Competences & rh

L’EMI veut «se mesurer aux grands»

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5109 Le 19/09/2017 | Partager
L’école historique d’ingénieurs multiplie les partenariats à l’international
Plus de mobilité des étudiants et de doubles diplomations
Recherche: Conventions avec des entreprises pour financer des doctorats

La plus ancienne et la plus grande école d’ingénieurs au Maroc (près de 500 lauréats par an) ne veut plus se confiner à son environnement local. L’Ecole Mohammadia d’ingénieurs (EMI) souhaite nouer plus de partenariats avec de grandes écoles et universités à l’international. «Nous avons démarré cette expérience en 2014-2015. Cette année, nous visons à aller encore plus loin, afin de pouvoir nous mesurer aux grands», confie son directeur, Mly Larbi Abidi.

L’école dispose actuellement de plusieurs partenariats (Centrale-Supélec, Ecole des ponts, université de Sherbrooke, Polytechnique Montréal…), avec la possibilité de doubles diplomations. D’autres sont en négociation. Plus d’une quarantaine d’élèves ingénieurs devraient passer un semestre à l’étranger en 2017-2018.

La recherche, c’est l’autre chantier phare de l’école pour cette année. Toutefois elle fait face à une grande difficulté, celle de pousser les lauréats, préférant généralement le salariat, à opter pour la recherche. En inscrivant plus de doctorants, l’EMI vise à améliorer son score en productions scientifiques, et par la même occasion, sa visibilité à l’international. Grâce à la dynamique enclenchée ces dernières années, elle produit jusqu’à 200 publications indexées par an. 

L’établissement entend, également, former des profils d’enseignants ingénieurs-docteurs (une denrée rare), à même d’alimenter les autres écoles d’ingénieurs publiques. «Il ne faut pas oublier aussi qu’aujourd’hui les ingénieurs ont appelé à faire de la recherche appliquée même en entreprise, afin d’améliorer en permanence les process», ajoute Abidi.

Pour allécher plus d’étudiants, l’école tente de faire financer des thèses de doctorat par des entreprises. Deux ont déjà accepté de le faire. Elle essaie, par ailleurs, d’allouer les rares postes budgétaires reçus à des ingénieurs qui s’inscrivent ensuite en doctorat. Ou encore, de prévoir des bourses, allant à 7.000 DH, dans le cadre de projets de recherche avec des industriels. «Cela dit, nous faisons face à beaucoup de rigidité dans la gestion administrative et financière, ce qui bloque nos projets. La réglementation des établissements universitaires doit absolument changer», insiste Abidi.

En parallèle, l’EMI travaille sur d’autres projets, dont notamment la création d’un observatoire permettant d’assurer le suivi des étudiants.

Les vertus du régime paramilitaire

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A l’EMI, la rentrée des classes s’opère plus tôt que dans les autres établissements universitaires. Dès le 4 septembre, les élèves ingénieurs ont regagné la caserne d’El Hajeb, afin d’effectuer une formation paramilitaire de trois semaines. Une fois terminée, ils continueront à être encadrés au sein de l’école par un détachement de plus de 80 officiers et sous-officiers, qui surveillent leur comportement, leurs absences, leur uniforme…une séance hebdomadaire d’activités physiques est également prévue. En milieu d’année aussi, une deuxième session paramilitaire est au menu. A la fin de leur formation, les lauréats prêtent serment devant le Roi et deviennent officiers de réserve. Grâce à ce régime, ils apprennent la rigueur, la discipline, le respect des engagements, la responsabilité… autant de qualités indispensables sur le marché de l’emploi.

 

 

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