International

Unesco: Les défis d’Audrey Azoulay

Par Jihad RIZK | Edition N°:5127 Le 16/10/2017 | Partager
Problèmes financiers et dissensions politiques
L’ex-ministre française de la Culture élue à la tête de l’agence onusienne
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L’ancienne ministre française de la Culture, Audrey Azoulay, succède à la Bulgare Irina Bokova à la tête de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco). Elle a été élue à la suite d’un scrutin très serré. La soixantaine de membres du conseil exécutif ont finalement accordé 30 voix à la Française contre 28 au candidat qatari, Hamad Al-Kawari.

Son élection, pleine de suspense, intervient au moment où les Etats-Unis et Israël ont décidé de quitter l’agence onusienne. Une décision qui fait suite à l’admission de la Palestine au sein de l’Organisation. Pour Audrey Azoulay, une 2e manche est prévue le 10 novembre 2017. Si la conférence générale des 195 Etats-membres confirme le choix du conseil exécutif, l’ancienne ministre française de la Culture deviendra ainsi la seconde femme à diriger l’Unesco, la première française à occuper ce poste. Une règle non écrite veut pourtant que le pays abritant le siège de l’organisation s’abstienne de présenter un candidat.

Et ceci à un moment clé de l’histoire de cette agence basée à Paris et créée le 16 novembre 1945. En effet, l’Unesco vit un épisode tourmenté par les dissensions politiques et ses difficultés économiques. Le départ des Etats-Unis et Israël d’ici à fin 2018 est «un coup dur». «L’universalité de l’organisation est en jeu», commente la directrice générale sortante, Irina Bokova. Audrey Azoulay, appelle à l’union.

«Dans un moment de crise, il faut plus que jamais s’impliquer, chercher à renforcer l’organisation et non pas la quitter. Je vais travailler à  restaurer sa crédibilité et la confiance des Etats membres», promet l’ex-ministre de la Culture du gouvernement socialiste français. Audrey Azoulay, 45 ans, est née à Paris dans une famille marocaine orginaire d’Essaouira.

C’est d’ailleurs dans cette ville qu’a initié André Azoulay, avec d’autres personnalités, comme Neila Tazi, le festival Gnaoua-Musiques du monde. La consécration de la fille d’André Azoulay comme directrice de l’Unesco a été obtenue après le soutien décisif de l’Egypte. La candidate égyptienne, Moushira Khattab, était arrivée deuxième ex-aequo avec Audrey Azouley avant son élimination lors d’un scrutin spécialement organisé pour départager les deux femmes.

Cette alliance de circonstance s’explique par des considérations géopolitiques. Le candidat du Qatar, qui faisait la course en tête depuis le début malgré des soupçons d’antisémitisme,  ne faisait pas l’unanimité des pays arabes en délicatesse avec Doha. L’Egypte en tête.

D’autant plus qu’en juin 2017 l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l’Egypte ont rompu leurs relations diplomatiques avec le Qatar. Ces pays l’accusent de soutenir des groupes extrémistes et de se rapprocher de l’Iran. Ces dissensions ont joué en faveur de la candidature de la France. Car les 4 pays arabes ne sont pas parvenus au final à se mettre d’accord pour élire un des candidats de leur groupe géographique.

 

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