Economie

Campagne agricole: La parade d'Akhannouch contre le stress hydrique

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5134 Le 25/10/2017 | Partager
Akhannouch rassure les fellahs inquiets par le retard des pluies
Irrigation, semences, assurances… les mesures incitatives
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Lors du lancement de la campagne agricole 2017-2018, Aziz Akhannouch a réaffirmé l’engagement de son département à poursuivre la protection de la santé animale et végétale, l’accompagnement et l’encadrement des agriculteurs. L’appui de l’irrigation rationalisée et les semences sélectionnées fait également partie de son programme (Ph. YSA)

Alors que les fellahs scrutent encore le ciel, le département de l’Agriculture, lui, n’a pas attendu l’arrivée des pluies pour lancer la campagne agricole 2017-2018. Une fois l'annonce faite, le 23 octobre dernier au qualipôle de l’Agropolis à Meknès, Aziz Akhannouch, ministre de l’Agriculture, a présenté les réalisations du secteur au titre de la précédente campagne et les mesures prises pour celle qui démarre.

Il a aussi procédé au lancement de l’opération de plantations d’oliviers à Oued Jdida dans le cadre du Pilier II du PMV et de semis à Aïn Taoujdate pour la multiplication des semences de blé. Pour assurer un bon démarrage de la campagne agricole 2017-2018, plusieurs mesures incitatives seront actionnées. La première concerne les eaux réservées à l’irrigation. L’on comprend que le retard des précipitations et le stress hydrique inquiètent.

Pour y remédier, Aziz Akhannouch annonce la programmation d’une superficie de 594.000 ha d’irrigation dans les grands cercles. Prévue également, la poursuite de l’exécution du Programme national d'économie d'eau en irrigation, à travers la programmation et l’équipement des domaines agricoles par le système d’irrigation localisée sur une superficie supplémentaire de 50.000 ha.

Le suivi et la répartition des quotas des eaux réservées à l’irrigation (3,22 milliards de m3) pour garantir notamment l’opération de semis des céréales et des cultures sucrières, ainsi que la gestion du manque des ressources en eau dans certains cercles, ne sont pas en reste. Une attention particulière sera portée par l’Etat à la distribution des semences. Le ministre de tutelle se veut rassurant à cet égard. Selon lui, «une quantité de 1,8 million de quintaux de semences sélectionnées est disponible à des prix préférentiels et subventionnés».

Aziz Akhannouch a également souligné que le marché sera approvisionné en engrais avec plus de 500.000 tonnes. Sur un autre registre, l’élaboration de la cartographie des sols relative à la rationalisation de l’usage des engrais au Maroc est en cours d’achèvement. La dernière étape concerne la couverture des 1,6 million d'ha restants. Autre nouvelle, il sera procédé à la révision du régime incitatif, en revoyant les taux et les plafonds de certaines aides et en créant d’autres.

A ces mesures, Akhannouch a ajouté l’engagement de son département à poursuivre la protection de la santé animale et végétale, l’accompagnement et l’encadrement des agriculteurs dans diverses filières de production, ainsi que l’organisation de programmes de formation au profit des conseillers agricoles privés.

Pour leur part, Ahmed Ouayach, président de la Confédération marocaine de l’agriculture et du développement rural (Comader), et Lahbib ben Taleb, président de la Fédération des Chambres d’agriculture, ont mis l’accent sur les objectifs du PMV visant à moderniser et structurer le secteur agricole et à booster sa compétitivité. Pour eux, tout développement du monde rural ne peut se faire sans développement de l’agriculture. Celui-ci passe notamment par le processus du PMV visant à améliorer la productivité, la qualité et la commercialisation de la production des petits agriculteurs.

Akhannouch a tenu à rappeler quelques chiffres concernant la «saison agricole réussie de 2016-2017». Une augmentation de 5% de la production des primeurs, une hausse de 15% pour les agrumes, +1,2% pour les cultures sucrières, +4% pour les viandes rouges et +11% pour les exportations des produits agroalimentaires…

«Le secteur agricole a pu produire 96 millions de quintaux de céréales (soit la 4e meilleure récolte depuis le lancement du PMV), 1,57 million de tonnes d’olives, 2,1 millions de tonnes d’agrumes et 98.000 tonnes de grenadiers», indique le ministre. Ces performances ont été atteintes grâce à une pluviométrie estimée à 334 millimètres, soit une hausse de 50% de la moyenne des précipitations par rapport à l’année d’avant (mais en baisse de 14% par rapport à une année normale).

Dans son effort, l’Etat a mis à disposition environ 1,8 million de quintaux de semences certifiées, avec une enveloppe budgétaire de plus de 330 millions de DH, et 500.000 tonnes d’engrais, tout en assurant la stabilité des prix d’engrais phosphatés et la rationalisation de leur utilisation.

Sans oublier le système d’assurance agricole dont l’opération d’indemnisation des agriculteurs des aléas climatiques a été activée. Quelque 1,05 million d’hectares ont été assurés l’année dernière. En outre, une enveloppe de 55 millions de DH a été réservée aux éleveurs dans les zones sinistrées, notamment le Sud, à cause de la sécheresse.

Report du paiement des dettes

Le ministre de l’Agriculture a tenu à rappeler que le Groupe Crédit Agricole (GCA) va, comme ce fut le cas pour les années précédentes, prendre toutes les mesures nécessaires pour répondre aux demandes de financement des fellahs. Akhannouch a mis l’accent sur les efforts déployés par le groupe bancaire, visant à soutenir les agriculteurs et les assister pour faire face aux effets négatifs des changements climatiques. A noter que l'établissement vient de signer une convention de partenariat avec l'Office national du conseil agricole dédiée à l’accompagnement des petits agriculteurs. Enfin, GCA lancera incessamment une large opération de report du paiement des dettes des agriculteurs relatives à la saison agricole 2015-2016.

 

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