Société

Women in Africa: Son «homme de l’année» dévoilé

Par Stéphanie JACOB | Edition N°:5116 Le 29/09/2017 | Partager
Appelé, avec humour, la «perle rare»
Élu pour son rôle de pivot du changement dans l'égalité entre les genres
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Dr Patrick Awuah, fondateur et président d’Ashesi University, a été désigné «homme africain de l’année» pour ses engagements en faveur de l'égalité entre les genres (Ph. WIA)

And the winner is… Patrick Awuah. Le Women in Africa a souhaité clôturer son premier rendez-vous annuel en remettant le «prix de l’homme africain de l’année», conçu en partenariat avec le cabinet Déclic. Car les mettre à l’honneur, dans ce sommet de femmes, c’est encourager la société tout entière.

Ces messieurs, encore trop d’exception, elles les appellent les «perles rares» ou «he for she», nom donné à la campagne menée par l’ONU Femmes visant à mobiliser les hommes et les garçons pour qu'ils s'engagent activement et pratiquement pour l'égalité entre les genres. Afin d’éviter l’effet d’annonce, les critères de sélection ont été particulièrement exigeants.

Il fallait logiquement qu’il soit africain, que son action pour la parité et l’égalité soit marquée par au moins 30% de participation féminine dans son organisation, et qu’il soit influent au-delà de son secteur d’activité avec notamment des actions de sensibilisation à la cause des femmes ou des initiatives de soutien aux acteurs influents sur le sujet.

A l’issue d’une recherche pointue, 10 profils ont émergé avant d’être soumis à un jury composé de la journaliste Estelle Youssoufa, de l’administratrice d’entreprises Evelyne Tall, de Yacine Diama Fal de la Banque africaine de développement, d’Abdou Diop de Mazars, de Fred Swaniker de l’African Leadership Academy et d’Arnaud Liguer-Laubhouet du groupe Edmond de Rothschild.

N’ayant pu se rendre à la cérémonie à Marrakech, rentrée universitaire oblige, ce prix va bientôt s’envoler pour le Ghana afin d’être remis au Dr Patrick Awuah, fondateur et président d’Ashesi University. Cet établissement, fondé en 2002, vise à renforcer les capacités des jeunes Ghanéens et Africains et les aider à multiplier leurs chances d’accéder à des postes de gouvernance dans leurs pays. L’université a atteint la parité homme-femme sur son campus avec près de 48% d’étudiantes, 15 ans seulement après sa création.

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La fondatrice du WIA, Aude de Thuin, et Radia Cheikh Lahlou, DG du cabinet Déclic, ont organisé le «prix de l’homme africain de l’année», qui va bientôt s’envoler pour le Ghana afin d’être remis au lauréat (Ph. Mokhtari)

Par ailleurs, elle propose un programme d’ingénierie inclusif, ayant pour objectif d’augmenter la proportion de femmes dans les domaines des sciences et nouvelles technologies et de faciliter leur accès à des positions de leadership en Afrique. Afin de susciter l'intérêt du plus grand nombre de jeunes filles vers cette filière, le Dr Awuah a privilégié une approche pragmatique, fondée sur l’application des concepts techniques conventionnels à la résolution des défis socioéconomiques du continent.

Ce cursus compte près de 40% de femmes en première année et 33% en deuxième année. Citons également les 5 autres finalistes à ce prix, qui auraient eux aussi, aux dires des organisatrices, mérité la première place. Il s’agit des deux Egyptiens, Medhat Khalil, CEO de Raya Holding, et Helmy Abouleish de Sekem, qui vise une égalité parfaite de genre entre tous les employés du groupe, mais aussi le Kenyan Bob Collymore, CEO de Safaricom, et le Rwandais Tongai Maramba à la tête de programmes de distribution sur internet.org.

Les membres du WIA sont convaincus que pour créer une société qui assure une représentation égale des hommes et des femmes en matière de leadership et de gouvernance, il n’est pas question d’exclure les hommes de la conversation. Puisqu’ils détiennent plus de 90% du pouvoir, travailler main dans la main est devenu un impératif.

 

 

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