International

Les Nations Unies constatent la montée des inégalités

Par Amine SAHRANE | Edition N°:5129 Le 18/10/2017 | Partager
Les disparités persistent, que ce soit entre les sexes, les revenus, l’accès aux soins…
Les écarts sont de plus en plus importants
L’Afrique du Sud, le Brésil… parmi les populations aux revenus les plus inégaux
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L’indice de GINI renseigne sur la distribution des revenus dans une population donnée. Une valeur importante de l’indice renseigne sur un niveau élevé d’inégalité

Les Nations Unies s’alarment, encore une fois, de l’accroissement des disparités caractéristiques de la population mondiale. «Le monde s’éloigne un peu plus chaque jour de la vision d’égalité exprimée dans la Déclaration universelle des droits de l’homme», constate le Fonds des Nations Unies pour la population, dans son rapport sur l’état de la population mondiale publié hier.

Le concept d’égalité doit cependant être manié avec prudence. Cette variable est en effet composée d’un nombre incalculable de dimensions: égalité des sexes, des revenus, dans le traitement par le système judiciaire, etc. Les hommes ne sont pas égaux, dans leur essence même. Certains sont physiquement plus forts que d’autres, plus intelligents, en meilleure santé... Chaque personne possède des caractéristiques et un environnement uniques, que ce soit un homme ou une femme.

Dans cette optique, le phénomène de l’inégalité ne peut être considéré comme forcément négatif, de la même manière que l’égalité n’est pas forcément positive. La comparaison des distributions des revenus entre les différentes nations permet d’illustrer ce fait. L’indice de GINI(1), présenté dans le même rapport, classe des pays comme la Guinée et le Niger devant le Luxembourg, les Etats-Unis et l’Espagne! Certes les citoyens américains sont hautement inégaux dans leurs revenus. Ils restent cependant plus riches dans l’ensemble et plus confortables que les citoyens du Niger, égaux dans la pauvreté.

Selon les Nations Unies, aucun pays au monde ne peut prétendre fournir à chacun une protection et des perspectives égales, même les pays les plus riches et les plus développés. Certains garantissent plus d’égalité à leurs citoyens que d’autres. En revanche, plusieurs droits universels reconnus par les pays membres de l’organisation internationale peinent à être appliqués dans les régions en développement.

Parmi ces droits, la garantie de «disposer des connaissances, de la capacité et des moyens nécessaires pour décider librement de tomber enceinte». «Les femmes vivant dans les 20% des ménages les plus pauvres sont généralement celles dont les besoins en matière de planification familiale sont les moins satisfaits dans les pays non développés», indique le fonds. Il a également constaté la difficulté qu’ont les femmes à trouver du travail. Dans les pays où la fécondité est élevée (les pays en voie de développement), la femme peine à concilier entre ses objectifs professionnels et l’éducation des enfants.

Toujours sur le même sujet, le fonds a procédé à un sondage auprès de différentes populations dans le monde. Les questions ont concerné l’accès des femmes à l’enseignement supérieur ainsi que leur intégration au marché de l’emploi en période de pénurie de travail. La majorité des personnes ont répondu qu’il fallait garantir aux femmes l’accès à l’enseignement supérieur. Quelques-uns ont cependant exprimé des réserves sur le travail des femmes en période de pénurie d’emploi.

Les Japonais attirent particulièrement l’attention dans les régions développées. Seuls 15,3%  d’entre eux pensent que les femmes ont le droit de travailler lorsque le l’emploi est rare. Ils sont suivis par les Roumains (35,8%), les Russes (39,9%), les Ukrainiens (48,1%).  Les Marocains ont quant à eux répondu à 32% que les femmes doivent pouvoir accéder au travail peu importe les conditions conjoncturelles. Seuls 11% des Egyptiens sont pour, suivis par les Libyens (16,5%), les Tunisiens 17,6% et les Algériens (20,1%).

Les propositions des Nations Unies

Le respect des engagements et des obligations à l’égard des droits de l’homme établis dans les conventions et traités internationaux;
L’élimination des obstacles: lois discriminatoires, normes ou lacunes dans les services, qui empêchent les jeunes femmes d’accéder aux services de santé sexuelle et reproductive;
Fournir aux femmes les plus défavorisées des soins prénatals et maternels essentiels et vitaux;
Améliorer les revenus des 40% de la population les plus pauvres (investissement dans le capital humain);
S’efforcer de mesurer toutes les dimensions de l’inégalité et leur influence mutuelle.

 

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(1)    Mesure l’inégalité dans la distribution des revenus entre les différentes tranches de la population

 

 

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