Société

Violence à l’égard des femmes: Les ONG misent sur l’implication des parlementaires

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5132 Le 23/10/2017 | Partager
Les amendements des conseillers seront décisifs pour «améliorer ce texte»
El Yazami appelle à dépasser les divergences idéologiques et politiques lors des débats
S’inspirer de l’expérience tunisienne suite à l’adoption d’une «loi historique»

Les associations féministes maintiennent la pression. Elles s’accrochent à la nécessité de la refonte du projet de loi sur la lutte contre la violence à l’égard des femmes. Face à une fin de non recevoir de la part du gouvernement, qui a rejeté l’idée de revoir ce texte, elles se sont tournées vers les parlementaires. C’est dans ce contexte que s’inscrit la journée d’études, organisée par la Chambre des conseillers, vendredi dernier, en partenariat avec le CNDH et l’ONU-femmes.

Le projet de loi est actuellement en examen au niveau de cette Chambre. Driss El Yazami, président du CNDH, a estimé que les parlementaires ont «un rendez-vous avec l’histoire». L’idée est de remédier aux lacunes du texte élaboré par le ministère de Bassima El Hakkaoui, ayant suscité une levée de boucliers des ONG. Aujourd’hui, elles comptent sur les amendements des conseillers pour améliorer la version actuelle du texte.

Surtout que plusieurs propositions, dont celles de l’INDH, n’ont pas été prises en compte dans la version transférée au Parlement. Laila Rhioui, représentante de l’ONU-femmes à Rabat, a appelé les parlementaires à «introduire des amendements permettant d’assurer une protection maximale des femmes».

Elle a insisté sur l’importance du renforcement du cadre législatif pour atténuer l’ampleur de ce phénomène. Mais pour réussir cette mission, les parlementaires sont appelés «à dépasser les divergences idéologiques et politiques lors des débats», comme l’a précisé El Yazami.

Hakim Benchamach, président de la 2e Chambre, a rappelé l’évolution inquiétante de la violence à l’égard des femmes. D’où la nécessité de «multiplier les efforts pour améliorer la situation de cette catégorie», a-t-il dit, dans une intervention lue en son nom. Cela passe notamment par l’alignement sur les principes internationaux et sur les bonnes pratiques. L’idée est de favoriser l’ancrage de la culture de l’égalité des sexes, décisive pour venir à bout de ce phénomène.

D’où l’intérêt de la participation de l’universitaire tunisienne, Sanaa Ben Achour, qui a partagé l’expérience de Tunis dans ce domaine. Une nouvelle loi vient d’être adoptée dans ce pays. Elle a été qualifiée «d’historique», une «référence dans le monde arabe».

Ce texte a pris en compte plusieurs principes, constituant l’essentiel des revendications des associations marocaines. En tête, la mise en place d’une définition large de la violence à l’égard des femmes, englobant tous ses aspects, notamment physique, économique, sexuelle, psychologique… Des mécanismes d’assistance juridique et psychologique sont aussi prévus.

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