Economie

Transport international routier: De nouvelles voies pour contourner Algésiras

Par Ali ABJIOU | Edition N°:5131 Le 20/10/2017 | Partager
Et éviter le goulet d’étranglement de ce port
TangerMed-Motril, TangerMed-Vigo, les dessertes
Des économies en temps de trajet et en termes de pollution
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Les nouvelles connexions via Motril et Vigo constituent des alternatives à Algésiras, un véritable goulet d’étranglement (Ph. Adam)

Algésiras est l’un des plus grands ports espagnols qui monopolise l’essentiel des connexions entre le Maroc et son voisin du Nord. Paradoxalement, c’est le port qui concentre le plus grand nombre de critiques de la part des opérateurs nationaux. Pour les équipementiers, «Algésiras est devenu au fil des ans un passage difficile», indique Khalid Azzouzi, responsable de la commission logistique auprès de l’Amica.

A ce problème s’ajoutent les grèves à répétition des tractionnaires du port espagnol et les incidents rencontrés sur les routes espagnoles. Heureusement, les alternatives existent. C’est le cas de la liaison TangerMed-Motril lancée en 2016. Cette ligne permet de connecter les opérateurs avec le sud de l’Espagne et d’éviter le passage par Algésiras. La traversée est certes plus longue de 6 heures pour Motril mais elle permet d’éviter le Détroit, surtout en été.

En effet, une grande partie des usagers pourrait être séduite par le confort d’éviter de conduire le long des 240 km qui séparent Algésiras de Motril, un argument majeur. Motril offre aussi la possibilité d’un accès direct à l’autoroute A-7, une des voies névralgiques du transport routier au sud de l’Europe, avec dans la même logique, un voyage plus confortable pour les équipages des camions TIR, une réduction du kilométrage et des coûts.

A noter que depuis le lancement de cette ligne, l’engouement est croissant de la part des opérateurs industriels. Depuis peu, les autorités espagnoles ont suivi en mettant à niveau ses infrastructures et services dont des équipes de contrôle douanières les weekends et un contrôle sanitaire. Une nouvelle connexion a été lancée cette année entre TangerMed et Vigo. Elle est exploitée par la compagnie Suardiaz et cible particulièrement les équipementiers.

Les durées de traversée sont plus longues mais les camions peuvent éviter de rouler sur une grande partie du territoire espagnol avec des avantages similaires en termes environnementaux et économiques. La liaison a été taillée presque sur mesure pour PSA qui pourra de la sorte connecter facilement sa future usine de Kénitra, ainsi que ses équipementiers, avec l’usine du groupe à Vigo.

La ligne est encore à ses débuts, mais elle aura encore besoin d’un temps de rodage avant de pouvoir tourner à plein régime, en fonction de l’activité de PSA au Maroc. Mais elle finira par s’imposer car elle constitue une alternative aussi pour les autres secteurs d’export comme les agrumes ou le textile. La liaison TangerMed-Algésiras n’est pas délaissée pour autant. Elle dispose depuis peu de nouveaux bateaux de la compagnie nationale ALM auxquels se joindront ceux de la DWLM dont le démarrage devrait intervenir avant la fin de l’année.

Une croissance à deux chiffres

Le Transport international routier (TIR) constitue le moyen de transport le plus utilisé en matière d’export vers l’Europe par les industriels marocains. Il permet aux équipementiers, en particulier, de réduire leurs délais de transit en voyageant sans arrêt entre les soutes des ferrys et les routes ce qui leur permet de desservir une bonne partie de l’Europe continentale en moins de 48 heures. En 2016, ils ont été plus de 263.000  camions TIR à traverser le détroit via le port TangerMed, soit 11% de plus qu’en 2015. Et en 2016, il est probable que la barre des 300.000 soit atteinte suite à l’accélération du secteur automobile et la montée en charge de la production de l’usine de Renault de Tanger.

 

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