Culture

Musée Yves Saint Laurent Marrakech: Visite exclusive avant la grande ouverture

Par Stéphanie JACOB | Edition N°:5127 Le 16/10/2017 | Partager
Rétrospective sur 40 ans de création de la maison de couture
Un lieu dédié à la culture au sens large
musee_ysl_marrakech_027.jpg

Le Musée Yves Saint Laurent de Marrakech, attenant au Jardin Majorelle, ouvre ses portes au public le 19 octobre (Ph. Mokhtari)

De la façade, qui rappelle la trame d’un textile, à l’intérieur voulu comme une doublure de vêtement, le Musée Yves Saint Laurent de Marrakech est une réussite. Autant de raffinement était attendu. Inauguré par la princesse Lalla Salma, il est placé sous le haut-patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Cette beauté architecturale renferme quarante ans de création de la maison de couture, de 1962 à 2002.

Tout ceci n’est possible que grâce à une idée: celle de préserver les prototypes originaux, les accessoires et les croquis dès les premières années d’existence de la maison. Yves Saint Laurent et Pierre Bergé ont été visionnaires en posant les bases des archives et des réserves de la fondation qui porte leurs noms. Voilà comment aujourd’hui, deux musées, l’un à Marrakech et l’autre à Paris, offrent de belles rétrospectives haute couture, mais aussi de la culture au sens large.

A l’entrée, le sigle géant YSL sert de fond aux premières photographies des visiteurs. Puis, devant un jardin intérieur aux murs en zellige vert, l’Oiseau Sénoufo trône. Cette sculpture, qui symbolise pour le peuple africain Sénoufo la fécondité, la fertilité et la virilité, est la première oeuvre acquise par le couple en 1960. Comme dans un théâtre, il faut pousser les portes à vantaux pour passer d’un univers à l’autre, sans sens de la visite imposé.

Comme une évidence, Jacques Majorelle est la vedette de la salle d’exposition temporaire, jusqu’en février 2018. Pour les amateurs, c’est la première fois depuis sa disparition que le peintre est exposé «en solo» au Maroc. La quarantaine d’oeuvres, toutes confiées par des prêteurs nationaux, montre à quel point le pays l’a inspiré. Après lui, les oeuvres de Noureddine Amir prennent la relève. Cet artiste visuel et designer, particulièrement apprécié de Bergé, crée lui aussi des vêtements haute couture, prêt-à-porter, et des costumes pour le cinéma et le théâtre.

L’espace du couturier maintenant, où le mot d’ordre est l’obscurité, les collections étant hautement sensibles à la lumière du jour. Introduction ludique avec une rétrospective, en dates et en croquis, de la signature Saint Laurent. Puis les 50 modèles présentés sont déclinés suivant ses thèmes emblématiques du «Masculin/Féminin», des «Voyages imaginaires» ou de «l’Afrique rêvée». Pour être préservé, le vêtement ne peut rester à la verticale plus de 6 mois, la période prévue entre chaque rotation. Dans une scénographie signée Christophe Martin, le visiteur tombe nez à nez avec la robe hommage à Piet Mondrian, dont le couturier disait «c’est la pureté, et on ne peut pas aller plus loin en peinture».

Enfin défilent caban, jumpsuit, smoking, mais aussi la saharienne, la cape «bougainvillées» et des créations inspirées par les voyages, que Saint Laurent préférait faire dans les livres et les images, plutôt qu’en vrai. Des robes de crêpe de soie et des pantalons façonnés «grain de riz», des boléros brodés ou les modèles «opéra-ballets russes».

Des hommages au jardin également, et à l’art pour Picasso, Matisse ou Braque. La visite est accompagnée en fond sonore par la voix de Saint Laurent, et par son regard aussi grâce à une photographie monumentale, oeuvre de Jeanloup Sieff en 1971. Partout ici, l’artiste veille.

Tout un centre culturel…

Le lieu, ouvert tous les jours sauf le mercredi, affiche un tarif public de 100 DH et de 60 DH pour les citoyens marocains et les résidents étrangers. Si le temps fort de la visite reste l’exposition permanente des collections emblématiques du couturier, le musée renferme également un espace d’exposition temporaire avec actuellement «Le Maroc de Jacques Majorelle» et ses oeuvres, une bibliothèque de livres anciens, et une librairie où acquérir les oeuvres littéraires favorites du couturier et des bijoux dessinés par Loulou de la Falaise.

Il y a aussi l’auditorium Pierre Bergé, le studio café, et une galerie dédiée à la photographie avec, pour exposition inaugurale, le travail du photographe allemand André Rau pour le magazine Elle, qui immortalise Catherine Deneuve à Marrakech.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc