International

Transition démocratique: Les Tunisiens s’inquiètent

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5109 Le 19/09/2017 | Partager
Des manifestations contre une loi d’amnistie
Elle vise les fonctionnaires impliqués dans la corruption sous l’ancien régime

La colère est vive en Tunisie. Plusieurs personnes ont manifesté contre une loi controversée d’amnistie de fonctionnaires impliqués dans la corruption sous l’ancien régime. Cette loi a été adoptée la semaine dernière malgré son rejet par la société civile et l’opposition. Défendue par le président Béji Caïd Essebsi, cette loi dite de «réconciliation» a été approuvée au Parlement par 117 élus notamment du parti Nidaa Tounès et des islamistes d’Ennahdha, à l’issue d’une journée de débats houleux.

Au départ, le projet de loi prévoyait l’amnistie de certaines personnes (hommes d’affaires, anciens du régime déchu de Zine El Abidine Ben Ali) poursuivies pour corruption. Et ce, en échange du remboursement à l’Etat des sommes indûment gagnées et d’une pénalité financière. Face au tollé, le texte a été revu pour ne concerner que les fonctionnaires accusés d’être impliqués dans des faits de corruption administrative et n’ayant pas touché de pots-de-vin.

Pour défendre la loi, la présidence a invoqué l’économie, disant vouloir «libérer les énergies de l’administration». Un argument rejeté par l’opposition et la société civile, pour qui la législation encourage au contraire l’impunité alors que la corruption est endémique. Elle pourrait même, selon elles, signer le début d’un retour à des pratiques autoritaires.

L’approbation de la législation au Parlement intervient dans la foulée d’un vaste remaniement, lors duquel d’anciens ministres ont rejoint le gouvernement à des postes importants. Ce remaniement a été perçu comme un renforcement de la mainmise du président tunisien sur le gouvernement à l’approche d’échéances électorales (municipales en décembre, législatives et présidentielle en 2019). Aux dernières nouvelles, le chef du parti islamiste Ennahdha, Rached Ghannouchi, a affirmé que les premières élections municipales de l’après-révolution, prévues le 17 décembre, allaient être reportées, probablement en mars 2018.

Les Tunisiennes peuvent épouser des non-musulmans

tunisie_manifs_009.jpg

Les Tunisiennes de confession musulmane pourront désormais se marier dans leur pays avec des non-musulmans. Les circulaires ministérielles empêchant ces unions ayant été abolies. Le 13 août, le président Béji Caïd Essebsi avait annoncé avoir demandé au gouvernement de retirer une circulaire datant de 1973 et empêchant ce mariage. Il avait aussi lancé le débat sur le sujet délicat de l’égalité entre femmes et hommes en matière d’héritage, jugeant que la Tunisie se dirigeait vers l’égalité dans tous les domaines (cf. notre édition N° 5087 du 16/08/2017).

 

Retrouvez dans la même rubrique

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc