Economie

Commerce extérieur: Explosion des volumes, légère hausse des recettes

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5128 Le 17/10/2017 | Partager
Bond de 25% des exportations des marchandises à fin août
Mais le déficit commercial se creuse de près de 4 points
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Les exportations du secteur agriculture et agroalimentaire atteignent leur plus haut niveau sur les cinq dernières années. La hausse relevée est imputable à la progression des ventes du segment agriculture, sylviculture et chasse  et celle de l’industrie alimentaire. En revanche, l’activité de pêche a légèrement régressé 

Sur les 8 premiers mois, le trafic portuaire  global a enregistré une hausse de 6,3% à 55,4 millions de tonnes. Une  progression qui s’explique surtout par l’explosion de l’export. Selon les données de l’Agence nationale des ports (ANP), les exportations des marchandises ont enregistré un bond de 25,3% à fin août dernier par rapport à la même période de 2016. Alors que le trafic à l’import a fléchi de 2,7%. Seulement, l’impact sur les valeurs reste peu significatif.

Même si la valeur des ventes a augmenté de 9,3% sur la période, le déficit commercial des biens s’est encore creusé de 3,9% à 126,2 milliards de DH contre 122 milliards en 2016. C’est à croire que le pays subit de plein fouet la hausse des prix à l’international sans pour autant en profiter pour ses propres produits. La situation s’aggrave encore car l’offre exportable demeure à faible valeur ajoutée.

Le cas des phosphates et dérivés dont les ventes à l’extérieur sont constituées à hauteur de 80% de produits à forte valeur ajoutée est édifiant à cet égard. Les expéditions de la roche ont  explosé de 40% environ et celles de l’acide phosphorique ont augmenté de 13%  mais la valeur ne s’est améliorée que d’un peu plus de 2 milliards de DH. Le même constat est observé pour les produits agricoles et agro-industriels qui restent dominés par la matière première destinée à l’industrie européenne.

A l’opposé, pour les achats de produits énergétiques dont le volume s’est apprécié d’à peine 1,2%, la facture  a bondi de 10,4 milliards de DH. Hors cette facture, les importations n’ont augmenté que  de 2,2%, selon les données de l’Office des changes.

Aussi ne faut-il point s’étonner de voir le gouvernement sonder de nouvelles pistes pour augmenter les recettes douanières à travers l’augmentation de droits de douane. (Voir L’Economiste du 16 octobre). Et pour cause, la situation du compte des transactions courantes est inquiétante. Elle s’est fortement dégradée sur le premier semestre. (Voir encadré ci-contre).

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Les exportations du secteur agriculture et agroalimentaire atteignent leur plus haut niveau sur les cinq dernières années. La hausse relevée est imputable à la progression des ventes du segment agriculture, sylviculture et chasse  et celle de l’industrie alimentaire. En revanche, l’activité de pêche a légèrement régressé 

Au total, les importations  s’établissent à 285,5 milliards de DH contre 270 milliards un an auparavant, soit une hausse de 5,7%.  Cette hausse concerne notamment les approvisionnements en produits énergétiques, les achats de produits finis de consommation (+2,4 milliards de  DH), de produits bruts (+1,7 milliard de  DH) et de demi produits (+1,1 milliard de DH).
A elle seule, la facture énergétique a explosé de 30,1%. De même, sa part dans le total des achats a  gagné 2,9 points: 15,7% à fin août 2017 au lieu de 12,8% un an auparavant.  Cette forte hausse s’explique pour l’essentiel par l’approvisionnement en gas-oils et fuel-oils dont la facture s’est renchérit de près de 6 milliards de DH. C’est  surtout l’effet prix. La valeur de la tonne ayant augmenté de 26% d’une année à l’autre. (Voir infographie).

En revanche,  la valeur des achats des céréales s’est contractée de 18,2% à   9,9 milliards de  DH contre 12,1 milliards un an auparavant. C’est proche du  même niveau de baisse qui a affecté le volume. Ce dernier a reculé de 17%. Cette évolution provient de la régression des importations de blé (-1,8 milliard de DH) et d’orge (-900 millions de DH). Les importations de maïs, quant à elles, augmentent de 500 millions de DH.
La baisse des importations de blé résulte du recul des quantités importées: 2,8 millions de tonnes contre 4 millions.

En revanche, le prix d’importation augmente de 13,1%.  La tonne de blé ayant été négociée à 2.300 DH au lieu de 2.034 un an auparavant. A l’export, les ventes globales ont progressé de 7,8%.  Ceci englobe les biens et services dont la valeur totale s’est établie à 240,2 milliards de DH contre 223 milliards à fin août 2016.
Pour ce qui est des marchandises, la hausse a touché tous les secteurs. L’agriculture et l’agroalimentaire a vu ses recettes augmenter de près de 10% à 34,6 milliards de DH. L’automobile, le textile et cuir, l’aéronautique, l’électronique ainsi que l’industrie pharmaceutique, se sont également bien comportés. Les hausses des valeurs ayant varié entre 4 et 13%.

Nette dégradation du compte courant

Les résultats de la balance des paiements au titre du premier semestre de l’année 2017 font apparaître un déficit du compte des transactions courantes de 38 milliards de DH contre 23,8 milliards de DH à fin juin 2016.
Cette évolution s’explique par l’augmentation des déficits des transactions au titre des biens de 5,1 milliards de DH et du revenu primaire de 4,2 milliards. Le tout conjugué  à la baisse des excédents des services et du revenu secondaire.
A la même période, la position extérieure globale, qui reflète la situation patrimoniale de l’économie marocaine vis-à-vis du reste du monde, fait ressortir un état débiteur de 710,7 milliards de DH. Selon l’Office des changes, la  situation résulte principalement de la baisse de l’encours des avoirs financiers (-16,5 milliards de DH). En revanche, les engagements financiers, bien que plus considérables que les avoirs financiers, demeurent stables, voire enregistrent un léger mieux de 0,4%. La baisse de l’encours des avoirs financiers s’explique principalement par la régression de 38,4 milliards de DH des avoirs de réserve. Ce recul a été atténué en partie par la hausse enregistrée au niveau du stock de la rubrique «autres investissements»» qui s’est appréciée de 16,2 milliards de DH.
Les données détaillées des comptes internationaux sont disponibles sur le site Internet de l’Office des changes (www.oc.gov.ma).

 

 

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