Société

Lutte anti-corruption: Premiers cafouillages

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5112 Le 25/09/2017 | Partager
Le gouvernement a revu le décret créant la Commission nationale
Une refonte pour élargir sa composition aux ONG et au secteur privé
De nouvelles attributions prévues par ce texte
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Après la polémique suscitée par le décret instaurant la Commission nationale de lutte anti-corruption, le gouvernement vient d’adopter un nouveau texte permettant l’entrée de la société civile et du secteur privé, en tant que membres permanents. Une implication décisive pour avancer dans ce dossier, surtout que la stratégie nationale a été critiquée par plusieurs ONG, considérée comme «une liste de slogans et de déclarations d’intention» (Ph. Jarfi)

Premiers cafouillages dans la mise en œuvre de la stratégie nationale de lutte contre la corruption. Après l’adoption en juin dernier du décret instaurant une commission nationale pour piloter ce dossier, le gouvernement a dû revoir sa copie. La première mouture avait limité la composition de cette commission aux ministères. Ce qui avait suscité l’ire des autres intervenants.

Surtout que la lutte anti-corruption est «une responsabilité collective, qui nécessite l’implication de toutes les parties prenantes», comme l’a souligné Mustapha El Khalfi, ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement. Actuellement, un nouveau décret, abrogeant celui du 28 juin, a été adopté lors du Conseil de gouvernement, tenu jeudi dernier à Rabat. Ce texte a élargi la composition de cette commission.

«Il ne s’agit plus d’un comité interministériel, mais d’une commission englobant d’autres acteurs, dont les associations et les représentants du secteur privé», a expliqué un responsable au ministère délégué en charge de la Réforme de l’administration et de la Fonction publique.

«Ces acteurs seront membres permanents à l’instar des représentants des ministères», a précisé El Khalfi. Pour lui, cette nouvelle version «fait l’objet d’un consensus, permettant ainsi de clore le débat autour de ce sujet». Lors de l’adoption du 1er décret, en juin dernier, plusieurs observateurs avaient affiché leur crainte de voir cette commission se transformer en coquille vide.

Parallèlement à l’ouverture de la composition de cette commission, ses attributions ont été également élargies, comme l’a rappelé le porte-parole du gouvernement. Sa mission principale sera de faire le suivi de la mise en œuvre de la stratégie de lutte contre la corruption. Elle devra également s’impliquer dans la coopération internationale dans ce domaine, en plus de l’approbation du rapport d’évaluation de la mise en œuvre des différents programmes de lutte anti-corruption.

Cette commission sera présidée par Saâdeddine El Othmani. En plus des nouvelles attributions introduites dans le décret adopté lors du dernier Conseil de gouvernement, elle sera chargée de «présenter à l’exécutif des propositions susceptibles de renforcer la transparence et la lutte anti-corruption». Cette commission sera aussi habilitée à «examiner les programmes et initiatives visant la lutte contre la corruption». Des commissions thématiques devront être mises en place en vue de l’exécution de projets spécifiques prévus par la stratégie nationale.

 

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