Société

Mohamed Sijelmassi: Une vie au service de la culture

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5129 Le 18/10/2017 | Partager
Un hommage lui est rendu 10 ans après sa disparition
«Maroc: Culture, art et mémoire», un ouvrage qui retrace sa carrière
Médecin, photographe, auteur, éditeur… un véritable encyclopédiste du Maroc
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Mohamed Sijelmassi aura laissé une trentaine d’œuvres traitant aussi bien de l’art plastique au Maroc, des arts traditionnels, de l’art de vivre au Maroc qu’à l’histoire du pays (Ph. FMS)

C’est à un véritable explorateur de la culture marocaine, le docteur Mohamed Sijelmassi, que rend hommage aujourd’hui la fondation éponyme, 10 ans après la disparition de ce dernier. A l’image de ces savants et penseurs multidisciplinaires d’antan, Sijelmassi était doté d’une curiosité scientifique, culturelle et artistique sans bornes.

Médecin, écrivain, photographe et éditeur, il était également un grand amoureux des arts plastiques, et a, sa vie durant, consacré ses recherches au patrimoine culturel, civilisationnel et artistique du Maroc. Une vie, une carrière, une œuvre, plurale, qu’essaye de retracer l’ouvrage «Maroc, Culture, Art et Mémoire» qui sera présenté pour la première fois, lors de la cérémonie organisée par la Fondation Mohamed Sijelmassi pour la promotion des Arts et de la Culture en collaboration avec la Fondation du Roi Abdul-Aziz Al Saoud pour les études islamiques et les sciences humaines.

Il s’agit des actes d’un colloque organisé en 2008. La manifestation proposait alors une lecture de l’œuvre et de la vie du docteur Sijelmassi à travers trois angles d’approche: l’esthétique de l’auteur, son travail en sa qualité d’homme, et d’auteur sur le patrimoine, la culture et les arts traditionnels et son apport à la préservation de la mémoire et à sa transmission, et enfin le regard porté par l’auteur sur les objets et la vie, ainsi que la singularité de son approche. De nombreuses personnalités, universitaires, chercheurs, écrivains, médecins… avaient laissé les passionnants témoignages de leurs aventures intellectuelles communes avec lui.

Toutes colligées dans l’ouvrage. Hommages émouvants de ses deux amis et complices Mohamed-Sghir Janjar, directeur adjoint de la Fondation du Roi Abdul-Aziz pour les études islamiques et les sciences humaines et l’écrivain Abdelkebir Khatibi, mais également du philosophe Ali Benmakhlouf, du critique d’art Hassan Alaoui, de l’écrivain Tahar Benjelloun ou encore feu le professeur Abderahmane Harouchi. Tantôt académiques, tantôt complices, parfois tendres, les textes et témoignages reviennent sur la carrière prolifique de celui qu’on nommait «Le médecin encyclopédiste ».

De son regard de photographe, à son intérêt pour l’histoire du Maroc en passant par son approche anthropologique de l’art berbère et la valorisation des arts traditionnels. Il faut dire que feu Sijelmassi a produit une trentaine d’ouvrages, témoignant de son érudition, de sa connaissance du terrain et de son approche originale alliant à la fois l’acuité du regard photographique, le travail minutieux sur la mémoire et une attention particulière à la créativité des Marocains.

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Mohamed Sijelmassi faisait de la connaissance du passé, de l’appropriation du patrimoine et de la réinvention des traditions l’une des conditions indispensables pour bâtir le présent et se projeter dans l’avenir. Dès le début des années 70, il a été parmi les premiers à associer la tradition séculaire et la création moderne.

Cela l’a amené à étudier la peinture marocaine qui avait entrepris, depuis le geste inaugural d’Ahmed Cherkaoui, en passant par le manifeste de Farid Belkahia, un travail approfondi et sans concession sur le patrimoine symbolique marocain à l’aune d’une expression picturale moderne et qui a donné lieu à son tout premier ouvrage: La Peinture Marocaine en 1972 aux éditions J.-P. Taillandier-Arthaud. Deux ans plus tard, il publiera chez Flammarion une première édition de son ouvrage référence Les Arts traditionnels.

Puis «L’art calligraphique arabe» (Prix de l’Académie française) en collaboration avec Abdelkébir Khatibi, aux éditions Le Chêne en 1976. Son dernier ouvrage, qu’il achèvera, quelques jours avant son décès en 2007, était réservé au Maroc méditerranéen de Tanger à Essaidia (aux éditions Oum).

Parallèlement à ses recherches sur les arts plastiques, il n’a pas hésité à adopter la démarche d’un ethnologue professionnel en sillonnant inlassablement le pays à la découverte de ses habitants, de leurs styles de vie et de leurs pratiques culturelles dans leurs diverses formes d’expression (coutumes, architecture, cuisine, tissage, vêtements, bijoux, chants, danses, etc.) C’est ainsi qu’il a pu réaliser l’archivage photographique systématique de pans entiers de la vie sociale et culturelle marocaine. De ce travail de terrain est née une série de livres qui constituent aujourd’hui une référence incontournable pour tous ceux qui veulent étudier les modes d’expression artistique traditionnelle.

 

 

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