Economie

La Berd rapproche l'Afrique des investisseurs marocains

Par Ali ABJIOU | Edition N°:5118 Le 03/10/2017 | Partager
La Banque européenne offre son appui pour aider les opérateurs à investir en Afrique
La régionalisation avancée, un moteur de croissance pourvoyeur d'opportunités
1,3 milliard d’euros déjà investis dans 35 projets
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Pour Alain Pilloux, vice-président de la Berd, l'objectif est d’augmenter l'activité au Maroc. «Chaque euro investi en mobilise 3 ou 4 supplémentaires», précise, à cet effet, le responsable (Ph. Berd)

«Boots on the ground», comme l’exprime en anglais Alain Pilloux, vice-président de la Berd, résume la politique de cette institution européenne qui se base sur la proximité avec les populations et leurs préoccupations. A l’occasion de l’inauguration de son bureau régional à Tanger, Pilloux revient sur les grandes lignes de la politique de la Berd et ses ambitions au Maroc, un pays sur lequel la Banque est très active avec 1,3 milliard d’euros (un peu plus de 14 milliards de DH) lors des cinq dernières années.
- L’Economiste: La Berd installe une représentation à Tanger. Qu'est-ce qui motive un tel choix?
- Alain Pilloux:
L’ouverture d’un bureau à Tanger pour couvrir les régions de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma mais aussi de l’Oriental, illustre la volonté de la Banque européenne de reconstruction et développement de contribuer à l'essor des régions et à la réduction des disparités régionales. C’est la première fois qu’une institution internationale ouvre un bureau régional au Maroc en dehors de Rabat et Casablanca. Ceci est tout à fait dans le mode opératoire de la Berd qui est une organisation très proche du terrain.
- Quelle est votre impression concernant la politique de régionalisation avancée entamée par le Maroc?
- Le Maroc va dans la bonne direction en matière de régionalisation. Depuis qu’elle a été créée il y a 25 ans, la Berd a développé une grande activité avec les régions et les municipalités des pays où nous travaillons. C’est un moyen de financer des équipements et des activités qui sont très proches des gens et très utiles dans la vie quotidienne, comme les transports urbains ou la distribution d’eau potable, comme les stations de traitement des eaux usées et de traitement des déchets ou comme en Europe de l’Est, le chauffage urbain.
Cette politique de régionalisation au Maroc va nous permettre, aussi rapidement que possible, je l’espère, d’entrer en contact avec de nouvelles entités, des emprunteurs, de manière à accélérer l’investissement dans ces équipements. Par conséquent nous allons soutenir ce mouvement aussi fortement que nous le pouvons.
 - La coopération de la Banque avec le Maroc semble avoir atteint un bon régime...
- Lors des cinq dernières années (La Berd a démarré sa coopération avec le Maroc en 2012) nous avons investi dans ce pays 1,3 milliard d’euros dans 35 projets. Le résultat va au-delà car l’effet est très important: chaque euro investi en mobilise trois ou quatre supplémentaires.
Nous voulons faire davantage, pour les PME, pour les régions et pour la transition écologique du Maroc, domaine dans lequel nous sommes très présents et aussi davantage d’efforts pour l’expansion des entreprises marocaines sur le continent africain, car il y a un mouvement qui est maintenant bien engagé et qu’il convient de soutenir au Maroc.
- Justement, quelle est votre offre pour les PME marocaines et celles de la région?
- De manière simple, nous pouvons prêter de l’argent ou investir dans le capital de toute entreprise marocaine qui désire bâtir une usine ou créer de l’activité dans un des pays d’Afrique. Nous n’avons pas de contrainte qui nous empêche de le faire et j’appelle les entreprises marocaines à entrer en contact avec nous pour cela. Ce seront des financements directs surtout pour des entreprises d’une certaine taille.
 - La Berd est résolument tournée vers l’économie verte. Comment le Maroc qui a placé ce secteur en priorité peut en profiter?
- Du côté de la Berd, nous avons l'intention d’ici 2020 de consacrer 40% de nos financements (soit environ 4 milliards d’euros) à la transition écologique. Le point de contact avec le Maroc est très évident. Nous sommes très actifs dans le domaine des énergies renouvelables. Dans la région de Tanger nous sommes partenaires dans le projet de la ferme éolienne Khalladi et nous comptons faire davantage, puisque de nombreux investisseurs ont reçu des autorisations de manière à développer des énergies renouvelables dans le pays.
Nous comptons travailler davantage avec Masen, dans la production d’énergies renouvelables mais également avec l’ONEE pour leur transport en augmentant la capacité du réseau électrique. En plus des projets d’adaptation climatique comme celui que nous discutons actuellement avec l’Agence nationale des ports pour rénover les digues des principaux ports marocains et les adapter à la montée des eaux. Le domaine d’intervention et de coopération est très vaste comme on peut le constater.
 -Vous avez rencontré des membres du gouvernement et des opérateurs, quel a été leur message?
- Leur message est extrêmement positif: voir la Berd étendre davantage ses activités au Maroc. Evidemment, c’est ce que nous souhaitons faire. Avec les acteurs privés, nos clients de tous les jours, banques, entreprises des secteurs de l’énergie ou autre, il y a une forte attente vis-à-vis du Maroc et une attente que nous voulons satisfaire.
 - D’autres projets d’implantation sont-ils prévus au Maroc?
- Pas pour l’instant. Nous voulons d’abord consolider le bureau de Tanger. Depuis quelques années, la Berd a pris une orientation méditerranéenne: Turquie, Maroc, Egypte, Tunisie etc.  Et tout récemment, la Palestine et le Liban sont devenus des territoires d’intervention de la Berd. Nous continuons notre expansion sur le pourtour de la Méditerranée.

La Berd en chiffres

La Banque européenne pour la reconstruction et le développement est une institution financière dont le conseil d’administration comprend 68 membres dont les pays de l’Union européenne, les membres du G7 ainsi que les pays dans lesquels intervient l’institution. Le montant des crédits alloués dépasse les 10 milliards d’euros par an, (110 milliards de DH) dont 1,3 milliard d’euros pour le Maroc lors des cinq dernières années.

Propos recueillis par Ali ABJIOU

 

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