Economie

Ecole publique: La «transparence» de Hassad contestée

Par Tilila EL GHOUARI | Edition N°:5128 Le 17/10/2017 | Partager
Pour la tutelle, la publication des noms est destinée à «redonner confiance» dans l’école
Les syndicats dénoncent l’atteinte à la vie privée

Il l’avait promis lors de sa sortie en septembre dernier, les absences des enseignants seront, désormais, enregistrées quotidiennement sur le système «Massar» et rendues publiques. Et Mohamed Hassad, ministre de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur tient ses promesses. Après avoir sanctionné et publié la liste des écoles privées qui gonflent les notes de leurs élèves (cf. notre édition n°5125 du 12 octobre dernier), il vient de publier la liste des enseignants absents durant le mois de septembre.

Mais cette fois-ci, il ne s’agit pas de «dénoncer» puisque le taux d’absentéisme est très faible, «mais de redonner confiance dans l’école marocaine», est-il précisé auprès du ministère de l’Education nationale. La tutelle souhaite par cet acte démontrer que malgré leur mauvaise réputation, les enseignants ne s’absentent pas beaucoup. En effet, parmi les 236.511 enseignants affiliés à l’Education nationale, le taux d’absents relevé est très insignifiant (0,2%).   
Un exercice de transparence qui n’est pas du goût de tous, notamment les «absents» et les syndicats, qui pourtant étaient avertis de cette démarche, et dont la riposte ne s’est pas fait attendre.

La Fédération nationale des fonctionnaires de l’enseignement, relevant de l’Union nationale du travail au Maroc (UNTM)  a fermement rejeté l’action de Hassad, celle de divulguer les noms des absents. «Au-delà du fait de remettre les chiffres en cause, rendre public les noms des fonctionnaires de l’enseignement va à l’encontre des lois en vigueur», soutient Abdelilah Dahmane, secrétaire général de la Fédération, «elle porte atteinte à la vie privée des fonctionnaires», poursuit-il.

Cette mesure est considérée par les membres de la Fédération comme étant politique et qui ne rend aucunement service à l’Education. Pour rappel, cette même mesure de transparence est appliquée pour les promotions des fonctionnaires, sans toutefois être contestée...

Le syndicat n’en démord pas pour autant, soulevant au passage des  questions adjacentes. «La tutelle devrait commencer par améliorer les conditions de travail des enseignants, surtout ceux se trouvant dans des régions isolées», insiste Dahmane. L’UNTM demande à ce que un transport et un logement adéquats leur soient assurés. «Ils sont affectés dans des régions reculées où ils peinent à trouver un foyer convenable», déplore le SG de la Fédération. «Certains se retrouvent contraints de résider dans des logements insalubres», ajoute-t-il.

Quels que soient les écueils, le département de Hassad continuera d’oeuvrer dans la même direction. Il compte publier mensuellement, le nom des enseignants qui s’absenteront.

611 absents et 2.985 jours de travail perdus

Dans sa lutte contre le fléau de l’absentéisme des enseignants dans les écoles marocaines, le ministère de l’Education nationale a relevé 611 absents durant le mois de septembre. Ces absences ont totalisé 2.985 jours de travail perdus. Le plus important nombre d’absences (108) a été enregistré dans la région de l’Oriental. A eux seuls, ils cumulent près de 500 jours de non présence. Autre constat, 159 des enseignants qui s’absentent dépassent les quatre jours. Ces absents ont totalisé à eux seuls 2.105 jours. Cependant, la Fédération nationale des fonctionnaires de l’enseignement remet en cause ces chiffres. «Le ministère a amplifié la question de l’absentéisme en additionnant le nombre d’absences justifiées et non justifiées», précise Abdelilah Dahmane, SG de la Fédération nationale des fonctionnaires de l’enseignement, relevant de l’UNTM.

 

 

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