Régions

Réussir le pari de la sécurité alimentaire

Par Jamal Eddine HERRADI | Edition N°:5121 Le 06/10/2017 | Partager
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Pour Mohamed Benchaib, il était devenu impératif que la filière des céréalicultures et des légumineuses dispose d’un salon professionnel qui lui soit exclusivement dédié (Ph. Privée).

Mohamed Benchaib est le président de l’Association du Salon international des céréales et légumineuses. Lui-même céréaliculteur, il milite en faveur du développement de la filière dans l’objectif d’assurer et de garantir la sécurité alimentaire du Maroc.

- L’Economiste: Un salon dédié à la céréaliculture et aux légumineuses, on est tenté de se demander pourquoi?
- Mohamed Benchaib:
D’abord, je tiens à rappeler que presque toutes les filières agricoles nationales disposent d’un salon annuel qui leur permet de mieux faire connaître leurs productions et aussi d’échanger entre les professionnels expériences et savoir-faire. Sauf la filière céréaliculture et légumineuses alors que 70% des terres agricoles lui sont consacrées.
Ensuite, nous avons constaté que cette filière connaît actuellement de nombreuses contraintes qui en ralentissent le développement escompté. On en cite, à titre d’exemple, la faiblesse des connaissances techniques chez la majorité des agriculteurs, surtout chez les petits et moyens fellahs qui représentent, il faut le dire, 90% de l’ensemble. Ajouté à cela, le faible recours aux intrants agricoles (semences sélectionnées, engrais, herbicides, pesticides…) et surtout leur mauvaise utilisation. Sans oublier l’ensemencement tardif et le non-respect du cycle de culture.
Ce n’est un secret pour personne, le taux d’utilisation rationnelle des moyens de production est encore en-deçà des besoins. Il faut savoir que l’utilisation des semences sélectionnées ne dépasse guère 20% au niveau national, que celle des herbicides est à peine de 10%... C’est ce qui ne manque pas d’avoir des effets négatifs sur la production même en cas d’une bonne pluviométrie.
Mais, il n’y a pas que cela et l’on ne peut que constater amèrement la faiblesse des organisations professionnelles et des coopératives, les nombreuses irrégularités des opérations de commercialisation, le peu de valorisation… Et cela se traduit inéluctablement tant sur le rendement financier que sur la productivité économique de toute cette filière.
C’est dans cette optique que l’Association du Salon international des céréales et légumineuses organise cette première édition du Salon national professionnel des céréales et légumineuses. Une date qui coïncide, d’ailleurs, avec le début de la campagne agricole 2017-2018.

- Quelle sera la valeur ajoutée de ce salon?
- Nous espérons, à notre manière, participer à la réalisation des objectifs du plan Maroc Vert. Et cela, en donnant une forte impulsion au développement de la filière des céréales et des légumineuses et en mettant en exergue l’important rôle qu’elle joue dans l’épanouissement de l’économie nationale. Et aussi veiller à assurer la sécurité alimentaire de tout le pays. Sans oublier, bien sûr, l’amélioration des conditions de vie et de revenus des petits et moyens fellahs.

- Pourquoi avoir choisi Berrechid pour l’organisation de ce salon?
- Tout simplement parce que la province compte une superficie agricole de près de 252.000 hectares dont 161.246 hectares de superficie agricole utile. Pas moins de 62% de cette dernière sont consacrés à la céréaliculture. En outre, la province contribue à hauteur de 20% à la production régionale des céréales. Elle produit aussi 12% des légumineuses, 15% des cultures maraîchères, 10% de la production laitière et 14% de la production des viandes rouges. En plus de ces paramètres, cette province relève de la zone Chaouia connue historiquement comme étant le «grenier du Maroc». Elle jouit également de conditions climatiques appropriées et de vastes terres agricoles propices à la culture des céréales et des légumineuses.

Propos recueillis par Jamal Eddine HERRADI

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