et des droits de l’Homme», le chef de l’Etat français a réitéré son «principe de non-ingérence dans les affaires intérieures des pays». Ces déclarations ont suscité une vive réaction de Human Rights Watch pour qui Macron «tournait le dos aux droits humains».

Le président égyptien a pour sa part rejeté les accusations d’atteinte aux droits de l’Homme (arrestations massives, condamnations à mort, l’usage à grande échelle de la torture et les persécutions contre les homosexuels…) relayées par de nombreuses ONG. Son défi est de renforcer la stabilité de son pays et de lutter contre les mouvements terroristes. «Nous sommes contre la violence et avec les droits de l’Homme», insisté Abdel Fattah al-Sissi, tout en affirmant que ses forces de sécurité «ne pratiquaient pas la torture».

L’Egypte est régulièrement visée par des attentats meurtriers, dont le dernier a provoqué la mort de nombreux policiers. La plupart d’entre eux sont revendiqués par le groupe terroriste (EI). Pour Macron et Sissi, la lutte contre le terrorisme doit être renforcée en Libye, un pays frontalier de l’Egypte qui n’arrive pas à sortir du chaos. «Ils sont d’accord sur le fait qu’il n’y a pas de solution militaire à la crise», a précisé l’Elysée. Jusqu’à la fin de sa visite prévue jeudi 26 octobre, le président égyptien va continuer à discuter de contrats économiques, notamment d’armement.

Depuis 2015, l’Egypte en a conclu pour plus de six milliards d’euros, comprenant notamment 24 avions de combat Rafale, une frégate, deux porte-hélicoptères Mistral et des missiles. Une série d’accords bilatéraux ont par ailleurs été signés pour le financement de centres de soins, de l’extension de la station d’épuration d’Alexandrie et la construction de centrales solaires en Egypte.

 

 

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