International

Siemens-Alstom: Une fusion qui reconfigure l’industrie ferroviaire

Par Amine SAHRANE | Edition N°:5116 Le 29/09/2017 | Partager
Les deux géants se regroupent pour contrer la concurrence chinoise
L’Allemagne majoritaire, les syndicats inquiets, Le Maire rassure

Les deux industriels regroupent leur activité ferroviaire. La nouvelle entité prendra le nom de Siemens-Alstom et sera contrôlée par l’allemand Siemens. Elle aura pour vocation de contrer le géant chinois CRRC. La direction du groupe reste cependant dans les mains du Français Henri Poupar-Lafarge, PDG d’Alstom. Pour rappel, le groupe français a été chargé de l’installation au Maroc de la ligne grande vitesse (LGV) à travers sa filiale marocaine: Alstom Maroc (cf. L’Economiste du 20/07/2016).

Un carnet de commandes de 61,2 milliards d’euros, un chiffre d’affaires de 15,3 milliards d’euros, un résultat d’exploitation ajusté de 1,2 milliard d’euros et une marge d’exploitation de 8%, tels sont les chiffres annoncés pour le nouvel opérateur franco-allemand. Siemens-Alstom «devrait produire des synergies annuelles de 470 millions d’euros au plus tard quatre ans après la réalisation de l’opération», précise Alstom dans son communiqué. Au total, la nouvelle entité regroupera 62.300 salariés dans plus de 60 pays.

De leur côté, les syndicats français ont exprimé leur inquiétude pour l’emploi à moyen terme. Ces craintes ont cependant été jugées comme non fondées par le gouvernement, le ministre français de l’Economie Bruno Le Maire ayant assuré avoir obtenu des «garanties solides». Le groupe allemand s’engage en effet au maintien de l’emploi et des sites industriels pour une durée de quatre ans et à la cotation du groupe à Paris.

Le siège social sera maintenu en France et sa direction restera entre les mains d'un PDG français. Ces engagements vont être respectés selon le ministère français de l’Economie. Ce dernier affirme avoir les «moyens d’exercer la pression nécessaire» sur le groupe allemand pour qu’il tienne ses promesses après l’opération de fusion.

Passé la durée de quatre ans, Siemens n’aura plus d’obligation pour garder les emplois français ni les sites industriels. Les craintes des syndicats ne sont donc pas totalement sans fondement. De son côté, le PDG d’Alstom-Siemens a affirmé à Radio Classique que ce rapprochement permettra de créer des emplois. Il n’a toutefois pas écarté le risque qu’un jour l’opérateur allemand puisse se désintéresser du secteur ferroviaire et cède Alstom à terme. Il pense néanmoins que le nouvel actionnaire confère une grande visibilité au groupe.

Autre motif de critique, l’absence de l’Etat français du capital et du conseil d’administration de la nouvelle entité. L’Etat détenait avant la fusion une part de 20% dans le capital d’Alstom via des actions prêtées par le groupe Bouygues. Le Maire a toutefois indiqué que l’exécutif garde un pouvoir d’intervention, notamment via la commande publique. L’Etat est «un client majeur de Siemens-Alstom», a souligné Le Maire. La France garde également «des administrateurs indépendants qui auront un droit de veto sur toutes les décisions stratégiques pendant une durée de quatre ans».

 

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