Analyse

Titrisation: «Bientôt l’émission de Sukuk»

Par Moulay Ahmed BELGHITI | Edition N°:5132 Le 23/10/2017 | Partager
Les premiers fonds de titrisation participatifs verront le jour prochainement
L’intérêt des émetteurs pour ce mode de financement va en grandissant
Le concurrence s’aiguise
houda_chafil_032.jpg

Houda Chafil, DG de Maghreb Titrisation: «La titrisation intéresse désormais de plus en plus d’émetteurs qui l’intègrent progressivement dans leurs stratégies de financement futur»
(Ph. M.T.)

- L’Economiste: Pourquoi les émetteurs sont-ils encore frileux à s’essayer à la titrisation?
- Houda Chafil:
Soyons clairs. La titrisation n’a été accessible, de par la loi, aux établissements publics qu’à partir de 2011 et à l’Etat et aux opérateurs privés qu’à partir de septembre 2013, soit à peine quatre ans! Et sur les quatre années, 10 milliards ont été levés à fin 2016 sans compter les émissions en cours pour 2017. Comparée à des mécanismes de financement tels que les crédits bancaires classiques ou les emprunts obligataires qui existent au Maroc depuis plusieurs années, voire des décennies, je pense que le bilan est plus que positif pour la titrisation et même encourageant pour les années à venir.
Mais, qu’on le veuille ou non, la titrisation reste pour beaucoup d’opérateurs économiques une technique nouvelle et complexe comparée aux financements classiques. L’accès facile au financement bancaire, au marché des capitaux (pour certaines signatures), les habitudes de financement, parfois la simple méconnaissance des avantages de la titrisation n’encouragent malheureusement pas certains opérateurs à recourir à ce mécanisme. Heureusement, grâce aux efforts pédagogiques déployés par Maghreb Titrisation sur les dernières années, l’intérêt grandissant des investisseurs pour le papier titrisation conforté par le succès des opérations réalisées, la volonté de certains opérateurs publics et privés de sortir des sentiers battus et tester des financements innovants, la titrisation intéresse désormais de plus en plus d’émetteurs qui l’intègrent progressivement dans leurs stratégies de financement futur.

- Avec l’entrée de nouveaux acteurs dans les métiers de la titrisation, Maghreb Titrisation ne craint-elle pas la concurrence?
- Pas du tout! La concurrence est toujours une bonne chose pour n’importe quel marché à condition qu’elle respecte un certain nombre de règles déontologiques et qu’elle participe dans la consolidation et le développement maîtrisé du marché, surtout lorsqu’il s’agit d’un marché jeune comme celui de la titrisation. Nous sommes fiers de jouer le rôle de précurseur et de leader sur notre marché et nous ne ménagerons aucun effort pour consolider davantage cette position. En plus de l’expertise développée sur les dernières années et nos capacités d’innovation de nouvelles structures, nous bénéficions de la confiance de nos clients, des investisseurs des fonds que nous gérons, et des régulateurs. Tous les ingrédients sont là pour continuer à nous développer sereinement et faire de nos opérations des références sur le marché.

- Quel avenir pour la titrisation au Maroc?  
- L’innovation continue et maîtrisée dans les montages que nous proposons au marché est notre leitmotiv à Maghreb Titrisation. Nous continuerons à proposer des montages innovants tout en restant vigilants et prudents sur les niveaux de risque des structures proposées au marché. Je suis confiante que la titrisation finira par trouver sa place naturelle dans le bouquet de financement des opérateurs économiques publics et privés, d’autant plus que les investisseurs sont de plus en plus à la recherche de financements sécurisés comme la titrisation. Je suis également certaine que le développement des activités des banques participatives et des futures compagnies Takaful participera indéniablement au développement des émissions des certificats de Sukuk par les fonds de titrisation et qui constitueront un pilier très important pour le marché de la finance participative au Maroc.
Propos recueillis par Moulay Ahmed BELGHITI

 

Retrouvez dans la même rubrique

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc