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Le Nobel de chimie pour la cryo-microscopie électronique

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5120 Le 05/10/2017 | Partager
Il revient à un Suisse, un Américain et un Britannique

Le prix Nobel de chimie a récompensé mercredi 4 octobre trois biophysiciens pour la cryo-microscopie électronique (cryo-ME). Elle permet d’observer des molécules sans les altérer et en 3D, une percée technologique qui a notamment fait ses preuves dans le décryptage du virus Zika et la maladie d’Alzheimer.

Le Suisse Jacques Dubochet, 75 ans, l’Américain Joachim Frank, 77 ans, et le Britannique Richard Henderson, 72 ans, ont été récompensés pour avoir mis au point cette méthode révolutionnaire. «Le prix cette année récompense une méthode rafraîchissante d’imagerie des molécules de la vie», a annoncé Göran Hansson, le secrétaire-général de l’Académie royale des sciences qui décerne le prix. Grâce à ce procédé, «les chercheurs peuvent désormais produire (...) des structures tridimensionnelles de biomolécules», a justifié le jury Nobel.

La cryo-microscopie électronique permet d’étudier des échantillons biologiques (virus, protéines, enzymes) sans attenter à leurs propriétés, comme cela se produit avec des colorants ou les faisceaux d’électrons dégagés par les rayons X. En microscopie électronique conventionnelle, les échantillons (la plupart du temps constitués d’une grande quantité d’eau) doivent en effet être déshydratés, et donc altérés.

De façon à obtenir la meilleure image possible, il est par ailleurs fréquent d’utiliser des colorants ou des sels qui là encore perturbent l’observation. Salmonelle, protéines résistantes aux antibiotiques, molécules qui régissent les rythmes circadiens sont autant d’exemples de biomolécules aujourd’hui imagées grâce à la cryo-ME.

En 1990, Henderson a le premier produit une image en 3D en résolution atomique d’une protéine. Joachim Frank, a ensuite perfectionné cette technique et l’a rendue plus facile à utiliser. En mars 2016, une étude publiée dans la revue Science dévoile la structure du virus Zika, permise grâce à la cryo-ME.
En 2016, le prix était allé au Français Jean-Pierre Sauvage, au Britannique Fraser Stoddart et au Néerlandais Bernard Feringa, pères des minuscules «machines moléculaires» préfigurant les nanorobots du futur. Cette année, chaque prix est doté de neuf millions de couronnes suédoises (environ 943.000 euros) que se partagent les lauréats.

 

 

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