Politique

Rentrée parlementaire: Elus, la jeunesse attend!

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5127 Le 16/10/2017 | Partager
Urgence de la refonte du modèle de développement
Priorités: enseignement, santé et justice
Une INDH pour les jeunes
rentree-parlementiare-027.gif

Le ton ferme du discours royal devant les deux Chambres du Parlement s’inscrit dans la logique du diagnostic fait par le Souverain lors de la dernière fête du Trône. Pour le Roi, les dysfonctionnements ne sont pas une fatalité. Les surmonter n’est pas impossible (Ph. Map)

La rentrée politique s’annonce chaude. Le Souverain a donné le ton, vendredi dernier, à l’occasion de l’ouverture de la session d’automne du Parlement. Devant les deux Chambres réunies, le Roi a mis gouvernement et élus face à leurs responsabilités. Les décisions annoncées s’inscrivent dans la logique du diagnostic établi par le dernier discours du Trône.

Aujourd’hui, les faiblesses et les dysfonctionnements sont connus de tous. Le Souverain a mis l’accent sur l’urgence de la mobilisation pour introduire des mesures correctives. Le rappel à l’ordre royal est empreint d’optimisme. Ces dysfonctionnements «ne sont pas une fatalité. Les surmonter n’est pas impossible», a souligné le Souverain.

Le gouvernement, les élus et l’administration sont directement interpellés. Le Roi a été on ne peut plus clair: tous les intervenants sont appelés à se mobiliser pour «proposer des solutions innovantes et audacieuses, quitte à s’écarter des méthodes conventionnelles, ou même à provoquer un séisme politique. L’idée est d’en finir avec la situation d’attentisme et du laisser-aller. Le Souverain donne l’exemple en jouant pleinement son rôle constitutionnel.

Le gouvernement de Saadeddine El Othmani, les partis politiques ainsi que l’administration sont également appelés à faire preuve de plus de volontarisme et d’implication. Concrètement, ils sont attendus sur plusieurs dossiers identifiés par le discours royal. Il s’agit essentiellement des attentes sociales des populations: un développement équilibré et équitable, générateur d’emplois et de richesses, une généralisation de l’accès à la santé, un système éducatif de qualité, ainsi qu’une justice équitable et efficace. C’est décisif pour profiter des dividendes démographiques. Les jeunes sont un moteur et non pas un frein pour le développement, comme l’a rappelé le discours royal.

La refonte du modèle de développement est l’une des principales mesures annoncées par le Souverain. Le modèle en vigueur a montré ses limites. En dépit des avancées réalisées, le mode opératoire actuel reste insuffisant pour répondre aux besoins des citoyens, réduire les disparités et réaliser la justice sociale.

Cela est lié à la «rentabilité limitée». Le nouveau modèle de développement doit être élaboré selon une «conception intégrée», qui apporte des réponses aux défaillances pointées par les évaluations menées sur la terrain. Il devra aussi s’inscrire dans la logique des grands chantiers stratégiques, dont la politique africaine du Maroc. Un ministère délégué aux Affaires africaines sera créé. Sa principale mission sera axée sur la dynamique d’investissement dans le continent. Les nouvelles stratégies de développement devront profiter davantage aux jeunes.

Deux grandes mesures annoncées par le discours royal concernent directement cette catégorie sociale. Le Roi a appelé à l’accélération de la mise en place du Conseil consultatif de la jeunesse et de l’action associative. Une instance prévue par la Constitution de 2011. Son activation est liée à l’adoption d’une loi organique qui traîne depuis le gouvernement Benkirane. Les jeunes vont aussi bénéficier d’une INDH. Elle doit être axée sur la formation et l’emploi.

Accélérer la régionalisation

L’achèvement de l’implémentation de la régionalisation avancée est décisif pour la dynamique de développement. La logique favorise la mise en place de réponses adaptées aux spécificités territoriales. Le Roi a insisté sur l’urgence de finaliser ce chantier, avec un échéancier rigoureux. Cela concerne notamment le transfert de ressources humaines et financières vers les régions. Une série de décrets est encore attendue. Mais au-delà des aspects juridiques, c’est le changement des mentalités qui reste le plus dur. D’autant que la régionalisation est «fondamentalement l’expression d’un changement profond dans les structures de l’Etat». Les élus locaux disposent de véritables attributions pour faire des collectivités un moteur de développement. Les projets déjà lancés dans les différentes régions feront l’objet d’une évaluation qui sera menée par la Cour des comptes, sur instructions royales. Rappelons que les conclusions de cette instance dirigée par Driss Jettou concernant le programme de développement d’Al Hoceïma sont très attendues.

 

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc