Régions

Doukkala entame sa campagne de betterave

Par Jamal Eddine HERRADI | Edition N°:5117 Le 02/10/2017 | Partager
La superficie dédiée réduite à 15.000 ha
Arrêt du semis le 30 octobre
Le goutte-à-goutte prend de l’ampleur
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La campagne betteravière pour la saison 2017-2018 bat son plein dans les Doukkala. Le planning établi par la Direction régionale de l’agriculture de Casablanca-Settat (DRA) est respecté à la lettre, est-il assuré. Ainsi, le programme de pré-irrigation a été lancé à partir du 10 août. Quant à la distribution des intrants, elle a commencé un mois après, soit le 10 septembre. L’irrigation du semi a été entamée cinq jours après (à partir du 15 septembre). L’arrêt du semi doit intervenir le 30 octobre.

Pour cette campagne, il a été décidé de réduire à 15.000 hectares la superficie réservée à la culture de la betterave. Superficie qui était de l’ordre de 17.800 hectares pour la campagne agricole 2016/2017. Soit donc une réduction de 2.800 hectares. Auprès de la DRA de Casablanca-Settat, il est expliqué que cette diminution a été rendue nécessaire par le fait que la capacité actuelle de l’usine de traitement de la betterave est de seulement 14.500 tonnes par jour. Or, le rendement de la betterave a enregistré une production de 86 tonnes par hectare. C’est donc beaucoup plus que la capacité de traitement de l’usine.

En tout état de cause, pour la campagne 2017-2018, il a été proposé de procéder au semi précoce aussi dans les premières zones du gravitaire pour assurer la soudure entre l’aspersif et le gravitaire. Par conséquent, un bon tonnage au début de l’opération d’arrachage. Toutefois, pour réaliser cette opération, le tour d’eau au gravitaire doit être réduit, indiquent les experts.

Par ailleurs, dans l’objectif de réussir la réduction de la superficie, il a été décidé de prendre en considération certains paramètres dont le respect de la décade de distribution en laissant les deux ou trois derniers jours pour les nouveaux betteraviers. S’ajoute le respect de l’assolement et l’élimination des  betteraviers non performants (qui produisent moins de 40 t/ha).

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En d’autres termes, c’est une campagne au moins aussi performante que celle de 2016-2017 que l’on cherche à réaliser. En effet, la production a atteint 1,58 million de tonnes de betterave à sucre. Et cela sur une superficie de 17.800 ha contre 1,7 million de tonnes sur une superficie encore plus grande (19.974 ha) au titre de la campagne agricole 2015-2016. Ce qui représente un rendement de l’ordre de 89 t/ha contre 86 t/ha la campagne précédente, soit une augmentation en production d’environ 3 t/ha. La richesse moyenne en sucre, qui a avoisiné parfois 18%, a permis une production d’environ 200.000 de sucre blanc.

Certes, la campagne betteravière 2016-2017 a été marquée par des conditions climatiques favorables avec une pluviométrie bien répartie. Quelque 244 mm ont, en effet, été enregistrés dans la région, soit 11% de mieux par rapport à la campagne précédente. Toutefois, l’irrigation de la culture s’est basée essentiellement sur l’eau d’irrigation avec une dotation totale du périmètre irrigué de 690 millions de m3.

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Ajouté à cela le bon encadrement technique dans le cadre du projet d’agrégation de 14.800 producteurs de la betterave à sucre autour de la sucrerie de Sidi Bennour dans le cadre du plan Maroc Vert. C’est ce qui a permis de semer mécaniquement la totalité de la superficie (17.800 ha) en betterave 100% mono-germe. En outre, l’opération de semi s’était caractérisée par une forte précocité durant cette campagne.

En effet, 80% de la superficie ont été semés entre le 1er septembre et fin octobre 2016. Sans oublier de rappeler que l’entretien de la culture et la protection phytosanitaire se sont passés dans de bonnes conditions. Cela grâce à l’accès, rendu facile, aux parcelles de betterave d’une part, et à la disponibilité des produits de traitement. Et aussi à la surveillance phytosanitaire préventive qui a permis une lutte contre les maladies et les ravageurs au moment opportun durant tout le cycle de culture.
Autre performance: l’arrachage mécanique a concerné 14.570 ha, soit 81% de la superficie récoltée contre 8.800 ha la campagne précédente (44%).

Côté économie de l’eau, le goutte-à-goutte a commencé à prendre de l’ampleur. Ainsi, la superficie conduite en irrigation localisée a atteint 2.000 ha, soit 11% de la superficie totale réalisée contre 1.370 ha la campagne précédente (6%).

Rentabilité

La valeur moyenne de la production a été de l’ordre de 46.723 DH/ha dont 38.723 DH/ha pour la production principale et 8.000 DH/ha pour la production secondaire (feuilles et plus-value de la pulpe sèche).
Quant aux charges variables moyennes pour la production d’un hectare de betteraves, elles ont été, lors de la campagne 2016-2017, de l’ordre de 20.100 DH. Ce sont les intrants (coût des engrais et de l’eau d’irrigation) qui ont englouti le plus gros de ces charges (11.500 DH/ha, soit 67%). Quant à la main-d’œuvre, elle a coûté 6.500 DH/ha (soit 24%), alors que les travaux mécaniques ont nécessité 2.100 DH/ha (soit 9%).
Aussi, la marge brute moyenne dégagée a atteint 28.123 DH/ha et la valorisation de l’eau d’irrigation a été de 4,31 DH/m3 pour une consommation moyenne de 6.500 m3/ha.

                                                         

Phytosanitaires et engrais

L’acquisition des engrais et des pesticides nécessaires à la culture de la betterave pour la campagne 2017-2018  a fait, conformément à la réglementation en vigueur, l’objet d’appel d’offres. L’ouverture des plis a eu lieu le 10 juillet à la sucrerie de Sidi Bennour.  Ainsi, les offres en produits phytosanitaires ont été exprimées pour une superficie de 15.000 ha et réparties en cinq lots: insecticides du sol, insecticides foliaires, fongicides, herbicides et insecticides.
Idem pour les engrais. Les offres ont concerné une superficie de 15.000 ha, soit 5 quintaux par hectare pour l’engrais de fond et 2 quintaux par hectare pour l’engrais de couverture.
L’acquisition des engrais solubles pour les champs de betterave irrigués par le procédé du goutte-à-goutte a été également décidée. La commission de fertilisation a ainsi élaboré, dès le 2 août dernier, un plan de fumure de la betterave à sucre conduite en irrigation localisée pour la campagne 2017-2018.
Un plan qui prévoit d’introduire progressivement la fertigation dans la conduite technique chez les betteraviers utilisant le système du goutte-à-goutte. D’ailleurs, quatre journées de sensibilisation sur la fertigation ont été organisées en septembre au profit des bénéficiaires. En outre, un dépliant sur la technique de fertigation sera élaboré à leur intention en tenant compte de la nature des équipements dont ils disposent. Les agriculteurs seront également approvisionnés en engrais simples pour une superficie de 600 hectares. Il s’agit de 3.000 quintaux d’amonitrate et de 2.400 quintaux de sulfate de potasse.

 

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