Analyse

Comment sortir Chichaoua de sa léthargie

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5134 Le 25/10/2017 | Partager
Agriculture, artisanat, minerais, la province regorge de potentiel
Mais manque cruellement d’investisseurs
Le CRI de Marrakech/Safi en campagne de promotion pour la région
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Sur les 190 millions de DH de projets annoncés pour les prochaines années dans la province de Chichaoua, le secteur des services s’accapare la part du lion avec 61% alors que le tourisme n’en attire que 4%

C’est une toute autre image de Chichaoua que souhaite désormais promouvoir le Centre régional d’investissement de Marrakech/Safi (CRI MS). Une image d’une province à fort potentiel, tant sur le plan agricole, touristique, énergies renouvelables… Marginalisée pendant longtemps sur le plan économique, cette région –carrefour et passage obligé pour aller à Agadir, à Essaouira, Safi a souffert de nombreux clichés et son potentiel n’a jamais été mis en avant.

Sur le plan touristique, force est de constater la concentration des investissements sur la ville de Marrakech, Essaouira et la province Al Haouz et presque rien pour Chichaoua. Il faut dire aussi que la province a vu son image écornée à cause d’évènements peu glorieux (fief du réseau de petites bonnes, accidents routiers de masse et rumeur sur l’utilisation d’excréments humains pour certaines cultures). Mais, tout cela, c’est du passé et la province veut redorer son blason.

Ce n’est donc pas fortuit que le CRI a tenu à démarrer à Chichaoua ses premières rencontres régionales de l’investissement. L’idée est de créer une plateforme d’échange et de proximité auprès de l’ensemble des provinces de la région Marrakech Safi et inciter les investisseurs à connaître les atouts de chaque province, ses potentialités et ses richesses. «Nous proposons aujourd’hui une offre territoriale adaptée pour chaque secteur et chaque province de la région», insiste Brahim Kheireddine, DG du CRI MS.

Le Centre vient d’y ouvrir une annexe régionale pour faciliter le processus d’investissement privé in-situ. Sans aucun doute, le plus grand apport de la région est agricole. Ce secteur qui représente le principal employeur de la province a connu une évolution importante durant les 10 dernières années. Outre la céréaliculture, on recense actuellement 45.109 exploitations dont une dizaine qui produisent les agrumes les plus recherchés, la variété Afourer. Chichaoua est bien connue par son arboriculture très diversifiée qui comprend l’olivier, l’amandier, le noisetier, le pommier, l’arganier...

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Capitale d’artisanat de la province, Mzouda accueille 130 unités de production de poterie avec une très faible production. La plupart de ces unités ont besoin de plans de restructuration

L’autre produit faisant la notoriété de l’agriculture de Chichaoua est sa  pastèque dont la culture a fait l’objet de rumeurs l’été dernier, démenties aussitôt par l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires. Le deuxième secteur à fort potentiel de la région est l’artisanat de par, le nombre d’artisans qui y sont installés (8.000) et la diversité des produits. Les tapis et la bijouterie de Sidi El Mokhtar, la poterie de Mzouda et les métaux-pierres sont très cotés.

La commune de Mzouda par exemple compte 130 unités de production de la poterie et une cinquantaine d’unités fabriquant le luminaire traditionnel. Seul bémol, ces unités manquent cruellement de structuration et rencontrent assez souvent des problèmes d’approvisionnement.

Pour aider le secteur dans la région, le ministère de l’Artisanat a identifié une stratégie autour de 3 axes dont l’objectif est l’augmentation de la production, la labellisation des produits et l’approvisionnement en matière première. Ainsi, une certification collective «Tapis Ouled Bousbaa» a été créée et 5 unités déjà certifiées. Il est prévu également la création d’une station de traitement d’argile à Mzouda, la construction d’un centre d’appui technique de bijouterie à sidi Mokhtar et des programmes d’appui technique au profit des potiers et des coopératives.

Energies renouvelables

Chichaoua abrite aussi trois mines en activité et offre un fort potentiel pour les investisseurs miniers. La province compte 23% du patrimoine minier exploité entre autre par Managem. La province souhaite aujourd’hui se positionner sur les énergies renouvelables grâce à une irradiation de ~ 5 kWh/m2/jour. Son potentiel éolien surtout dans sa partie ouest, en fait une zone pouvant accueillir des installations de production de l’électricité de source éolienne.

 

 

 

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