International

Catalogne: Les tensions ne faiblissent pas

Par Amine SAHRANE | Edition N°:5123 Le 10/10/2017 | Partager
Puigdemont menace toujours de déclarer l’indépendance de la Catalogne
Rajoy envisage la suspension de l’autonomie de la région
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L’issue du bras de fer entre Puigdemont (à gauche) et Rajoy est incertaine (Ph. AFP)

Les dirigeants catalans ne se sentent pas le moins du monde concernés par la Constitution espagnole. Leur chef, Carles Puigdemont, a exprimé dimanche soir, lors d’un entretien à la télévision publique, sa volonté d’aller jusqu’au bout de son entreprise. Il se dit prêt à déclarer l’indépendance de la Catalogne si Madrid refusait la médiation proposée.

L’exécutif espagnol commence quant à lui à envisager une toute autre approche: enlever son autonomie à la Catalogne. Cette alternative a été mise sur table par le chef du gouvernement du royaume, Mariano Rajoy, lors d’un entretien accordé au quotidien espagnol El Pais lors du même dimanche. Rajoy a fait allusion à l’article 155 de la Constitution qui permet de suspendre l’autonomie de la zone de turbulences. Une législation que les Catalans indépendantistes n’ont pas l’air de «reconnaître». À moins qu’ils ne se sentent pas concernés par une loi pour laquelle ils ont voté? La Catalogne est l’une des plus riches régions d’Espagne.

Un hub pour l’investissement étranger avec pas moins de 7.086 compagnies étrangères qui y sont basées, et 18% de l’emploi. Par conséquent, elle commence à se lasser de partager avec ses compatriotes. Une attitude que le reste de l’Espagne prend très mal. Sur fond de patriotisme et de nationalisme, le dossier catalan ravive une plaie partiellement refermée en Espagne. Celle d’un épisode douloureux et tragique, celui de la guerre civile et ses millions de morts.

Quelques hommes d’affaires semblent en tout cas pencher pour Madrid. En plus des banques catalanes Sabadell et CaixaBank, Eurona (télécoms) et Oryzon Genomics (biotechnologie) veulent délocaliser leurs sièges vers d’autres régions «plus stables» en Espagne. L’indépendance de la Catalogne pouvant en effet se traduire par une sortie de l’Union européenne selon la jurisprudence actuelle (cf. L’Economiste du 9 octobre 2017). Plusieurs organismes constatent également la présence d’un risque pour la région. L’agence de notation Standard & Poor’s a mis en garde quant à l’éventualité de dégradation de la note catalane si les tensions politiques continuent leur escalade.

 

 

 

 

 

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