Politique

Les parlementaires retournent au travail

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5126 Le 13/10/2017 | Partager
Un discours royal très attendu pour le démarrage de la session d’automne
Plusieurs réformes urgentes en suspens
Vent de renouveau à la tête des partis?
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Le discours du Roi pour la session parlementaire sert souvent de feuille de route pour la rentrée politique (Ph. MAP) 

Le Souverain prononcera ce vendredi un discours devant les deux Chambres réunies, à l’occasion de l’ouverture de la session d’automne du Parlement. L’un des dossiers chauds de cette session concernera le monde de la justice avec l’indépendance du Parquet général. En d’autres termes, comment le Parlement va-t-il contrôler la politique pénale à l’issue de ces changements de prérogatives? Cette équation suscitera des discussions à coup sûr passionnées.

Autre dossier sur la table, la mission d’information consacrée aux hydrocarbures. Chapeautée par Abdallah Bouanou, président de la Commission des finances de la Chambre des représentants, elle veut enquêter sur les pratiques commerciales dans le secteur et les prix pratiqués. Selon son programme de travail, la mission compte auditionner le chef du gouvernement, les ministres Mohamed Boussaid, Aziz Rebbah et Lahcen Daoudi.

A cela s’ajoutent le Groupement des pétroliers du Maroc et l’Association des propriétaires des stations-service. Le sujet économique sera très politisé. Cette rentrée parlementaire sera également animée par le dossier du dialogue social qui n’avance pas. Le gouvernement, le patronat et les quatre syndicats les plus représentatifs se sont séparés cette semaine sans obtenir de résultats tangibles (cf. L’Economiste n°5124 du mercredi 11 octobre 2017). Même si les centrales ne sont pas assez puissantes pour imposer leurs diktats, la paix sociale pourrait être perturbée par des mouvements de grèves. La FDT a déjà annoncé l’organisation d’une marche lundi 16 octobre, à partir de son siège à la Primature.

La retraite des parlementaires dominera également la session d’automne. Les pensions ne sont plus servies depuis le 1er octobre, à cause des caisses qui sont vides. Dans les coulisses du Parlement, c’est le branle-bas de combat, relayé par les réseaux sociaux. Comme le sujet est porteur auprès de l’opinion publique, des formations comme le PJD veulent marquer des points. Le groupe parlementaire de ce parti demande purement et simplement la suppression de cette retraite.

Sauf qu’il oublie que des élus ont cotisé pendant plusieurs années et se retrouvent sans le moindre revenu. Les autres groupes considèrent que la position du PJD relève du populisme. Pour eux, il faudra trouver une  solution qui abonde dans le sens de la réforme de cette retraite, pour la sauver de la faillite. La formule proposée consiste à augmenter la cotisation des parlementaires, aujourd’hui fixée à 2.900 DH par mois.

Cette session coïncide avec un contexte particulier pour les partis politiques. Après le PAM dont le secrétaire général a démissionné et l’Istiqlal qui a porté Nizar Baraka à sa tête, d’autres dirigeants de formation devront passer le relais à des plus jeunes. C’est le cas du PJD qui organise son congrès les 9 et 10 décembre.

Cette formation, déchirée entre deux courants, ne sortira pas indemne de cette épreuve. L’un veut reconduire Abdelilah Benkirane en amendant les statuts du parti, l’autre veut tourner la page et choisir un autre secrétaire général. Les tensions sont si exacerbées que ce congrès pourrait déboucher sur une scission.

Rattraper le retard

Le Parlement devra accélérer le rythme de travail. Car la session écoulée a enregistré une lenteur dans l’adoption des projets de loi comparativement au grand nombre de décrets approuvés. D’ailleurs, plusieurs textes sont bloqués à la Chambre des conseillers. C’est le cas du projet de loi relatif à la violence contre les femmes, qui moisit dans les tiroirs depuis un an et demi. Ce texte punit de prison ferme le harcèlement dans les lieux publics et de travail. Idem pour le projet de loi relatif à l’extension de la couverture médicale aux parents. Sur ce registre, la CDT est allée jusqu’à demander au gouvernement de retirer son projet pour l’inclure au menu du dialogue social. Les députés n’ont pas fait mieux au niveau des propositions de loi. Plusieurs initiatives parlementaires n’ont pas abouti. Cette faiblesse s’ajoute à d’autres, particulièrement au niveau des mécanismes de contrôle du gouvernement. Quant à l’absentéisme qui fait des ravages au Parlement, la procédure prévue par le règlement intérieur de la Chambre des représentants, validé par la Cour constitutionnelle moyennant quelques modifications, est engagée. Désormais, la Chambre procède à des ponctions sur les indemnités des députés qui font l’école buissonnière.

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