Entreprises

Maroc/France: L’aéronautique attire des investisseurs d’Occitanie

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5129 Le 18/10/2017 | Partager
Des rencontres avec les professionnels marocains en marge du Salon Aerospace meetings
Une étude a identifié les complémentarités entre l’Occitanie et le Maroc dans plusieurs secteurs
Une convention sera signée pour la formation des cadres et élus des régions
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Pour Carole Delga, présidente de la Région Occitanie/Pyrénées-Méditerranée, «les régions ont un rôle important et même essentiel pour lancer des initiatives, catalyser les énergies, mettre en œuvre des actions concrètes. Le développement économique sera le premier bénéficiaire de cette démarche» (Ph. L.Beziat)

Présidente de la Région d’Occitanie/Pyrénées-Méditerranée, Carole Delga entame aujourd’hui une visite au Maroc. Elle est accompagnée d’une délégation d’hommes d’affaires, opérant essentiellement dans le secteur de l’aéronautique, principale activité industrielle de cette région française. Des rencontres sont prévues avec des opérateurs marocains, mais également avec des responsables régionaux à Casablanca-Settat, Fès-Meknès et l’Oriental. D’autres domaines sont aussi concernés par cette coopération interrégionale, dont l’agroalimentaire, l’économie sociale, la formation….

- L’Economiste: Vous entamez une visite au Maroc aujourd’hui. Quels en sont les objectifs?
- Carole Delga:
L’Occitanie/Pyrénées-Méditerranée est une région nouvelle, issue de la fusion des anciennes collectivités Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées. Elle est riche de ce territoire vaste et pluriel, plus grand que 13 pays européens. C’est la raison pour laquelle j’ai souhaité que l’influence et la portée de notre activité régionale s’étendent largement, bien au-delà de la Méditerranée. Notre stratégie internationale est forte et concerne de nombreux domaines, avec une attention particulière portée au développement de l’économie régionale. Cette première visite au Maroc a pour but de développer des relations durables avec le Royaume.
 Depuis 2012, nous avons fait le choix d’installer une Maison de la Région à Casablanca. Mon prédécesseur avait déjà identifié l’importance d’accélérer les échanges avec le Maroc. Nous avons fait le choix de développer la coopération avec de nombreux acteurs institutionnels et économiques que je vais rencontrer pendant ces quelques jours, particulièrement denses. Il s’agit notamment des présidents de régions, d’agences nationales, des chefs d’entreprise, des acteurs culturels… Cette implantation durable est importante. Le Maroc est notre voisin méditerranéen et je suis attentive à son évolution. Le processus de régionalisation en cours est ambitieux et en de nombreux points comparable à ce que nous vivons en France.  
- Vous êtes accompagnée de chefs d’entreprise. Quels sont les secteurs d’activité représentés dans cette délégation?
- Parce que notre région est fortement impliquée dans le domaine de l’aéronautique, j’accompagne et je rencontrerai sur place des entreprises œuvrant dans ce secteur, notamment dans le cadre du Salon Aerospace meetings. Je me suis par ailleurs engagée à faire de l’Occitanie/Pyrénées-Méditerranée la première région à énergie positive d’Europe, et souhaite donc soutenir les entreprises environnementales régionales présentes au Salon Pollutec Maroc. Je serai accompagnée d’autres types d’entreprises qui souhaitent développer leur activité ici, mais aussi de nombreux établissements d’enseignement supérieur et de recherche, comme des écoles d’ingénieurs.

- Quels sont les critères ayant déterminé le choix des régions avec lesquelles vous allez nouer des partenariats?
- Au mois d’avril dernier, Damien Alary, vice-président de la région en charge de l’international et de l’attractivité, s’est rendu au Maroc pour rencontrer de nombreux acteurs qui partageaient la volonté régionale. L’idée est de créer des partenariats solides et efficaces et agir en faveur des femmes et des hommes de nos territoires respectifs. Une étude de l’Ipemed (Institut de prospective économique du monde méditerranéen) nous a permis d’identifier plus précisément des complémentarités entre le Maroc et l’Occitanie dans l’agroalimentaire, la santé et le numérique notamment.
Des acteurs mobilisés, des domaines d’activités partagés, tout est réuni pour que le travail que je souhaite mener avec les Régions Fès-Meknès, Casablanca-Settat et l’Oriental, soit une réussite.

- Quels sont les domaines qui seront concernés par cette coopération?
- Les premiers secteurs sur lesquels nous allons développer nos relations concernent l’aéronautique, l’eau, la santé, le numérique, l’agriculture, l’économie sociale et solidaire, la formation, ou encore le patrimoine. Ce n’est qu’un début et surtout il ne s’agit pas d’une liste figée. Nous recherchons l’efficacité et nous voulons agir en cohérence avec les attentes des territoires.

- La Région Occitanie est frontalière avec la Catalogne. Quel est l’impact des dernières évolutions dans ces territoires?
- Je suis bien sûr avec attention la situation en Catalogne et je connais bien Carles Puigdemont, avec qui je travaille dans le cadre de l’Eurorégion Pyrénées-Méditerranée. Il va de soi que je ne me prononcerai pas sur cette situation qui relève de la politique intérieure espagnole.

Proximité

Pour Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, l’intérêt des opérateurs de ces territoires pour le Maroc est lié à l’existence d’une série de «points communs». Plusieurs secteurs de coopération sont identifiés. Cet intérêt est aussi lié à «la proximité avec le Maroc», ainsi qu’à l’existence de compétences confirmées. C’est le cas notamment «des cadres formés, ingénieurs, spécialistes du marketing…». Ces derniers sont «attentifs au développement économique et prêts à soutenir et à accompagner de belles aventures entrepreneuriales et industrielles», a-t-elle dit.

Propos recueillis par  Mohamed Ali MRABI

 

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