Entreprises

Banque participative: Société Générale lance Dar Al Amane

Par Nadia DREF | Edition N°:5125 Le 12/10/2017 | Partager
Objectif: atteindre quarante agences d’ici 2020
Le management mise sur les services pour attirer la clientèle

La Société Générale a pris son temps. Après l’obtention de l’autorisation de Bank Al-Maghrib en avril dernier, la banque n’a démarré l’activité de sa fenêtre dédiée à la finance islamique qu’en septembre, bien après ses concurrents. Annoncée en grande pompe mercredi 11 octobre à Casablanca, la nouvelle entité hybride, baptisée Dar Al Amane, compte déjà quatre agences opérationnelles à Casablanca (Sidi Bernoussi et El Mechouar), Marrakech et Agadir qui ont pu attirer en un mois quelques centaines de clients.

Ce dispositif sera complété prochainement par l’ouverture de nouvelles agences à Rabat, Kénitra, Fès, Oujda, Tanger, Tétouan et Laâyoune. A l’horizon 2020, le management compte ouvrir une quarantaine d’agences pour couvrir tout le Royaume. En complément de son réseau d’agences, Dar Al Amane mettra à la disposition de sa clientèle une plateforme digitale ainsi qu’un centre de relation clients. «Le choix a été porté sur le lancement d’une nouvelle entité autonome rattachée directement au directoire au lieu d’un corner aménagé à l’intérieur des agences de la Société Générale.

Cette étanchéité permet à Dar Al Amane d’avoir toutes les chances de réussir et de ne pas la confondre avec les banques conventionnelles», tient à préciser Mohamed Tahri, directeur général de Société Générale Maroc et membre du directoire. Et d’ajouter: «En s’appuyant sur les expertises les plus pointues de Société Générale, Dar Al Amane a adopté les meilleures pratiques internationales en termes de fenêtre participative, pour mieux répondre aux attentes des Marocains, tout en respectant les orientations et exigences de Bank Al-Maghrib et du Conseil supérieur des oulémas».

Pour le moment, la fenêtre propose une offre de produits 100% conforme à la Charia, explique le management. Ouverture de comptes, octroi de moyens de paiements (chéquiers et cartes bancaires), banque à distance sont les seuls services proposés actuellement. «Nous voulons être un acteur présent et significatif sur le marché», explique Hounaida Boukhari, directrice générale de Dar Al Amane.

Concernant les produits de financement, Dar Al Amane n’a reçu que le contrat relatif à l’achat d’un bien immobilier (Mourabaha). Pour les contrats Ijara, équipement et auto, toutes les banques participatives créées attendent la finalisation par BAM et le CSO des contrats dédiés. Quant au financement de l’investissement et les sukuks, il faudra attendre encore.

«Nous sommes prêts pour lancer les nouveaux produits une fois les contrats autorisés. Nous sommes également en discussions avec la filiale de Société Générale à Dubaï pour tirer profit de leur expertise concernant la corporate banking», tient à préciser Mohamed Tahri.  Le retard entrepris par le développement de l’assurance halal (Takaful) nécessaire pour accompagner le processus d’octroi des solutions de financement pénalise également la filière. «Plusieurs actions ont été réalisées. Reste que les chantiers pour la mise en place d’un écosystème participatif ne sont pas encore terminés», souligne Wail Aaminou, DG du cabinet El Maali Consulting Group qui accompagne la banque dans cette mission, depuis 2013.

A l’instar des autres banques participatives, et conformément aux exigences réglementaires, Dar Al Amane est dotée d’une capitalisation de 200 millions de DH. Sa mise en place a nécessité, à ce jour, 100 millions de DH d’investissement.

PLF 2018: Demande de neutralité parfaite

Les banques participatives ont soumis, à travers le GPBM, leurs doléances à la Direction générale des impôts (DGI), en préparation de la loi de finances 2018. Un des points proposés est d’aligner les droits d’enregistrement d’un bien immobilier acheté par une personne morale sur ceux appliqués pour une personne physique (4% au lieu de 6%). Les banques demandent «une neutralité parfaite à la DGI sur plusieurs dossiers», dixit Hounaida Boukhari.

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