Politique

Elections pugilat à l'Istiqlal

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5117 Le 02/10/2017 | Partager
Le congrès a démarré avec une bagarre à coups d'assiettes et de chaises
A l'heure où nous mettions sous presse, Baraka était donné favori
Des négociations pour une sortie honorable de Chabat?
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L'élection du nouveau patron de l'Istiqlal a démarré hier en fin de matinée. Nizar Baraka était donné favori face à Hamid Chabat, qui s'est accroché à ses chances jusqu'au bout. Cette image consensuelle des deux candidats est trompeuse. Vendredi, le congrès a démarré par des bagarres à coups de chaises et d'assiettes (Ph. Bziouat)

Les travaux du 17e Congrès national de l'Istiqlal ont maintenu le suspense jusqu'à la dernière minute. Les deux candidats au secrétariat général du parti se sont livrés une bataille musclée. Même si ses chances semblent être réduites de rempiler à la tête du PI, Hamid Chabat n'a pas abandonné la course. Lors du 2e jour du congrès, la mobilisation se poursuivait dans les deux camps.

Prévue d'abord samedi dans la soirée, l'élection du nouveau patron de l'Istiqlal a démarré, hier dimanche, en fin de matinée. Les résultats devaient être annoncés dans la soirée. A l'heure où nous mettions sous presse, tous les indices donnaient Nizar Baraka favori dans cette course au secrétariat général. Une grande partie des membres du Conseil national appuient sa candidature, selon des congressistes.

La confrontation entre les soutiens des deux candidats s'est transformée en véritable combat dans la soirée du vendredi. Lors du dîner officiel, l'arrivée de Hamid Chabat entouré d'un groupe de congressistes a suscité la protestation de ceux acquis à Baraka. Le fameux slogan «Dégage», a été scandé face au SG sortant. La situation a rapidement dégénéré, avec jet d'assiettes et de chaises. Il a fallu l'intervention de certains leaders du parti pour calmer les esprits. Le lendemain, samedi, Chabat et Baraka ont tenu une réunion pour désamorcer la crise.

Chabat évite l'auto-critique

Pour certains istiqlaliens, cette confrontation est un signe de l'effectivité de la démocratie interne. Une position qui fait écho aux déclarations de Chabat, dans son discours à l'ouverture de ce congrès. Il a mis l'accent sur l'importance de la démocratie interne au sein des partis politiques. Au moment où Nizar Baraka se positionne en rupture du mandat de son concurrent, Chabat a défendu ses choix précédents, dont la sortie du gouvernement Benkirane.

Ce dernier était l'un des «guest-stars» du Congrès de l'Istiqlal. Durant sa présentation du rapport moral, le SG sortant de l'Istiqlal a évité de faire l'auto-critique de son mandat. Plusieurs congressistes istiqlaliens ont pointé l'absence d'une véritable évaluation des performances de l'équipe sortante. Pour eux, l'intervention de Chabat n'a pas mis l'accent sur les raisons ayant suscité des tensions et des divisions internes.

Certains congressistes ont déploré «l'absence d'une véritable évaluation des dysfonctionnements ayant marqué la gestion du parti». La consécration de l'unité du PI et la réhabilitation du rôle des cadres istiqlaliens sont des priorités, selon des congressistes. Ces sujets figurent également en tête des promesses des deux candidats. Baraka avait promis, lors de la présentation de son programme, de rétablir l'identité de l'Istiqlal et de favoriser la réconciliation des istiqlaliens.

La fin des leaders populistes?

Hamid Chabat s'est accroché à ses chances jusqu'au bout. Le patron sortant de l'Istiqlal a marqué la scène politique par ses sorties tonitruantes. Ses attaques contre ses adversaires politiques ont renforcé son image de leader populiste. Une caractéristique qu'il partage avec Benkirane. Après un long bras de fer, rythmé par des déclarations hostiles, les deux hommes politiques semblent plus proches depuis quelques semaines. En face, Nizar Baraka veut en finir avec cette logique du show. Il a insisté sur l'importance de rétablir la confiance des citoyens, en apportant des réponses concrètes à leurs attentes.

Invités

Outre Abdelilah Benkirane, ex-chef du gouvernement, le Congrès de l'Istiqlal a connu la présence de plusieurs invités, dont Nabil Benabdallah, patron du PPS, Habib Belkouch, SG par intérim du PAM, ou encore Said Ameskane, membre dirigeant du MP.

 

 

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