Culture

Nour-Eddine Lakhmari : «Nous voulons montrer un Maroc qui nous parle»

Par Aïda BOUAZZA | Edition N°:5115 Le 28/09/2017 | Partager
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Nour-Eddine Lakhmari: «BurnOut diffère de mes deux premiers films sur Casablanca car il est porteur d’espoir»
(Ph. L'Economiste)

Nour-Eddine Lakhmari qui a fait ses armes dans le 7e art en Norvège est l’un des enfants prodige du cinéma marocain. Une fois n’est pas coutume, à travers ce dernier opus le cinéaste fera encore parler de lui…  

- L’Economiste: Vous vous êtes intéressé à beaucoup de sujets sensibles notamment la prostitution, la pédophilie, l’avortement… L’objectif est-il de provoquer le public?
- Nour-Eddine Lakhmari:
Personnellement, non. L’histoire se veut une espèce de chronique dans cette ville autour des différents personnages. Nous avons 3 histoires en parallèle et je voulais simplement parler du Maroc que je connais. L’avortement, la drogue, la femme… sont des problèmes dans notre société. Nous pouvons masquer ces sujets mais il vaut mieux en parler. Ce film est la fin de la trilogie. Il y a eu CasaNegra et Zéro, BurnOut diffère des deux premiers car il est porteur d’espoir et pour la première fois l’image de la mère est présente dans mon histoire.

- Après cette trilogie sur Casablanca, quels sont vos projets?
- J’ai beaucoup d’idées et maintenant je passe à autre chose. J’ai réalisé ma trilogie sur Casablanca, j’en étais obsédé. Je ne sais pas si ce sera moins sombre car ma touche sera toujours présente. Mais ce que je peux dire, c’est que ce sera plutôt dans l’esprit de mes films norvégiens pour ceux qui les connaissent. Je dirais moins urbains et plus psychologiques.

- Quel est le budget du film et comment a-t-il été financé?
- Le budget est de 10 millions de DH. Le film a été coproduit par Icflix, la plateforme digitale,  des coproducteurs norvégiens ainsi que des coproducteurs italiens. Si l’on veut réaliser un film marocain à la hauteur de nos ambitions, nous ne pouvons pas uniquement compter sur les financements du Centre cinématographique marocain (CCM). Le problème que nous avions rencontré était que chaque producteur européen a ses règles. Ils sont intéressés par des films exotiques où ils verront le Maroc qui leur plaît. Nous résistons à cela et voulons montrer un Maroc qui nous parle. Lorsque je suis parti chercher les financements, il m’a été demandé «Où se trouve le Maroc dans ce film». Ils veulent voir la femme voilée ou l’islamiste. En résumé, ils veulent voir l’image qu’ils se sont faite à travers leurs préjugés et stéréotypes.

Propos recueillis par Aïda BOUAZZA

 

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