Economie

Balance commerciale: L’énergie creuse le déficit

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5133 Le 24/10/2017 | Partager
Bond de 28% de la facture énergétique à 50 milliards de DH
Elle participe pour 64% dans la hausse des importations
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Les produits finis énergétiques et de consommation impactent lourdement la balance commerciale. Les premiers pèsent pour 50 milliards de DH alors que les seconds dépassent le montant de 73 milliards. Du coup, bien que le déficit s’est allégé en pourcentage de 1,2 point, il s‘est aggravé en valeur de plus de 4 milliards de DH

A fin septembre dernier, le déficit commercial  s’est aggravé de 2,8% à 140,2 milliards de DH. Ceci, sous l’effet d’une hausse plus importante de l’import que de l’export. Les achats se sont en effet appréciés de plus de 17 milliards de DH contre 13,3 milliards pour les ventes. Une situation forcée par les acquisitions des produits énergétiques dont la facture  s’élève à 50,3 milliards de DH.

Elle contribue ainsi à hauteur de plus de 64% dans la hausse des importations.  A elle seule, cette facture a bondi de 27,8% sur les 9 premiers mois. Du coup, elle a neutralisé le bon comportement des principaux secteurs exportateurs comme l’automobile, l’agro-industrie, les phosphates et dérivés…     
Au total, les exportations des biens en valeur ont atteint 178 milliards de DH, en hausse de 8,1% par rapport à la même période de 2016. Cette évolution s’explique par la dynamique des expéditions de la quasi-totalité des secteurs, notamment des produits de l’«agriculture et agro-alimentaire» (+3,2 milliards de DH), celles de phosphates et dérivés (+3 milliards), du secteur automobile (+1,7 milliard) et du textile et cuir (+1,7 milliard).

Ces quatre secteurs contribuent pour près de 72% de la hausse des exportations totales. Les ventes du secteur de l’agriculture et de l’agroalimentaire atteignent leur plus haut niveau sur les cinq dernières années. Avec à la clé une progression moyenne de  9,2% à 37,9 milliards de DH. Ces produits représentent ainsi le cinquième  de l’export total. La hausse relevée est imputable à la progression des ventes des produits frais (16,5%) du segment «agriculture, sylviculture et chasse» (+16,5% à 11,8 milliards de DH) et de celui de l’industrie alimentaire (+8,5% à 22 milliards).

S’insérant dans la même tendance, les expéditions du groupe OCP se sont établies à 32,7 milliards de DH, en hausse de 10%, en variation annuelle. Mais surtout l’effet de l’augmentation des volumes, puisque les cours mondiaux de la roche des engrais phosphatés restent orientés à la baisse.
En ce qui concerne les nouveaux métiers mondiaux du Maroc, les exportations du secteur automobile se sont accrues de 4,3% pour atteindre  41,8 milliards de DH. Tirant ainsi profit du raffermissement des ventes  de l’activité de construction de 5,6%  et de celles du segment câblage de 0,9%.

De même, les expéditions de l’aéronautique et de l’électronique ont augmenté, respectivement, de 14,6% et de 2,5%. Fait marquant, le textile et cuir a aussi amélioré ses ventes de 6,3% à  28 milliards de DH. Enfin, le reste des exportations, soit l’équivalent de 12,7% s’est accru de 13%. En face, les importations s’élèvent à 318,3 milliards de DH, en hausse de 5,7%. Cette évolution provient, principalement, de l’augmentation des approvisionnements en produits énergétiques (+11 milliards de DH). D’autres groupes de produits ont également augmenté. Il s’agit des achats de produits finis de consommation  de produits bruts et de demi-produits.

La hausse de la facture énergétique s’explique, par l’explosion  des achats des gas-oils et fuel-oils: 32,3% et du gaz de pétrole et autres hydrocarbures (+25,2% à 10,1 milliards de DH).
De même, les produits finis de consommation ont enregistré une augmentation de  4,1% à 74,5 milliards de DH. Dans ce groupe, les plus fortes hausses ont concerné l’électroménager, les voitures de tourisme et les tissus et fils de coton.

La hausse a également concerné le groupement des demi-produits dont les importations ont augmenté de 2,6%, surtout en rapport avec la progression des achats de produits chimiques: 23,4% à 8 milliards de DH, de l’ammoniac (+36,2% à 3,1 milliards) et des matières plastiques et ouvrages divers en plastique. Les importations de biens d’équipement ont, de leur côté, affiché une légère reprise de 0,3%. Mais leur part demeure prépondérante dans la balance commerciale: 75,5 milliards de DH.

Les IDE s’améliorent

Sur les 9 premiers mois, les flux des investissements directs étrangers (IDE) ont enregistré une progression de près de 32%. Mais l’embellie s’explique surtout par la forte contraction des dépenses: 53,3%. Cependant les recettes n’ont connu qu’une légère hausse de 1% à 23,5 milliards de DH.
Quant aux  recettes de voyage, elles se sont inscrites en hausse de 4,8% à 53,9 milliards de DH. Les transferts des MRE ont, pour leur part augmenté de 2,7% à 44,1 milliards de DH. Ainsi, ces deux postes ont permis de couvrir 73,8% du déficit commercial à fin septembre 2017.

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