Economie

Budget 2018/ Boussaid: «Il fallait redonner confiance»

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5135 Le 26/10/2017 | Partager
Objectif: Dépasser l'attentisme des opérateurs et relancer l'investissement
Mobilisation des ressources pour l'exécution des réformes de l'éducation, de la santé…
3,5 milliards de DH de crédits de paiement pour le développement du monde rural en 2018
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Lors de la présentation des grandes lignes du PLF 2018 devant les deux Chambres du Parlement réunies, Mohamed Boussaid a rappelé que «la réalisation de taux élevés de croissance, en misant sur l'industrialisation, est liée à la capacité de faire de la jeunesse un levier de développement» (Ph. Bziouat)

Après les détails du projet de loi de finances 2018, abondamment analysés sur nos colonnes (cf. www.leconomiste.com), il fallait s'imprégner de l'esprit de ce texte. C'est à cet exercice que s'est livré Mohamed Boussaid mardi devant les deux Chambres du Parlement. Globalement, le projet de loi de finances (PLF) 2018, s'articule autour de deux priorités: Relancer l'investissement privé et renforcer les prestations sociales.

Le ministre des Finances a insisté sur l'importance des mesures prises pour «dépasser l'attentisme chez les acteurs économiques et le ralentissement de l'investissement privé». Boussaid est conscient que la conjoncture morose dont souffrent les opérateurs est liée à une «kyrielle de contraintes, dont les prestations administratives, les incitations fiscales, les difficultés d'accès au financement, la faible compétitivité de l'économie nationale…».

Cela s'est traduit, selon lui, «par une incidence négative sur la confiance du privé». Aujourd'hui, l'objectif est de rétablir cette confiance, a insisté le ministre des Finances. Il a mis l'accent sur les différentes mesures prévues dans le PLF 2018 en faveur des entreprises.

C'est le cas notamment de «l'amélioration des conditions pour bénéficier de l'exonération de l'impôt sur le revenu dans la limite de 10.000 DH». Idem pour la prise en charge par l'Etat des cotisations sociales dans le cadre du programme Tahfiz. Les entreprises pourront en bénéficier à partir de la date d'exploitation au lieu de la date de création. Le nombre des bénéficiaires a été aussi porté à 10 salariés au lieu de 5 actuellement.

Mohamed Boussaid est conscient de l'importance d'une série de pré-requis pour favoriser l'atteinte des objectifs fixés. Il a rappelé que la réalisation de taux élevés de croissance, en misant sur l'industrialisation, est liée à la capacité de faire de la jeunesse un levier de développement, grâce aux investissements dans l'éducation, la formation professionnelle, la santé et l'emploi. Des «domaines prioritaires pour le gouvernement, comme le montrent les mesures prévues par le PLF 2018», selon le ministre des Finances.

Le projet a prévu un budget de 59 milliards de DH pour le secteur de l'éducation, avec une hausse de 5 milliards par rapport à l'année en cours. L'essentiel de ce budget sera destiné au renforcement des ressources humaines. Ce secteur bénéficiera de 20.000 nouveaux postes budgétaires dans un cadre contractuel, en plus des 35.000 postes créés en 2017 et 2018.

Pour le secteur de la santé, le budget a été fixé à 17,8 milliards de DH, avec une augmentation de 500 millions de DH par rapport à 2017. S'y ajoutent 2,4 milliards de DH, prévus dans le cadre du compte spécial des dons du Conseil de coopération du Golfe. Ce montant est destiné à la construction de 2 CHU à Tanger et Agadir et la reconstruction de celui de Rabat.
Le renforcement des capacités du monde rural est également au menu, notamment avec le fonds de développement doté de 50 milliards de DH, mis en place suite aux instructions royales. Pour l'année prochaine, le gouvernement a prévu d'injecter 3,5 milliards de DH en tant que crédits de paiement, en plus de 4 milliards de DH en crédits d'engagement pour 2019.

Refonte du modèle de développement

L'élaboration d'un nouveau modèle de développement, la mise en place d'une régionalisation efficace et la promotion des conditions de vie des jeunes, sont des questions prioritaires, selon Mohamed Boussaid. Le discours royal à l'occasion de l'ouverture de la session parlementaire avait mis l'accent sur les dysfonctionnements qui caractérisent ces trois domaines. Aujourd'hui, le gouvernement veut mettre en place un «plan d'action participatif, visant à apporter des réponses réalistes et concrètes à ces défis», selon le ministre des Finances. L'objectif est d'aboutir à des politiques intégrées. Surtout qu'il s'agit de «répondre à des revendications à caractère urgent», a-t-il dit. Concrètement, les efforts seront portés sur «la réduction des disparités, la promotion des investissements privés et la stimulation du marché du travail».

Prévisions du PLF

  • Taux de croissance: 3,2%
  • Croissance du PIB non agricole: 3,7%
  • Taux d'inflation: 1,5%
  • Déficit budgétaire: 3%

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