Entreprises

Transport: L’interopérabilité piétine

Par Jean Modeste KOUAME | Edition N°:5128 Le 17/10/2017 | Partager
La mise en place de hub fait partie de la stratégie à déployer
Début de solution à Casablanca avec la gouvernance des SDL
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Le transport ferroviaire (train+tram) contribue à 9% de la mobilité des personnes au Maroc, tandis que le transport routier y contribue à près de 90%

Tout est à refaire, tant les problèmes de mobilité dans les grandes villes prennent des allures de casse-tête. En effet, les heures de pointe sont souvent des heures de galère. Au cœur de la question du transport, figure la problématique d’interopérabilité, intermodalité et d’intégration des moyens de transport pour assurer la continuité des déplacements vers les centres urbains avoisinants. «Dans ce dispositif, le ferroviaire constitue l’épine dorsale d’une offre intégrée à l’échelle nationale», soutient Saïd Chandid, directeur stratégie et communication à l’ONCF.

Cependant, l’une des grandes inconnues est celle d’identifier la structure qui fait le lien entre le ferroviaire et le reste des transports dans l’organisation du périmètre des villes. En effet, la multiplication d’acteurs et intervenants, le manque de gouvernance structurée dans le périmètre urbain aggrave le problème.

Le ministère de l’Equipement, du Transport et de la Logistique, en charge de la Coordination des infrastructures de transport à l’échelle nationale semble ne pas avoir de relais dans le périmètre des villes. Conséquence, la synergie peine à prendre forme entre les différents moyens de transport. «La difficulté dans le traitement de ce genre de problématique réside dans la formalisation des mesures et initiatives», soutient Loubna Boutaleb, directrice générale de la Société du tramway de Rabat/Salé.

Casablanca a tenté de résoudre le problème en créant une autorité organisatrice. La métropole a opté pour la délégation de la gouvernance de ces chantiers à des SDL. «L’option de la SDL sert à faire converger les politiques publiques en matière des déplacements vers le modèle multimodal prévu par le Plan de déplacements urbains (PDU)», fait valoir Aziz Berrahou, directeur des études et développement de Casa-Transports.

C’est dans ce contexte que Casa-Transports s’est vu confier la gestion des bus, du tram, stationnement, des nœuds, la surveillance du réseau ainsi que la gestion de la circulation. Le modèle a l’avantage de fédérer les différentes parties prenantes pour servir la mobilité des transports et met fin au problème d’intégration tarifaire, étant donné que le régulateur est en relation avec les concessionnaires et délégataires du transport en commun.

A Casablanca, cohabitent deux systèmes de taxis: 7.000 unités de taxis urbains et 8.000 de taxis interurbains. Ce qui prend une autre dimension avec une hausse annuelle du trafic automobile de 3,5%. Dans sa vision intégrée de la mobilité, la ville entreprend l’extension de son réseau de trams à 4 lignes classiques et 2 lignes BHNS à l’horizon 2022.

La métropole entreprend également l’aménagement et la mise à niveau de 42 km de voies, la construction d’un pont à haubans sur 2,48 km à l’entrée de la ville, le réaménagement de nœuds routiers à des accès stratégiques de la ville ainsi que la construction de trémies… combinés à la réalisation de parkings de stationnement. Le plan de développement de Casablanca 2015-2020 dispose d’une enveloppe budgétaire de 33,6 milliards de DH, dont un budget de 18 milliards de DH consacré à la mobilité.

 

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