Culture

Exposition: Les volutes végétales de Yamou

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5115 Le 28/09/2017 | Partager
L’artiste force la frontière entre abstraction et figuration
Une ode au monde organique et végétal
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 «Les amants verts». Tantôt feuillues, tantôt nues, les plantes confèrent une force tranquille aux tableaux de Yamou et évoluent comme en apesanteur dans son univers pictural (Ph. L’Atelier 21)

Entre abstraction et nouvelle figuration, minéral et végétal, spontanéité et technique ultra maîtrisée… les somptueuses toiles de Yamou ornent de nouveau les cimaises de la galerie L’Atelier 21. Une foule, très chic, d’amateurs avertis, d’artistes amis, d’esthètes attentionnés et de curieux se pressait, mardi 26 septembre, dans la galerie casablancaise pour le vernissage de l’exposition-évènement. Il faut dire que l’artiste est l’un des plus «bancables» de la place.

Après avoir suivi une formation dans un atelier de dessin à l’université Toulouse-Le-Mirail, avant l’obtention d’un DEA en sociologie à la Sorbonne Paris IV,  Yamou  réalise sa première exposition individuelle en 1990 à la galerie Etienne Dinet à Paris. Depuis cette date-là, il a exposé dans plusieurs galeries au Maroc et à l’étranger et ses œuvres font partie de plusieurs prestigieuses collections dans le monde. Dans ses peintures récentes, l’artiste reste fidèle au monde organique. La comparaison s’arrête là, car  c’est cette capacité exceptionnelle à se renouveler, qui n’a d’égal que la constance de sa créativité, qui caractérise le travail de Yamou qui s’avance de plus en plus sur cette fine frontière entre l’abstrait et la figuration.

Pour figurer la vie des plantes, l’artiste représente, dans son nouveau travail, des entrelacs de lianes, de tiges, des germinations, frondaisons, pistils, graines, corolles et fruits, pour enfin remonter à la graine. Tantôt feuillues, tantôt nues, les plantes confèrent une force tranquille aux tableaux de Yamou et évoluent comme en apesanteur dans son univers pictural.

Loin de la somptuosité des textures et de la sensualité des traits auxquelles nous ont habitué les abstractions lyriques qui prédominent chez nous, les toiles de Yamou que l’on pourrait qualifier hâtivement de japonisante offrent au regard étonné un monde fait de rigueur quasi scientifique et d’économie de matière, non dénuée de poésie. «A l’origine, il y a une sculpture en bois recouverte de terre qui garnit actuellement le laboratoire-atelier de Yamou, couronnée d’un Adam fétiche et d’une Eve africaine», nous apprend la critique d’art, Marie Moignard, dans le texte accompagnant l’exposition.

«On peut aussi en trouver la trace dans certaines œuvres, où un réseau de branchages se perd en spirales irrégulières et infinies. Ces circonvolutions ne semblent venir de rien et n’aller nulle part. Pourtant, elles transportent une histoire», explique-t-elle. Une histoire qui se raconte sur un rythme lent, presque hypnotique. Ses toiles, exposées les unes à côté des autres dans une savante scénographie, se mettent à se ressembler, sans jamais être les mêmes. Une parfaite variation sur un thème. A voir jusqu’au 4 novembre à la galerie L’Atelier 21 à Casablanca.

 

 

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