Culture

Le festival Taragalte fait chanter le désert

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5134 Le 25/10/2017 | Partager
La 8e édition célèbre la culture et l’art de vivre nomade
Une caravane pour la paix et la diversité culturelle de la région
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Le festival Taragalte met à l’honneur la femme du Sahara et du reste de l’Afrique au travers de ses traditions, son quotidien, sa gestion particulière de l’environnement, ses luttes, mais également sa musique, ses chants et ses danses (Ph. Sarah Hikson)

C’est un véritable hymne au désert que célèbre la 8e édition du festival international Taragalte, du 27 au 29 octobre, à Mhamid El Ghizlane. Le festival, qui porte l’ancien nom de l’oasis qui longe les magnifiques dunes de l’erg de Chegaga,  s’est imposé comme l’un des rendez-vous culturels et artistiques incontournables pour les passionnés de la vie nomade et du désert.

Une édition tenue sous le thème «Afrik’Elles». Un hommage rendu à la femme, en particulier celle du Sahara et d’Afrique, au travers de ses traditions, son quotidien, sa gestion particulière de l’environnement, ses luttes, mais également sa musique, ses chants et ses danses.
La région où, beaucoup plus qu’ailleurs, la femme fait figure de passeuse d’art  et de culture, de  garante des traditions ancestrales et du lien entre les hommes, indispensable au développement socioéconomique, explique le choix des organisateurs qui se disent fiers de mettre en avant les activités de ces femmes, et de leur dédier une grande partie de la programmation.

C’est en effet à une véritable immersion dans le quotidien sahraoui, en particulier celui des femmes, que nous convie à vivre le festival, mariant spectacles musicaux, ateliers de formation, présentations du savoir-vivre, mode de vie nomade et conférences.

«La diversité culturelle, facteur de paix et de développement» et «Femme, culture et développement» seront des thématiques essentielles traitées durant le festival par une pléiade de chercheurs et de spécialistes, tels que Hassan Aourid, Saida Azizi, Ghita Khaldi, Manny Ansar, Alain Weber, Perla Cohen, Mamou Daffé, Sandrine le Cloz… Cette approche sera renforcée  tout au long du festival avec une mise en lumière du partage et de l’expérience des femmes, notamment celles issues du projet Carpet of Life, dont la marraine n’est autre que la chanteuse Oum, qui a dédié au festival l’un de ses plus grands tubes, «Taragalte», issu de son album «Soul of Morocco» en 2013. L’auteure et compositrice, qui ne rate d’ailleurs aucune édition, sera présente au côté de Aziz Sahmaoui et d’autres artistes du Sahel.

Un hommage sera rendu à l’emblématique Lalla Badi, diva du blues du désert. L’icône qui, du haut de ses 80 ans, fait figure de doyenne et ambassadrice du tindi, restitue l’univers musical et poétique de la région de l’Ahaggar dans toute sa richesse traditionnelle et contemporaine. Sur les scènes du festival se succéderont également Ali Farka Touré, Gabacho Maroc, les Filles de Illighadad et Sahel Blues.
Le festival est conçu comme les moussems qui célébraient les départs des grandes caravanes qui sillonnaient le Sahara, entre Mhamid et Tombouctou.

Le rôle de ces caravanes avait non seulement un objectif commercial, mais également un rôle crucial pour développer les échanges culturels entre les peuples. C’est dans cet esprit que le festival accueille, d’ailleurs, la caravane culturelle pour la paix. Un projet sahélo-trans-saharien, né de la volonté de trois festivals de la région: le festival Taragalte, le festival sur le Niger et le festival du Désert au Mali, avec pour objectif de promouvoir le dialogue, la paix, la diversité culturelle et la cohésion sociale, dans le Sahel et dans le Sahara, mais aussi de développer et de valoriser les expressions culturelles et artistiques de l’Afrique.

 

 

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