Economie

ALE Maroc-Canada: Des gisements d’opportunités dans les deux sens

Par Amin RBOUB | Edition N°:5126 Le 13/10/2017 | Partager
Le Canada promet un marché de 1,2 milliard de consommateurs
L’accord avec le Maroc est le 1er du genre avec un pays africain

A priori, tout est OK. L’accord de libre-échange Maroc-Canada est dans les starting-blocks. C’est ce que vient de confier à L’Economiste le ministre canadien du Commerce international, François-Philippe Champagne. Une rencontre est programmée prochainement entre le ministre marocain du Commerce (My Hafid Elalamy) et son homologue canadien en charge du Commerce international. Ce n’est plus qu’une question de procédures. L’objectif du prochain round est de parachever certains détails et des formalités administratives pour pouvoir signer l’accord et le rendre opérationnel dans les deux sens.

Enjeux croisés

Côté canadien, les enjeux de cet ALE recèle de multiples opportunités. «Le libre-échange avec le Maroc devra améliorer les échanges bilatéraux de commerce et d’investissement dans les deux sens et favoriser les objectifs de politique étrangère du Canada dans la région». D’autant plus que l’ALE avec le Royaume sera le 1er accord du genre avec un pays d’Afrique. «Le Maroc pourrait être une porte d’entrée  d’une nouvelle présence commerciale canadienne dans la région de la Méditerranée et en Afrique», précise-t-on auprès de l’ambassade canadienne à Rabat.

Bien évidemment, l’ALE devrait également placer les entreprises et les IDE canadiens dans une position plus favorable par rapport à leurs concurrents, particulièrement ceux qui bénéficient d’un arrangement de commerce préférentiel avec le Maroc. Côté marocain, l’ALE devra assurer de nouveaux débouchés à l’export, attirer des investisseurs, monter des joint-ventures, multiplier les flux de touristes, faire jouer des synergies avec les relais de la diaspora marocaine basée au Canada... Autre atout de cet ALE, le marché canadien compte une population de 36 millions d’habitants, soit autant de consommateurs.

Un détail très important! Cela devrait parler aux hommes d’affaires, puisque la population et les consommateurs marocains sont presque de la même taille (35 millions). Mieux, le Canada fait valoir l’accès à un marché américain de 1,2 milliard de consommateurs, puisqu’il est signataire de plusieurs accords, dont celui de l’ALENA, l’AELE (accord avec l’association européenne de libre- échange)... D’autres accords relient le Canda au Chili, à la Colombie, la Corée (ALECC), Panama, Pérou, Ukraine, Australie, Japon, Vietnam, Nouvelle Zélande... Ce qui assure un gigantesque marché et de nouveaux débouchés à l’export. Les importations canadiennes en provenance du Maroc se sont élevées à 423,6 millions de dollars en 2016.

Pour sa part, le Maroc a importé quelque 343,3 millions de dollars l’an dernier (au total 766,9 millions de dollars entre l’import et l’export). L’offre exportable marocaine vers ce marché est composée essentiellement d’agrumes, phosphates, engrais minéraux ou chimiques, cuivre, prêt-à-porter, mollusques, chaussures... En revanche, le Canda exporte (vers le Maroc) le blé (froment et méteil), légumes, combustibles minéraux, voitures de tourisme, soufre, papier journal, acide...

Ceci étant, la balance commerciale reste en deçà des ambitions. Autre avantage et non des moindres, la communauté marocaine basée au Canada. 100.000 ressortissants marocains vivent au Canada entre naturalisés et résidents. S’y ajoutent plus de 2.400 étudiants d’origine marocaine inscrits dans les écoles et universités canadiennes. Ce qui représente une diaspora censée jouer un rôle de relais dans les échanges et investissements croisés.

 

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