Economie

L’Economiste invité du FMI

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5128 Le 17/10/2017 | Partager
Notre journaliste à Washington pour les rencontres annuelles du Fonds et de la Banque mondiale
La croissance de la zone devrait s’accélérer à l’avenir, mais pas suffisamment
Le Maroc est «sur la bonne voie»
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Après avoir culminé à 64,2% du PIB en 2016 (près de 20 points de plus depuis 2008), la dette publique nette du Maroc devrait commencer à baisser progressivement pour descendre à 56,5% d’ici 2022. Pour le FMI, les équilibres macroéconomiques du Maroc de manière générale sont sous contrôle

Tout au long de ces dix dernières années, le Fonds monétaire international (FMI) n’a jamais été aussi optimiste. La croissance mondiale continue de se redresser et la reprise se confirme. La croissance serait de 3,6% cette année, et de 3,7% en 2018, contre 3,2% en 2016. «75% des pays du monde ont connu un rebond, stimulé par les investissements, la consommation et le commerce.

Cette hausse est partagée par les marchés émergents, qui ont assuré 80% de la croissance des dernières années, mais aussi par l’Europe, le Japon et les Etats-Unis, et ça, c’est un vrai changement», a relevé la directrice générale du FMI, Christine Lagarde. Elle s’exprimait au cours d’une séance de briefing pour la presse mondiale jeudi dernier à Washington, en marge des rencontres annuelles du Fonds et de la Banque mondiale (du 13 au 15 octobre). La reprise n’est, cependant, pas totale.

Pour la région Mena, la situation est par exemple plus mitigée. Les pays exportateurs de pétrole, atteints de plein fouet par la baisse continue des cours du baril, devraient enregistrer une petite croissance de 1,7%. Pour leur part, les pays importateurs réaliseront une meilleure performance, avec une progression de leur PIB de l’ordre de 4,3% en 2017, contre 3,6% en 2016. Ils tirent, en effet, profit d’une demande interne plus forte, ainsi que de la conjoncture mondiale favorable. Ces pays commencent, également, à récolter les fruits de leurs réformes structurelles, selon le FMI. Plusieurs mènent de larges programmes de mise à niveau de leurs économies.

Pour le Maroc, le Fonds semble particulièrement optimiste. «Le plan de réforme engagé par le Royaume sur les dernières années est en bonne voie. Il a permis au pays de stabiliser sa situation économique et de créer des conditions propices à la croissance», a déclaré à L’Economiste le responsable du département Moyen-Orient et Asie centrale du FMI, Jihad Azour. «Le projet d’introduction progressive d’un système de change flexible est une initiative positive qui permettra au Maroc d’améliorer sa compétitivité. Sa mise en œuvre dépendra de la stratégie de la banque centrale», a-t-il poursuivi.

L’Egypte, aussi, est engagée sur un grand programme de mise à niveau soutenu par le FMI. «Ce chantier a engendré plus de stabilité monétaire et financière, ce qui a permis de rétablir la confiance des investisseurs et de drainer plus de capitaux», précise Azour. Le pays devra poursuivre ses efforts, notamment en améliorant son environnement des affaires, et en encourageant le secteur privé, afin de bénéficier de l’embellie économique mondiale. Le gouvernement égyptien se donne, également, pour objectif de libéraliser les prix des hydrocarbures d’ici 2019.

La Tunisie, quant à elle, a récemment consenti beaucoup d’efforts pour réduire son déficit public et limiter sa dette, pour pouvoir dégager des fonds lui permettant de relancer son économie. Son défi à venir sera d’élargir ses recettes fiscales et d’accélérer l’amélioration de son environnement des affaires. De leur côté, les pays en proie à des conflits, comme l’Irak, la Syrie, la Libye et le Yémen continuent de payer le prix de la détérioration de leurs conditions sécuritaires.

«A moyen terme, la croissance devrait s’accélérer graduellement dans la plupart des pays de la région», déclare le directeur du département Mena du FMI. «Elle restera, cela dit, en deçà du niveau leur permettant d’absorber les forts taux de chômage enregistrés», nuance-t-il. Les jeunes seront les premiers à en payer le prix.
Le Fonds sortira un rapport détaillé sur les perspectives régionales de la zone Mena le 31 octobre à Dubaï.

«Le meilleur moment pour réparer sa toiture, c’est quand le soleil brille», a insisté Lagarde, en citant la célèbre phrase de John Fitzgerald Kennedy. Pour elle, c’est dans ce contexte de reprise que les réformes de fond doivent être menées, «car elles sont plus faciles et plus efficaces». Investir plus dans les infrastructures, dans l’enseignement, réformer le marché du travail, réduire le ratio de la dette, promouvoir la R&D, améliorer l’accès à l’éducation et à la santé... Pour Lagarde, ce n’est pas le moment de dormir sur ses lauriers.

DNES à Washington, Ahlam NAZIH

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