Culture

L’Boulevard 2017, plus présent que jamais

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5112 Le 25/09/2017 | Partager
Le festival revient après une édition nulle en 2016
Des concerts, résidences, compétitions, Networking et espace associatif
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Tête d’affiche de l’édition 2017, l’Anglo-Nigérian Keziah Jones s’est prêté au jeu en invitant deux artistes marocains à partager sa performance: le virtuose du ribab Foulane  et le rappeur Mobydick (Ph. Chadi Illias/L’boulevard)

3 jours de concerts pour clôturer la 17e édition du festival L’Boulevard. C’était du 22 au 14 septembre au stade du RUC à Casablanca. Le festival des musiques alternatives s’est fait comme d’habitude en deux temps. D’abord le tremplin, du 15 au 17 septembre, véritable pépinière à talent, 19 groupes hip hop, rock/metal et fusion se sont produits sur la scène du complexe Al Amal.

Sur le lot, deux groupes par catégorie ont été récompensés par un jury avec à la clé un chèque de 10.000 DH pour les premiers et 5.000 DH les seconds, mais surtout l’occasion pour les groupes primés de bénéficier d’un accompagnement et d’une formation, menée par des professionnels, pour l’enregistrement de deux morceaux. Les gagnants ont également eu l’occasion  d’assurer les premières parties  des groupes confirmés lors des concerts. Au programme également des cultures urbaines: présentation du travail des associations, street-art, performances, jam-sessions et scènes ouvertes.

Entre les deux scènes, des ateliers de formation ont été organisés au Boultek, le centre des musiques actuelles, ainsi que des résidences de création musicale qui sont devenues une véritable tradition du festival. L’évènement propose en effet, depuis plusieurs années, des  rencontres entre musiciens de différents horizons permettant à des artistes marocains et internationaux de s’ouvrir sur de nouvelles expériences. C’était le cas cette année de la résidence Jokko Fam, qui réunit L’Boulevard avec le festival Assalamalekoum de Nouakchott, au Festa 2H de Dakar auquel s’est rajouté cette année le festival de Segou au Niger.

Chaque année depuis 2012, Jokko rassemble des musiciens du Maroc et d’Afrique de l’Ouest pour des créations qui font le tour des festivals mentionnés. Sur la scène du RUC, se sont enchaînés les grands concerts avec en tête d’affiche les rappeurs newyorkais MOP, les marseillais Dagoba pour la scène rock metal et une clôture en apothéose dimanche avec une série de concerts en fusion et rock avec Yahya Zitan, Oum et le père du blufunk, l’Anglo-Nigérian Keziah Jones. En parallèle aux grands concerts, un espace a été dédié  cette année aux programmateurs, directeurs de festivals et autres professionnels de la musique, un marché culturel où les professionnels ont pu découvrir les artistes marocains et initier des rencontres en vue de les reprogrammer dans des festivals internationaux.

Après une édition 2016 annulée pour faute de financement, l’édition 2017 aura été un retour en éclat, proposant un espace de liberté et de créativité, mais surtout un démenti formel à une tendance actuelle qui tient à dénigrer une jeunesse populaire dont l’image, largement écornée par les médias, est enfermée dans des clichés liés à la violence, au hooliganisme, ou au harcèlement sexuel. Un festival pour nous rappeler que l’immense majorité de nos jeunes est positive, volontaire, ambitieuse et surtout débordante de talent.

 

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