Culture

Quand le Design habite la ville

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5135 Le 26/10/2017 | Partager
La Casablanca Design Week lance sa première édition
Un évènement pour faire un état des lieux du design au Maroc
Une cinquantaine d’artistes participants
design-ville-035.gif

Les créations résolument contemporaines ont toutes une touche marocaine, très moderne, loin des clichés orientalisant (Ph. A.Bo)

Ils l’ont rêvé, conçu et réalisé. Les jeunes de la plateforme Houna, structure collaborative  de créateurs issus de différentes disciplines, organisent la première Casablanca Design Week (CDW). A l’instar de Beyrouth, Berlin ou encore Paris, la ville blanche rejoint le réseau international des semaines du design et se place ainsi comme la première design week du Maghreb et l’une des premières d’Afrique.

Casablanca sera d’ailleurs mise à l’honneur, pendant la Design Week de Dubaï, avec un pavillon entièrement consacré à la cité, en tant que ville «iconique» de la région. «Qu’est-ce qu’on conçoit?» C’est la question à laquelle tente de répondre cette première édition casablancaise.

Une question qui peut paraître complexe, mais qui sert avant tout d’introduction vers un état des lieux du design marocain, ses inspirations ancestrales et son ouverture sur le monde.  La CDW, qui a débuté le 24 octobre et se poursuit jusqu’au 30 octobre se donne pour objectif de vulgariser les métiers créatifs et dresser l’état des lieux du Design au Maroc.

Au programme, des balades urbaines dans le centre art déco de Casablanca en hommage aux lieux incontournables de l’avant-garde casablancaise, une exposition sur l’histoire du design au Maroc, des conférences et des débats sur l’entrepreneuriat, l’économie créative ou encore l’héritage culturel, mais aussi des témoignages de créateurs qui partageront leurs parcours, et parleront des difficultés de leur métier, ainsi que des étapes de leur succès.

Une sélection de designers reconnus, d’artisans ainsi que de jeunes talents émergents exposent des créations, souvent libres à l’édition: mobilier et accessoires, industrie et artisanat, textile et luminaire, mais aussi design graphique, sonore et visuel. En tout une cinquantaine d’artistes participent à l’aventure. Le ton a été donné lors de l’exposition d’ouverture, intitulée Des racines et des ailes, à la galerie Delaporte et l’école des Beaux Arts de Casablanca.

design-ville-2-035.gif

Des créations contemporaines, accompagnées de savants cartels expliquant les étapes par lesquellles le créateur est passé pour les produire, dans le but «d’apporter un éclairage historique, technique, économique et social sur des pièces contemporaines» (Ph. A.Bo)

L’exposition conçue  sous un format de storytelling raconte l’histoire de la conception au Maroc sous tous ses angles avant qu’elle ne soit perçue et nommée en tant que telle jusqu’à aujourd’hui.  La curatrice de l’exposition, Kenza Amrouk, a imaginé, autour d’une équipe de créateurs et de designers marocains, une invitation à un voyage dans le temps à travers l’objet conçu et le concepteur. Une manière de suggérer un regard nouveau sur la nature des objets, leur originalité, leur praticité, leur authenticité, leur fabrication, leur ingéniosité, leur ergonomie, leur esthétique et surtout leur impact.

design_ville_035.jpg

Soukaina Aziz El Idrissi, propose de somptueuses «étoffes» faites de déchets plastiques qu’elle traite à chaud, compresse, souffle, tisse… pour leur donner un aspect aussi précieux qu’une dentelle de Calais ou une «kharka» de Bzou (Ph. A.Bo)

De la tapisserie aux motifs géométriques de Ghizlaine Agueznay, à la chaise aux lignes inspirées par la Khmissa de Mehdi Naïm, en passant par le mur de zellije revisité de Miryam Mourabit, la touche marocaine est perceptible sans pour autant tomber dans le cliché orientalisant.

Des créations contemporaines, accompagnées de savants cartels expliquant les étapes par lesquelles le créateur est passé pour le produire, dans le but “d’apporter un éclairage historique, technique, économique et social sur des pièces contemporaines provenant de notre identité́ culturelle traditionnelle», nous explique la brochure accompagnant l’évènement. Aux côtés d’objets utilitaires, des œuvres d’art contemporain sont exposées, marquant la frontière totalement poreuse entre les deux disciplines.
On notera, particulièrement, le travail exceptionnel de Soukaina Aziz El Idrissi, qui nous propose de somptueuses «étoffes» faites de déchets plastiques. L’artiste, à la conscience écologique très développée, collecte la matière dans les déchèteries qu’elle traite à chaud, compresse, souffle, tisse… pour lui donner un aspect aussi précieux qu’une dentelle de Calais ou une «kharka» de Bzou. Pour le reste de la programmation, plusieurs événements parsèmeront la ville. 

Galeries, institutions culturelles, showrooms et concept stores proposent des expositions, ateliers, workshops et soirées spéciales Design Week. Des conférences et tables rondes seront également organisées autour des questions liées au monde de l’entreprise, de l’industrie et de l’économie créative tout autant qu’à l’identité, l’artisanat, l’héritage culturel et les champs de collaboration.

 

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc