Régions

Grand-messe autour du stress hydrique à Ifrane

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5134 Le 25/10/2017 | Partager
Recyclage et valorisation des déchets au menu aussi
Des experts de 35 pays y participent les 25 et 26 octobre

Face aux inquiétudes soutenues autour du stress hydrique, les experts réagissent. C’est ainsi que la petite Suisse marocaine accueille les 25 et 26 octobre à l’Université Al Akhawayn un colloque international sous le thème «Eau, recyclage et valorisation des déchets» (ERVD’5) en présence de plusieurs personnalités marocaines et étrangères, d’experts et d’universitaires...

Devenue annuelle, cette conférence est organisée conjointement par le Groupe de réflexion sur le développement durable (GRDD) et l’Université Al Akhawayn. Elle est soutenue par des entreprises de renommée telles l’OCP, Ozone Environnement et Services, Ecomed, outre les villes de Fès et Ifrane, la province d’Ifrane, la Chambre d’agriculture de la région Fès-Meknès, et d’autres partenaires.

Pour Farid Zerrouq, initiateur de l’événement, «ce colloque international qui réunit des experts de 35 pays, sera l’occasion de montrer les opportunités importantes d’investissement et de création d’emplois et de richesses dans ces domaines, et de sensibiliser les universitaires, les décideurs et les opérateurs économiques et politiques de la région, sur l’importance du recyclage pour un pays comme le Maroc, dont les ressources en eau sont limitées et qui importe la majeure partie de ses besoins en matériaux.

Durant ce colloque, les intervenants se pencheront sur la valorisation des déchets solides (métaux, plastiques, bois-papier, verre…). «Il sera question de ces déchets verts qui constituent une mine d’or que notre pays ne peut plus se permettre de jeter dans les décharges», souligne Zerrouq. Et de poursuivre: «Le Marocain produit plus de 300 kg de déchets solides par an.

L’Allemand en produit 100 fois moins. La différence est à chercher, justement, dans ces matériaux récupérables, que nous importons en devises fortes de l’étranger».
En effet, la rencontre d’Ifrane se fixe l’objectif de consolider les acquis des quatre premières éditions, notamment, pour ce qui est des partenariats inter-laboratoires, entre ces groupes de recherche et l’industrie, entre Universités, etc. Sensibiliser les décideurs et les opérateurs économiques et politiques du pays, sur les enjeux de ces secteurs stratégiques pour un développement durable de notre pays, et montrer les voies de promotion de la recherche scientifique nationale dans les domaines du traitement des eaux, le recyclage et la valorisation des déchets, ne sont pas en reste.

Réunis dans le centre des conférences d’Al Akhawayn, les experts devront échanger les expériences et présenter les dernières avancées scientifiques et technologiques dans ces domaines. «Nous rassemblerons les acteurs concernés par les domaines de l’eau et des déchets, et ferons des recommandations pour le développement durable de ces secteurs stratégiques», expliquent les organisateurs.

En clair, ils chercheront un compromis entre le développement économique, la préservation de l’Environnement et l’équité sociale. «Cet équilibre entre les trois composantes du développement durable, est difficile à maintenir, mais c’est le prix à payer pour une garantie de développement et d’une meilleure qualité de vie pour nos petits-enfants et pour leurs petits-enfants, après eux», explique Zerrouq.

Le Maroc manquera d’eau si…

«Au Maroc, les ressources en eau sont relativement importantes, par rapport aux autres pays du Maghreb, mais il faut malgré tout les préserver, car très bientôt, si rien n’est entrepris, nous commencerons à manquer d’eau», indique Farid Zerrouq, chercheur à l’Université Sidi Mohammed Benabdallah. Selon lui, à l’horizon 2020, la demande dépassera l’offre, si les tendances actuelles sont maintenues: c’est le stress hydrique. En outre, les ressources sont inégalement réparties entre les régions et sont triplement menacées par l'inexorable avancée du Sahara, les changements climatiques, la consommation galopante, le gaspillage de l'eau et la pollution. Pour faire face à ces dangers et préserver l'équilibre hydrique fragile, il est nécessaire de mettre en place une stratégie intégrée et durable de l'eau. «La situation du secteur de l'eau, dans notre pays, nécessite une vigilance continue et la contribution de tous pour préserver ce bien précieux de la pollution et optimiser son utilisation dans la limite des quantités disponibles», conclut Zerrouq.

De notre correspondant, Youness SAAD ALAMI

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