Economie

Emploi: Métiers mondiaux, les plus dynamiques

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5133 Le 24/10/2017 | Partager
Ils assurent 45% des opportunités pour 2018, selon l’étude de veille de l’Anapec
Près de la moitié des offres n’exigent pas de diplômes particuliers
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Sur les 79.652 besoins en recrutement exprimés par les entreprises sondées, près du quart relève de l’automobile/aéronautique. Les TIC/offshoring arrivent deuxième. Ce sont aussi les secteurs qui comptent le plus de métiers sous pression, en raison de la rareté de compétences

Pour 2018, les entreprises expriment un besoin en recrutement de 79.652 postes, selon la dernière étude de veille prospective sur le marché de l’emploi de l’Anapec. L’étude, qui a touché cette année un échantillon de 6.453 entreprises, a été révélée en avant-première jeudi dernier à Casablanca, durant la Caravane de l’emploi du jobboard Amal Job.

Elle révèle, sans surprise, une concentration de 68% des opportunités dans l’axe Casablanca-Rabat-Tanger. Elle confirme, également, le dynamisme des secteurs émergents du Maroc, notamment l’automobile, l’aéronautique et l’offshoring/TIC, qui assurent 45% des offres (voir illustration).
Naturellement, les besoins en profils opérationnels dominent. Ceux en cadres et cadres intermédiaires ne concernent que 9% des postes à pourvoir, soit 7.531 profils. Casablanca-Settat est la région qui en demande le plus, avec 58% du total des cadres, suivie de Rabat-Salé-Kénitra (19%).

Les entreprises sont nombreuses à être à la recherche de profils qualifiés plutôt que de diplômes, surtout dans les régions à vocation industrielle, comme Rabat, Casablanca et Tanger. La demande sans exigence de diplôme s’élève à 35.541, soit 45% du total. Malheureusement, les candidats manquent souvent de compétences techniques. «Les deux tiers n’ont pas de diplôme et n’ont que peu de qualifications.

D’où l’intérêt de lancer des programmes actifs d’emploi qui leur sont dédiés», insiste le DG de l’Anapec, Anas Doukkali. Le manque de savoir-faire est la première difficulté rencontrée par les entreprises (43%), suivie de la faiblesse des soft skills (16%). Quelque 16% citent également la pénurie de certains profils, tandis que 13% pointent du doigt des formations non adaptées au marché.
Les secteurs de l’offshoring/TIC, automobile, aéronautique, tourisme et enseignement font partie de ceux qui comptent le plus de métiers sous pression, en raison de la rareté des compétences. Ce sont aussi ceux qui demandent le plus de formations à la carte (FCE), afin d’adapter les ressources disponibles à leurs attentes. Sur les 10.228 besoins en FCE, 36% concernent l’automobile (18%) et l’enseignement (18%), contre 10% pour le tourisme, hébergement et restauration.     

En termes d’investissements, le secteur du tourisme, hébergement et restauration arrive premier, avec plus du tiers des budgets prévus (34%), suivi de l’automobile (12%) et du textile (9%). Ces investissements, essentiellement à Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, Marrakech-Safi et Fès-Meknès et Souss-Massa, devraient générer près de 29.989 emplois d’ici 2020. 

Cette année, l’étude de l’Anapec, qui a mobilisé 420 conseillers en emploi, a intégré les professions libérales, avec un échantillon de 1.780 entreprises (près des deux tiers à Casablanca-Fès-Rabat). Ces opérateurs prévoient 1.573 postes en 2018, dont 29% à Casablanca et 17% à Marrakech. A elles seules, les cliniques proposent 27% des opportunités, suivies des experts-comptables (22%) et des laboratoires (17%). Le secteur de la santé en général concentre 1.144 offres et près des deux tiers des besoins en FCE.

                                                               

Amal job maintiendra-t-il sa caravane?

Les jeunes ont afflué jeudi dernier au Sofitel de Casablanca, afin de faire le tour des stands de la Caravane de l’emploi, organisée chaque année par le site Amal Job. Nombreux étaient ceux intéressés par le stand de Renault, où l’on pouvait voir une longue file d’attente. La Direction générale de la sûreté nationale (DGSN), présente pour la première fois à la caravane, a également attiré beaucoup de curieux.

«Notre objectif est de les renseigner sur les métiers porteurs, leur faire découvrir des formations professionnelles, les coacher, les former, y compris en entrepreneuriat, et les mettre en contact avec des entreprises», explique le DG de Amal Job, Hicham Lakhmiri. «Parfois, le seul fait de les écouter et de les orienter leur redonne espoir», ajoute-t-il.
Depuis 2012, six éditions ont été organisées, avec 36 salons, 200 exposants, 20 conférences, 800 ateliers et près de 200.000 visiteurs. Sauf que d’année en année, le nombre d’escales diminue. De sept en 2012, il est passé à quatre aujourd’hui.

«Nous avons dû réduire à mon grand regret. J’espère que nous pourrons maintenir à quatre l’année prochaine, même si j’en doute», confie Lakhmiri. Et pour cause, les partenaires de l’évènement rechignent à se déplacer dans les régions éloignées de l’axe Casablanca-Rabat. Ce qui est dommage pour les milliers des jeunes à l’affût d’opportunités.

 

 

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