Politique

PJD: Dernière ligne droite avant le congrès

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5111 Le 21/09/2017 | Partager
Les membres du parti divisés sur la succession de Benkirane
La fracture entre les deux courants risque de se creuser
Les résultats du congrès devront impacter les liens avec les autres composantes de la majorité

La première étape pour l’organisation du 8e congrès du PJD les 9 et 10 décembre prochain a démarré mercredi à Fès. Selon le calendrier des différentes assemblées générales à travers le pays, cette opération de choix des congressistes sera bouclée le 15 octobre. Les yeux de toute la classe politique sont rivés sur ce congrès pour son enjeu principal qu’est la succession de Abdelilah Benkirane à la tête du secrétariat général du parti.

Pour mieux comprendre les challenges de cette phase, il faut remonter à la veille des élections législatives du 7 octobre où le PJD devait organiser son congrès. Le risque encouru à l’époque est que si le PJD devait arriver en tête des élections,  SM le Roi  désignera le nouveau secrétaire général. Dans ce cas précis, Benkirane se retrouverait en dehors de l’équation. Les responsables du parti ont alors trouvé une solution provisoire: reporter le congrès pour l’après-élections et prolonger le mandat de Benkirane pour une année et demie.

Par la suite, tout était bien réglé dans les schémas des responsables du PJD, sauf le grain de sable qu’ils n’ont pas prévu: le changement de chef de gouvernement puisque Benkirane n’est pas arrivé à former une majorité après 6 mois de tractations. En plus, son successeur a formé son gouvernement en acceptant les conditions refusées par Benkirane, principalement concernant l’intégration de l’USFP dans la coalition. De cette situation sont nées des tensions internes qui divisent aujourd’hui le PJD en deux courants. Le premier, celui du SG sortant et appuyé notamment par Amina Maâlainine, Abdelali Hamidine et une partie du groupe parlementaire.

Pour eux, «le gouvernement ne respecte pas les résultats des élections et ne renforce pas les règles de la démocratie». En outre, ils craignent qu’à l’approche du congrès, le PJD ne perde en popularité. Alors pour conserver son aura, ils veulent garder Benkirane comme secrétaire général, affirme l’un d’entre eux.

Le second courant est piloté par Saâdeddine El Othmani. Il est entouré des ministres du parti (dont notamment Mustapha Ramid, Aziz Rabbah, Mohamed Yatim). Sans le dire ouvertement, ils sont défavorables à l’amendement des statuts du parti. Pour eux, le gouvernement a accepté les conditions et les institutions du parti notamment dans le choix des ministres. L’un d’entre eux est allé jusqu’à affirmer qu’au «PJD, nous n’adorons pas les idoles (statues)». Une formule lancée pour rompre avec «le culte de la personnification du parti au SG qui a déjà rempli deux mandats et une prolongation d’un an et demi. Le PJD est riche en compétences pour succéder à l’actuel secrétaire général».

Dans cette compétition, Mustapha Ramid semble serein. S’il se présente à la succession de Benkirane, il a des chances de l’emporter. A son actif, «la légitimité historique» et le soutien de la base du parti. «Si les congressistes doivent départager Rabbah et Ramid, le choix est vite fait», souligne un membre du secrétariat général.

A l’approche du congrès, les divergences vont se creuser davantage. Au début de ce mandat, particulièrement au moment du vote de la déclaration gouvernementale, Driss El Azami, chef du groupe parlementaire, s’était démarqué de l’exécutif. Pour lui, il n’y a pas de carte blanche ou de soutien inconditionnel à la nouvelle équipe aux commandes. Avec l’ancien gouvernement, le soutien du groupe parlementaire était total. Certains vont jusqu’à avancer qu’en cas de non-amendement des statuts du parti pour lui permettre de rempiler, il pousserait le chef du groupe parlementaire, maire de Fès et ancien ministre délégué chargé du Budget, à briguer le mandat de secrétaire général. Cette hypothèse semble peu probable.

Mais, une chose est sûre, les résultats du congrès auront des répercussions sur la cohésion du gouvernement et sur le lien avec les alliés de la majorité. Il reste que dans cette bataille, le courant El Othmani est dominant. Car, une question centrale se pose déjà: que veulent les amis de Benkirane? Sortir du gouvernement? Chercheront-ils la confrontation avec le palais royal?  La plupart des responsables du parti excluent cette hypothèse. Aujourd’hui, le PJD dispose de 11 portefeuilles ministériels, en plus des établissements publics. Il est également à la tête des mairies des grandes villes.

En outre, beaucoup ont tendance à oublier que Saâdeddine El Othmani est un ancien secrétaire général du PJD et actuel président de son Conseil national, le parlement du parti. Pour l’heure, en tant que chef du gouvernement, il avance avec prudence, tout en débroussaillant les chemins. Par ailleurs, il n’est pas exclu que le congrès du PJD soit le révélateur d’un nouvel El Othmani, plus affirmé et plus entreprenant?

Au pilori

Après un intermède de quelques mois, le secrétaire général du PJD a repris les hostilités. Ainsi, il a renoué avec un exercice où il excellait: terroriser les partenaires dont la dernière cible a été Aziz Akhannouch, président du RNI. Dans cette même lancée, il a cloué au pilori Nizar Baraka, le président du Conseil économique, social et environnemental et candidat pour la succession de Hamid Chabat à la tête de l’Istiqlal. Dans une sortie publique, Baraka avait accusé le PJD d’avoir profité de sa position au gouvernement pour envahir l’administration et s’implanter dans le monde rural.

 

 

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