Economie

BAM prévoit une accélération de la croissance

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5114 Le 27/09/2017 | Partager
Un taux de 4,3% attendu en 2017
Amélioration de la situation du déficit budgétaire et commercial
Les investissements sont en baisse
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Après le net ralentissement de 2016, la croissance devrait rebondir à 4,3% en 2017.  En 2018, sous l’hypothèse d’un retour à une campagne agricole moyenne, la croissance nationale devrait ralentir à 3,1% suite à une baisse de 1% de la valeur ajoutée agricole, la croissance non agricole devant continuer à se redresser

La croissance est bel et bien de retour. Après un taux de 1,2% en 2016,  la croissance globale devrait s’accélérer à 4,3% en 2017, Bank Al-Maghrib qui maintient son taux directeur à 2,25%. Un niveau proche des prévisions du ministère des Finances: 4,6% suite à l'annonce d'une récolte de 96 millions de quintaux contre 102 millions auparavant.

Cette accélération de la croissance tient à la bonne campagne agricole.  La valeur ajoutée agricole devrait croître de 14,7% contre une baisse de 12,8% en 2016. Les activités non agricoles sont également sur un trend haussier: leur valeur ajoutée passerait de 2,2% en 2016 à 2,9% en 2017 et 3,5% en 2018.

L'effet des stratégies et du retour de la croissance au niveau international auront un impact sur ces activités. En revanche, la valeur ajoutée agricole pourrait subir le contrecoup d'une campagne agricole moyenne et se replier de 1% l'année prochaine. En tout cas, la Banque centrale est moins optimiste pour 2018  puisqu'elle anticipe un taux de croissance de 3,1% cette année.
Au niveau des finances publiques, une amélioration de la situation du déficit budgétaire est attendue: 3,5% du PIB en 2017 et 3,2% en 2018.

A fin août, ce déficit s'est allégé de 4,7 milliards de DH. Un résultat qui tient à la hausse des recettes ordinaires de 5,7% en raison de la bonne tenue des recettes fiscales et à l’augmentation moins forte des dépenses. Celles-ci ont pris 1,6% et sont marquées par l'accroissement de la charge de compensation et par la baisse des intérêts de la dette et de l'investissement. Ces huit premiers mois ont été également marqués par un ralentissement des remboursements TVA. Ce qui fait dire à plusieurs observateurs que «sans cette baisse de l'investissement et du rythme des remboursements TVA, le déficit aurait été plus important»!

Le patronat évalue les crédits TVA à 30 milliards de DH répartis entre le secteur public et privé. Deux types d'arriérés  sont relevés:  ceux de nature fiscale, principalement les crédits de TVA et les restitutions d’IS,  ainsi  que les dettes commerciales de l'Etat en général. «Des établissements publics sont incapables de payer leurs fournisseurs puisque leur trésorerie est plombée par les crédits TVA. Or, il existe une corrélation entre les difficultés à payer les dettes commerciales et les arriérés de TVA», déclare Abdelkader Boukhriss, président de la Commission fiscalité et réglementation des changes à la CGEM dans une interview accordée à L'Economiste (cf L'Economiste n°5112 du lundi 25 septembre 2017) .

L'année devrait également se terminer sur un  déficit du compte courant de 3,9% contre 4,4% en 2016. La Banque centrale prévoit aussi un déficit commercial de 4% en 2018. Ces anticipations tiennent compte d'une entrée de dons du CCG de 8 milliards de DH en 2017 et en 2018.

Sur les huit premiers mois de l’année, le déficit commercial s’est creusé de 4% en raison de la facture énergétique (+30,2%).  Celle-ci a été atténuée par les achats de biens d’équipement  qui ont accusé un léger recul ramenant ainsi la progression des importations à 5,5% alors que le rythme des exportations s’est accéléré à 6,7%. Et ce, sous l'effet d'un raffermissement des ventes des produits agricoles et agro-alimentaires, ainsi que par la reprise des expéditions de phosphates et dérivés.

Les recettes de voyages se sont également renforcées (+4,9%) alors que les  transferts des MRE ont pris 2,7%. La Banque centrale estime aussi que sur la base d’une entrée d’IDE d’un montant équivalent à 3,2% du PIB en 2017 et 3,6% en 2018, les réserves de change devraient s’établir à un montant équivalent à 5 mois et 22 jours d’importations de biens et services à fin 2017 et à 5 mois et 25 jours au terme de 2018.

L'inflation ralentit

L'inflation a reculé de façon sensible, selon Abdellatif Jouahri, gouverneur de la Banque centrale. Elle est passée de 1,9% au cours des deux premiers mois de 2017 à 0,2% en moyenne sur les six mois suivants sous l’effet du repli des prix des produits à prix volatils. L'année 2017 devrait se terminer sur une inflation de 0,6% avant de s'accélérer  à 1,3% en 2018. En revanche, l'inflation sous-jacente, qui retrace la tendance fondamentale des prix, devrait s’inscrire dans une tendance haussière passant de 0,8% en 2016 à 1,4% en 2017 et à 1,6% en 2018.

 

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