Analyse

Chantiers prioritaires de la BAD: 12 milliards de dollars pour l'énergie renouvelable

Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:5114 Le 27/09/2017 | Partager
Electrification, industrialisation, intégration, alimentation, le challenge pour l'Afrique
Défi climatique, l'autre préoccupation
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Pour Mohamed El Azizi, DG Afrique du Nord de la BAD, «le continent a toujours figuré parmi les priorités du Maroc». Il rappelle à ce titre que 85 % des investissements directs étrangers marocains s'y concentrent (Ph. BAD)

- L’Economiste: Quelle appréciation faites-vous de la coopération entre le Maroc et la BAD?
- Mohamed El Azizi:
Il s’agit de relations excellentes et ce, pour plusieurs raisons. D'abord à travers leur histoire, avec près de 50 ans de coopération. Et également par leur envergure avec plus de 10 milliards de dollars de financements portant sur des projets structurants créateurs d’emplois dans différents secteurs stratégiques.

- Quels sont les projets que vous accompagnez dans le Royaume?
- En matière d’adaptation climatique, nous avons financé le Projet d’appui au programme national d’économie d’eau et d’irrigation qui a permis de réduire de 30% le volume d’eau consommé par l’agriculture marocaine.  Pour ce qui est de l’atténuation des effets du changement climatique, nous encourageons l’utilisation des énergies renouvelables. Le projet Noor en est le parfait exemple.Ainsi, nous allons mettre en place une politique de tarification différenciée. Il s’agira d’apporter des financements à des conditions avantageuses aux pays qui lancent ce type de projets. La BAD sera ainsi la première et la seule banque de développement à le faire. Cela nous permettra d’appuyer les pays africains dans la production d’une énergie propre, fiable et à moindre coût.

- Après son retour à l’Union africaine, le Maroc a entamé les démarches pour intégrer la Cedeao. Qu'en pensez-vous?
- Nous nous félicitons de la réintégration du Royaume au sein de l’Union africaine et de sa volonté d’adhérer à la Cedeao. Cela va dans le sens de l’approfondissement et du raffermissement du lien institutionnel entre le Maroc et le reste de l’Afrique. Une dynamique qui, nous le constatons à d’autres niveaux, a été impulsée par le Souverain avec ses multiples visites sur le continent, couronnées de près d’un millier d’accords de coopération. L’Afrique a toujours fait partie des priorités du Maroc, et les chiffres sont là pour en attester: 85 % des investissements directs étrangers marocains sont destinés au continent.
 
- Des pays d’Afrique affichent une croissance élevée mais une grande partie des populations vit dans une totale précarité. Que propose la BAD pour accompagner l'économie africaine afin qu’elle contribue effectivement au développement du continent?
- Pour faire en sorte que cette croissance soit réellement partagée, la BAD propose une nouvelle vision pour l’Afrique articulée autour de cinq grandes priorités. Il s’agit d’éclairer l’Afrique en lui fournissant de l'électricité. Nourrir le continent tout en assurant son intégration. Et également l’industrialisation des pays africains avec l’amélioration de la qualité de vie de leur population. Cette stratégie d’intervention à l’échelle du continent se conjugue parfaitement avec les Objectifs de développement durable pour 2030 ainsi qu’avec l’agenda de l’Union africaine pour 2063, dont la finalité est notamment d’éradiquer l'extrême pauvreté sur la planète.

- Les changements climatiques sont aussi un grand défi. Comment soutenir les pays africains?
- L’Afrique vit de plein fouet les dégâts du changement climatique, alors que c'est le continent le moins pollueur. C’est déjà une injustice en soi, à laquelle s’en ajoute une autre: le manque de financements nécessaires pour lutter contre les effets du changement climatique.
Pour aider le continent à lutter contre cette double injustice, la BAD va tripler ses financements pour les porter à quelque 5 milliards de dollars par an d’ici à 2020, et investir 12 milliards de dollars dans les énergies renouvelables.

Des résultats encourageants

Selon Mohamed El Azizi, la stratégie de la BAD au niveau de l’Afrique commence à donner ses fruits. A ce titre, il précise qu’en 2016, plus de 3 millions d’africains ont bénéficié de nouveaux raccordements à l’électricité et 3,7 millions de personnes ont bénéficié d’une amélioration de leur accès à l’eau et à l’assainissement. Des évolutions ont également été enregistrées dans le secteur agricole au profit de 5,7 millions de personnes. Le même constat est valable pour l’accès aux services de santé (9,3 millions) et ceux du transport (7 millions).

Propos recueillis par Noureddine EL AISSI

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