Competences & rh

Le village Ait Ben Haddou aura son école durable

Par Sabrina BELHOUARI | Edition N°:5128 Le 17/10/2017 | Partager
L'originalité du projet récompensée par LafargeHolcim Awards
Une architecture durable, un savoir-faire local et des concepts qui seront enseignés à l'école
5 écoles du groupe scolaire Ait Ben Haddou bénéficiaires
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«L’école durable des Aits» est un projet ambitieux qui vient concrétiser la vision de développement du village Ait Ben Haddou. Il met en valeur le patrimoine architectural de la région et en introduisant un programme pédagogique en phase avec les défis auxquels font face les habitants du village (Ph. LafargeHolcimAwards)

Le projet de l’école durable de Ait Benhaddou, conçu par l’architecte Fatima-Azzahra Bendahmane, vient de gagner le prix silver lors de la 5e édition de LafargeHolcim Awards pour l’Afrique-Moyen-Orient. Il s’agit du concours de conception durable le plus important dans le monde qui récompense les grands projets professionnels, ainsi que les idées audacieuses qui combinent des solutions de construction durable avec l’excellence architecturale.

Organisé par la LafargeHolcim Foundation for Sustainable Construction, le concours identifie les idées ayant le plus grand potentiel pour faire face aux défis d'aujourd'hui en matière d'urbanisation croissante et pour améliorer la qualité de vie. Le prix est doté d’un montant global de 2 millions de dollars.

Le projet ne démarrera qu’à partir de janvier 2018, mais il suscite déjà l’intérêt à l’échelle mondiale pour sa conception respectueuse du développement durable. «L’école durable des Aits» est un projet ambitieux qui vient concrétiser la vision de développement du village Ait Ben Haddou, rendu célèbre par son Ksar inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. Initié par l’association Ait Aissa pour la culture et le développement, ce projet va profiter aux enfants de 5 écoles du groupe scolaire Ait Ben Haddou.

Le concept de l’école durable est intéressant à la fois du point de vue architectural, mais aussi du point de vue pédagogique puisqu’il va introduire de nouveaux programmes plus en phase avec la vision de développement du village. En effet, ce projet rentre dans le cadre des projets de développement du village Ait Ben Haddou impulsés par l’association Ait Aissa qui vise à redynamiser le village et créer une nouvelle identité qui prend en considération l’ensemble des composantes du patrimoine et de l’histoire de cette communauté.

Il s’agit de la mise en place d’un programme pédagogique plus en phase avec l’environnement et le développement durable de cette petite localité à une trentaine de km de Ouarzazate. Le programme pédagogique de l’école sera tourné vers trois axes principaux: l’éco-citoyenneté, la créativité des enfants et l’implication des parents dans le cursus de leurs enfants. Le projet se veut ainsi être un chantier-école, pour permettre aux jeunes du village l'apprentissage et la transférabilité de ce savoir-faire, et leur montrer que celui-ci est en même temps générateur de revenus.

In fine, cette école devrait bénéficier à 270 enfants au primaire et 70 pour le préscolaire, provenant des villages de Ait Ben Haddou, Itelouane, Tamdakht, Tabouraht et Asfalou. Avec un budget total de 3,5 millions de DH, l’école durable devrait ouvrir ses porte en 2019, après l’achèvement des étapes de construction, de recrutement et formation des éducateurs et la finalisation des outils d’orientation et de pilotage des programmes pédagogiques.

                                                                 

Passiv design

LA conception architecturale du projet a adopté le «passiv design», ou l’ingénierie sans engins. C’est un processus de conception qui prend en compte plusieurs paramètres permettant de réduire la charge énergétique et le cycle de carbone dès les premières phases de construction du bâtiment.

La première étape commence par une analyse du climat qui accueille le projet, pour ensuite faire la superposition du climat à la topographie. Les grandes lignes qui vont guider le projet sont établies pour implanter le bâti, et penser les façades en fonction de l’ensoleillement, des vents, la réception solaire directe et la superficie pour garantir un maximum de confort thermique, lumineux et une ventilation naturelle à l’intérieur du bâtiment.

Les conclusions de cette première analyse vont jusqu’à la détermination du matériau le plus adapté, les épaisseurs des parois, afin d’assurer une économie même durant le cycle de construction. Ce qu’il faut retenir, c’est que ce projet a pour objectif de mettre le savoir-faire artisanal local dans de nouveaux circuits de production innovants et générateurs de revenus. «Nous encourageons les métiers des femmes, entre autres convertir les techniques du tissage de tapis et le travail de roseaux en façade et pergolas bioclimatiques.

Nous utilisons certes une technique de construction ancestrale, mais nous y ajoutons de la technicité pour réduire l’entretien durant le cycle de vie du bâtiment», explique Fatima-Azzahra Bendahmane, architecte du projet. Ainsi, pour la construction, la technique du pisé sera sollicitée pour la grande inertie thermique offerte, qui permet d’avoir de la fraîcheur pendant les périodes de grande chaleur, et de maintenir une température convenable lorsqu’il fait très froid. D’ailleurs, l’un des challenges de ce projet est de changer l’image dévalorisante du matériau de construction qui est la terre, souvent associée à la pauvreté et à l’économie en dépit de ses caractéristiques avantageuses.

Pour l’architecte, il serait plus valable de l’associer plutôt au confort, surtout dans un climat comme celui d’Ait Ben Haddou, où construire avec la terre est un luxe qui offre de l’économie à long terme.

 

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